Médias: Abo Paul Moussitou : Il était un grand nom de la chronique musicale au CongoSamedi 11 Février 2012 - 17:10
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Féru du micro et de la plume, Abo Paul Moussitou, décédé le 31 décembre 2011, dans un hôpital de Casablanca, au Maroc, a été inhumé, le 10 janvier 2012, au cimetière du Centre-ville de Brazzaville. La nouvelle de son décès a mis en émoi de nombreux mélomanes congolais et africains qui, pendant des années, étaient accrochés à sa belle voix sur les antennes de Radio Congo et de Radio Bénie, à Ouesso (Département de la Sangha).
Né à Pointe-Noire, le 17 décembre 1955, Abo Paul Moussitou a contracté le virus de la musique dès son jeune âge. Sa grande sœur, Antoinette Tchibouanga, l’intéressa à danser la rumba et l’obligea à supporter l’Ok Jazz de Luambo Makiadi. Ces recherches personnelles lui permirent de découvrir les sonorités musicales de l’orchestre Bantous de la capitale de Jean Serge Essous, Nino Malapet, etc. Très jeune et avec le concours de son beau-frère, il se laissa emporter par l’école musicale de l’African Jazz et de sa lignée: Africa Fiesta, Africa Fiesta national, l’Africa Fiesta Sukisa, l’Afriza international, l’Afrizam, etc. Abo Paul Moussitou s’arrachait les revues musicales (Likembé, Nzembo ya bana mboka…) des deux Congo, comme des petits pains et écoutait les émissions de la Voix du Zaïre et de la Voix de la révolution congolaise comme «Le Coco», «Escale à Brazza». Ce qui lui permettait de suivre, à la lettre, l’actualité musicale des deux Congo. Adolescent, il commence à s’acheter les disques 45 tours, malgré le manque de tourne disque. Et, de temps à autres, pour enrichir sa collection, il ne manquait pas de piquer les disques 45 tours des parents, amis et connaissances qu’il conserva jusqu’à sa mort. Pendant les vacances, Abo Paul Moussitou, s’occupait de la discothèque, dans le bar de son père, Abdoulaye Moussitou, à Mindouli (département du Pool). Lorsqu’un orchestre de Kinshasa se produisait à Pointe-Noire, il était toujours présent et faisait le «nguembo», par manque de moyens pour s’acheter le billet. En 1979, Abo Paul devient agent de l’U.c.b (Union congolaise de banques). Il se découvre une nouvelle passion: la lecture et s’acheta de nombreux ouvrages. Il se cultivait dans plusieurs domaines, notamment sur l’histoire moderne, l’égyptologie, l’ésotérisme et les différentes écoles de la pensée cachée. Tout en gardant son statut d’agent de banque, il excelle dans des animations, en apportant une touche nouvelle à ses auditeurs. Abo Paul s’est intéressé à la radio, en écoutant les grands noms de la radio, comme Safou Safouesse, Claude Bivoua, Joseph Gabio, Djo Pambou et Cédar Loembé, qui excellaient dans l’animation culturelle. Mais son émission préférée, depuis son jeune âge, fut «Escale à Brazza». En 1980, il eut l’occasion, grâce à Franck François Yengo et Jean Sylvestre Souka, de participer à l’animation de cette émission. Comme un bon élève, il s’investit et surprit les professionnels de la radio. Il se donna, corps et âme, et mit la main, quelquefois, dans son porte-monnaie, pour acheter des bandes et autres accessoires, quand il en manquait. En 2001, il crée l’émission «Nostalgies», sur Radio-Congo, qui connaît un grand succès sur les deux rives du fleuve Congo. Grâce à son talent, il recevra, en 2010, l’Oscar de la presse congolaise: le prix de meilleure émission grand public. Peu après, il sera affecté comme directeur départemental de la L.c.b (La congolaise de banque), à Ouesso, où malgré sa fonction de banquier, il se verra confier la mission de relancer la Radio Bénie, qui connaissait des problèmes. Il accomplira cette tâche avec passion, ce qui lui vaut l’admiration des auditeurs de cette localité. La disparition d’Abo Paul Moussitou est une grande perte pour le monde culturel et pour les medias. Toutefois, il laisse pour la postérité, une discothèque riche et meilleure que celle des radiodiffusions nationales. Le comble est que ses nombreux projets ne verront, peut-être, plus le jour. Il envisageait de publier des coffrets de ses entretiens avec le gotha de la musique congolaise. Nous espérons que ses héritiers sauront mettre en valeur ce patrimoine, pour le bien de l’histoire. Alain Patrick MASSAMBA La Semaine Africaine
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