Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Mohamed Ali s'est éteint, sa légende brille


Par AFP | Dimanche 5 Juin 2016 | Lu 789 fois | 0 Commentaire

De ses amis d'enfance dans une ville américaine longtemps divisée par la ségrégation au président des Etats-Unis, le monde entier pleurait samedi Mohamed Ali, saluant la mémoire d'un boxeur légendaire aux convictions en acier, qui a marqué l'histoire.



Mohamed Ali s'est éteint, sa légende brille
Personnalité marquante du XXe siècle, sur et hors des rings, il s'est éteint vendredi à 74 ans dans un hôpital de Phoenix, dans l'Arizona.

"Mohamed Ali était +The Greatest+. Point final.", a réagi Barack Obama dans un hommage appuyé.

Dès le lever du jour, les habitants de sa ville natale, Louisville, sont venus samedi déposer des fleurs devant la petite maison de son enfance.

Non loin de là, le maire de la ville, Greg Fischer, a présidé une cérémonie d'hommage à 10H00 (14H00 GMT), saluant un "homme d'action et de principes" qui a grandi dans cette ville du Kentucky, marquée pendant sa jeunesse par la ségrégation qui séparait encore aux Etats-Unis les Noirs des Blancs.

En silence, une garde d'honneur a ensuite mis les drapeaux en berne.

"Après un combat de 32 ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l'âge de 74 ans. Le triple champion du monde des lourds est mort dans la soirée", avait annoncé le porte-parole de sa famille, Bob Gunnell, vendredi soir.

Une conférence de presse est prévue samedi à 12h00 locales (19h00 GMT) à Phoenix pour détailler le déroulement des obsèques à Louisville, dont la date n'a pas encore été donnée.

Mohamed Ali était hospitalisé depuis jeudi pour soigner un problème respiratoire dans une clinique de Phoenix, où il s'était établi avec sa quatrième épouse Lonnie.

Il souffrait depuis les années 1980 de la maladie de Parkinson et avait déjà été hospitalisé à deux reprises fin 2014 et début 2015 pour une pneumonie et une infection urinaire.

L'annonce de son décès a aussitôt déclenché une vague d'émotion, le monde de la boxe saluant à l'unanimité sa mémoire.

"Dieu est venu chercher son champion", a déploré Mike Tyson, l'un de ses successeurs sur les rings.

"Nous avons perdu un géant", a de son côté déclaré le Philippin Manny Pacquiao, multiple champion du monde, tout juste retraité des rings.

L'histoire veut que Cassius Clay, petit-fils d'esclave, se soit mis à la boxe, enfant, pour se venger d'un gamin qui lui avait volé son vélo.

Et très vite, à la force impressionnante de ses poings, il collectionne les victoires et les titres, celui de champion olympique à Rome en 1960, puis de champion du monde WBA en 1964 en battant Sonny Liston par KO au 7e round.

Le lendemain, il décide de changer de nom et se fait appeler Cassius X en l'honneur du leader des "Black Muslims", Malcolm X. Un mois plus tard, il se convertit à l'islam et prend le nom de Mohamed Ali.

Grâce à son style unique, les bras souvent ballants le long du corps, il conservera son titre mondial jusqu'en 1967, date à laquelle il refuse d'aller faire la guerre au Vietnam.

"Je n'ai pas de problème avec les Vietcongs", avait-il proclamé le 17 février 1966.

Il échappe à la prison mais est interdit de ring, vilipendé par une majorité de l'opinion publique américaine mais tenu par d'autres comme un pilier de la contre-culture et un champion de la cause des noirs qui se battent alors pour l'égalité des droits.

"Je mesure peut-être 2,18 m, mais je ne me suis jamais senti aussi grand que lorsque j'étais dans son ombre", a déclaré la légende du basket Kareem Abdul-Jabbar, rappelant que "Mohamed avait volontairement sacrifié les meilleures années de sa carrière et s'était battu pour ce qu'il croyait juste".

Déchu de ses titres, interdit de boxer pendant trois ans et demi, il redevient champion du monde en 1974, réunifiant les titres WBA et WBC lors de sa victoire par KO (8e round) sur George Foreman lors du mythique "Rumble in the jungle (combat dans la jungle, ndlr)" à Kinshasa, au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo).

"Une partie de moi s'en est allée, la plus grande partie", a commenté Foreman.

Ce combat, aussi médiatique que spectaculaire dans son organisation et son déroulement, marque le sommet de sa carrière. C'est lors de la préparation de ce duel qu'il avait lâché l'une de ses plus mémorables tirades: "Je vole comme le papillon, pique comme l'abeille, ses poings (de Foreman) ne peuvent pas toucher ce que ses yeux ne voient pas."

Il a ensuite perdu son titre aux points face à Leon Spinks le 15 février 1978 et l'a récupéré en prenant sa revanche le 15 septembre de la même année.

Retraité en 1979, il est contraint de remettre les gants deux ans plus tard, à 39 ans, faute d'avoir su gérer sa fortune.

C'est le combat de trop. En octobre 1981, il est tristement humilié par son compatriote Larry Holmes, trop fort pour lui (abandon, 11e reprise).

"Ce fut l'un des combats les plus durs que j'ai eu à faire, me battre contre un gars que j'ai aimé", a témoigné Larry Holmes samedi.

Ali n'est alors plus "le plus grand" mais il s'entête. En décembre de la même année, une défaite face à Trevor Berbick sera son dernier combat.

Après 56 victoires en 61 combats, dont 22 en championnats du monde et 37 avant la limite, Ali raccroche définitivement les gants.

En 1996, il apparaît, malade et affaibli par la maladie de Parkinson, lors de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'Atlanta où, tremblant, il avait difficilement embrasé la vasque olympique.

En 2005, il avait reçu la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute décoration civile aux Etats-Unis.

L'ex-président américain Bill Clinton s'est dit honoré d'avoir été son ami.

Barack Obama a lui salué dans un message émouvant son rôle dans la lutte pour les droits civiques: "Il a été aux côtés de (Martin Luther) King et (Nelson) Mandela, il s'est élevé quand c'était difficile, il a parlé quand d'autres ne le faisaient pas."

Soulignant qu'il conservait une paire de ses gants de boxe et une photo de lui dans son bureau personnel, juste à côté du Bureau ovale, la président américain a salué sa trajectoire hors-norme.

Ses apparitions en public étaient de plus en plus rares, la dernière remontait à avril dernier à Phoenix, lors d'un dîner de charité pour lever des fonds pour la recherche contre la maladie de Parkinson.

"Il (Dieu) m'a donné la maladie de Parkinson pour me montrer que je n'étais qu'un homme comme les autres, que j'avais des faiblesses, comme tout le monde. C'est tout ce que je suis: un homme", avait déclaré le boxeur en 1987.

"Mohamed Ali ne mourra jamais", a assuré Don King, le promoteur du "Rumble in the jungle". "Il est comme Martin Luther King. Son esprit vivra à jamais".
Lu 789 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes