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Musique congolaise : le ndombolo se christianise !


Par Digitalcongo.net | Lundi 3 Décembre 2012 | Lu 1170 fois | 0 Commentaire



Musique congolaise : le ndombolo se christianise !
Avant la décennie 80, la prière était un moment de recueillement avec des chansons de méditation. Toutes les têtes inclinaient. L’homme et son for intérieur face à son Dieu. Mais pour le moment, tout est transformé à « Makinou ma Davidi ».

Le Ndombolo. Si cette identité de la musique congolaise a reçu une gifle de la part des musiciens « typiques », « mondains » ou populaires, la musique dite chrétienne se professionnalise dans ce genre de style qui, jadis, n’était que l’affaire de Werra, JB, Fally, Zaïko, Papa Wemba, Koffi,…

Frère Patrice Ngoy Musoko, Les Tumbishayi, Mike Kalambayi, Franck Mulaja, Pasteur Luva, … excellent pas mal. Il suffit juste d’avoir des oreilles attentives dans leurs tout derniers opus.

On se rend compte facilement de ce phénomène. Des titres comme « Mal à l’aise », « Pasteur patron »,… Ici, le ndombolo est roi. Sur les langues des frères-musiciens, il n’y a que cette « phrase biblique » : « toutes les danses viennent du ciel ».

Parlant même des danses. Ici, c’est encore pire. Tout ce que les observateurs ont toujours eu à reprocher les « musiciens mondains », ça va changer le fusil d’épaule. Dans les bars et terrasses de Kinshasa, les génériques de Frère Patrice font des émules.

Il ne faut pas oublier que, le Ndombolo, l’un de deux genres musicaux phares de la RDC, s’est « coupé-de-calisé ». Dans ce sens qu’en RDC, le rythme Ndombolo est à compter du bout des doigts.

Et aussi, dans les albums isolés. Les Werra, Koffi, Karma Pa,… sont devenus des « coupé-de-caleurs ». Dans leur générique, il n’y a que du rythme coupé-de-calé » à l’ivoirienne.

A ce niveau aussi, les exemples sont légion ; « Toukou toukou », « Malewa 1,2,3,4,5… mécanique ou auto », la bande d’annonce de l’album « millionnaire » de Karma Pa,… dans cet ordre d’idées, si l’on observe seulement les Dj dans toutes communes de Kinshasa.

Ouf ! Que du coupé-de-calé dans les rues de Kin. A Kingasani, chaque parcelle a son Dj et son « son » du coupé-de-calé.

C’est dans ce méandre qu’apparemment, les artistes musiciens chrétiens ont récupéré la situation du Ndombolo qui perdait de plus en plus de terrain sur sa propre terre. Et pourtant, jadis, les chansons de soukous où il y avait des « atalaku » et où les gens dansaient à mort, ce n’étaient réservés qu’à la musique des Frères Bozi, Papa Wemba, Nyoka Longo, Ley, Madilu, Kester et même ceux de l’Empire Bakuba,…

L’ère de « Makinou ma Davidi » (danse de David)

A l’époque de Maman Angebi ou Maman Kanzaku, la musique chrétienne était présentée autrement ; « Tala tina ngayi nalingaka nkolo yasu » du Frère Mente, qui est considéré comme le précurseur de cette vague.

«Okomi kolata ba bijoux, nzoto. Ah nzoto ! osengi nga bilamba ya wax, nzoto », chantait le Frère Blaise Sakila de son vivant. « Ooh ! ngebe, ngebe ooh ! ngebe », « olobi yo olingi yesu, yo ozali koyiba » de Frère Patrice Ngoyi, « Jesus, libérez-moi misérable afin que les chaînes tombent pour que je sois délivré. Jérusalem mboka ya sika » du couple Buloba,…

« Ce qui est sûr, le couple Buloba n’a pas « ndombolisé » le coin », a lâché un vieux de la rédaction. Et de renchérir en disant que « Le Ndombolo, ce sont les musiciens chrétiens jeunes qui en font usage dans la musique chrétienne ».

Si les observateurs avertis se rappellent encore ces mélodies, à les auditionner, elles renvoient l’homme auprès d’un être qui n’est pas visible.

Et aussi, à la conscientisation de ce dernier à la scène qui l’entend demain vis-à-vis de son comportement actuel ici bas.

Oh ! tempora oh ! mores, disaient les Latins.

Avant la décennie 80, la prière était un moment de recueillement avec des chansons de méditation. Toutes les têtes inclinaient. L’homme et son for intérieur face à son Dieu. Mais pour le moment, tout est transformé à « Makinou ma Davidi ». (La danse de David).

L’ère Wenge, tout est chaud, tout est rythmiquement fort et mouvementé surtout avec une jeunesse aveuglée par les jeunes de Bon Chic Bon Genre (Bcbg).

Bonnet blanc blanc bonnet

Dans cet article, les jalons sont jetés. Les opinions des musiciens chrétiens seront recueillies pour soutenir ou contredire cette appréciation mais les faits sont là.

De toutes les façons, la République Démocratique du Congo traverse une période de confusion apparente. Comparaison n’est pas raison, dit-on.

Mais parfois, elle permet d’étayer une thèse. Les musiciens chrétiens sont dans des concerts sponsorisés, Cds à vendre, mabanga, guitare solo, recherche de qualité artistique, seben,…

Werra et sa bande en font aussi. A un certain moment, les auditeurs ne savent pas faire la démarcation entre ces deux mondes. Chou vert- vert chou.

L’Eglise catholique a été mise à part dans ce débat. Ici, c’était la classe à part sans mouvement corporel agité. Désormais, il appartient au passé.

Au sein de l’église « maison Mère », il est même créé des « journées de Louange » où méditation et Ndombolo cèdent la place à la danse de toutes sortes dans une symbiose qui fait plaisir aux fidèles.

Onassis Mutombo/L’Avenir
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