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Mouanga Nkodia: Le sculpteur qui marque la ville de Brazzaville par ses œuvres!


Par Journaldebrazza | Mardi 31 Juillet 2012 | Lu 918 fois | 0 Commentaire



© Arsène Severin/journaldebrazza.com Mouanga Nkodia devant une de ses oeuvres
© Arsène Severin/journaldebrazza.com Mouanga Nkodia devant une de ses oeuvres
Fresques, statues et autres icônes signées de ses mains expertes, pavoisent la capitale congolaise

Sous le poids de ses 62 ans d’âge, Bernard Mouanga Nkodia est l’une des bibliothèques des œuvres de la sculpture au Congo. C’est à l’âge de 16 ans qu’il commence à tailler dans le bois. A l’époque, il vient de rater son concours d’entrée en classe de sixième et cet échec fait voler en éclat tout son rêve de devenir cadre. Heureusement son oncle maternel perçoit en lui un certain génie dans le dessin et le confie à un ancien du village qui fabrique des statuettes en bois. Une fois véritablement immergé dans sa nouvelle formation, le jeune Mouanga Nkodia découvre de nombreuses insuffisances dans le travail de son maître. En 1958, il va à Kinshasa (appelé à l'époque Léopoldville) où il est reçu par un prêtre, le directeur de l’école Saint Luc, qui deviendra plus tard Ecole de beaux arts de Kinshasa, puis Académie de beaux arts. Alors qu’il n’avait pas encore fini sa formation, un mouvement de retour des Brazzavillois au bercail est lancé à Kinshasa en 1964. Dépouillé de tout, l’homme est reçu avec d’autres artistes ou ouvriers par le gouvernement du président Alphonse Massamba-Débat qui se propose de les réinsérer en finançant les activités qu’ils menaient à Kinshasa. Un grand test est organisé près de la boulangerie ex-Léon, et il est distingué dans sa catégorie comme meilleur artiste. C’était à l’occasion de la Première semaine culturelle organisée de Brazzaville en 1965.
Un ressortissant européen s’intéresse à lui, lui proposant un contrat de formation des élèves menuisiers à Mossendjo. En 1976, l’ambassade de France qui apprécie son travail, lui accorde une bourse de formation à l’Ecole d’arts et d’architecture de Marseille pour une année. Mais il va y rester jusqu’en 1980, car après sa formation qu’il termine avec brio en 1977, il est accroché par Jean Marrais (acteur dans le Fantômas avec Louis de Funès) avec qui ils feront de grandes œuvres. Mouanga-Nkodia a été le meilleur de sa promotion, le seul Noir a avoir décroché un tel diplôme et dont le nom congolais est l’unique à figurer à ce jour sur le tableau d’honneur de cette école d’arts et d’architecture de Marseille.

De retour au pays, il conduit l’équipe des artistes qui vont décorer en 1982, le palais des congrès de Brazzaville, nouvellement construit par les Chinois. Dans la cour du palais, l’artiste est l’auteur de la dame sur la statue qui souffle sur la corne. En face du ministère des Finances, alors le siège de l’ex-BCC (Banque commerciale congolaise), il a confectionné en 1984 le monument qui fait la beauté de cet édifice jusqu’à ce jour. En 1989, Mouanga-Nkodia est sollicité par les autorités nationales pour construire le monument en hommage aux victimes de la catastrophe aérienne du DC10 d’UTA, juste derrière la maison d’arrêt de Brazzaville, au cimetière du centre ville.

L’imposant éléphant en céramique placé à l’entrée du parc zoologique de la capitale est également l’œuvre de Mouanga-Nkodia est actuellement en chantier pour hisser un lion en céramique à l’angle nord du parc, en allant vers le Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville. A défaut de confectionner la grande statue de Pierre Savorgnan De Brazza à l’entrée du Mémorial qui porte le même nom de l’explorateur français d’origine italienne, le vieux Mouanga-Nkodia se contente du buste de "De Brazza" installé à l’intérieur du site. Critique à l’égard de ce monument confié en fait aux ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), le vieil artiste a toujours estimé que la figure de "De Brazza" a été mal reprise et est loin du portrait.

Après les guerres civiles qui éclatent en 1997 et qui vont porter un coup à tous les monuments de la capitale, Mouanga-Nkodia a été appelé à la rescousse par les dirigeants du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) lui demandant de refaire le monument de l’ancien président Marien Ngouabi, en face du ministère de la Défense. Le Congo lui doit aussi les monuments religieux et culturels de Saint Michel de Goma Tsé-Tsé, André Grénard Matswa de Kinkala dans le Pool. Malgré son âge, Bernard Mouanga-Nkodia nourrit toujours de beaux rêves pour embellir Brazzaville et le reste du Congo. Il dit avoir mal au cœur en voyant l’état du rond-point ex-CCF, aujourd'hui, "Place de la République". L’artiste a déjà proposé une maquette, mais qui tarde de voir le jour.

Satisfait de son travail, et en artiste comblé, Bernard Mouanga-Nkodia soupire cependant en nous révélant: Je n’ai rien transmis à mes propres enfants. Mais il y a deux enfants de la République sur lesquels j’ai espoir et je sais qu’ils ne me décevraient pas. L’un d’eux est déjà en formation en France.
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