Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Ndombe Opetum, un an déjà sous terre


Par Groupelavenir.cd | Vendredi 24 Mai 2013 | Lu 580 fois | 2 Commentaires



Ndombe Opetum
Ndombe Opetum
Jeudi 24 mai 2012, Dieu qui avait donné, avait repris, plongeant ainsi la musique congolaise dans l’émoi et la consternation la plus totale. Ndombe Opetum, l’une des têtes pensantes du groupe « Bana Ok » qu’ils fondèrent avec Lutumba Simaro et Josky Kiambukuta, est décédé à Kinshasa, à l’âge de 78ans des suites d’un arrêt cardiaque.

Artiste de renommée qui a su mener sa barque sans anicroches dans la sphère de la chanson congolaise pendant plus de cinq décennies, Ndombe Opetum a, à chaque fois que nous lui posions la question de savoir ce qu’il recherchait dans l’art d’Orphée, ne cessait de nous répondre : « J’ai déjà atteint l’apogée et ne me reproche de rien. L’essentiel pour moi, c’est de pouvoir continuer à soigner normalement ma carrière afin de pouvoir contribuer efficacement au développement zélé de la culture congolaise ».

Dans la commune de Bandalungwa ou il résidait, le vieux routier était bien respecté d’autant plus qu’avec son esprit d’abnégation, Ndombe Opetum incarnait la respectueuse génération des notables de cette municipalité. Et partout où il passait, Ndombe Opetum avait de la considération et savait remettre la pendule à l’heure.

Marié à maman Nzumba Marie, il était père de 9enfants dont le 5ème n’est personne d’autre que le chanteur Baby Ndombe. Originaire de la province du Bandundu, Paul Ndombé Opetum, dit Pépé Ndombe, est né en 1944 dans une famille chrétienne, dont le père, instituteur de formation, avait un œil regardant sur l’avenir de sa progéniture.

C’est en 1949, alors que le jeune Paul Ndombe n’avait que 5ans, qu’il est arrivé à Kinshasa avec son père et ses frères. Il fera son cycle scolaire chez les missionnaires catholiques, à l’école primaire Saint-Georges de Kintambo qui sera sanctionné, six ans plus tard, par un certificat d’études primaires avant d’entamer, à l’Ecole Sainte- Marie (Notre-Dame), ses humanités qu’il a, du reste, bouclé avec brio. Mais, dans ses veines circulait un sang musical et sa passion pour l’art ne pouvait que l’incité à embrasser cette carrière trop controversée à l’époque.

A 17ans, alors qu’il est muté à Kikwit, dans la province du Bandundu, pour travailler comme agent payeur au département du développement, Ndombe Opetum débute avec la musique à Kikwit au sein de l’orchestre Super Fiesta aux côtés de Jean Marie Ndambala, Yvon Lumbunzi Sawa, Sisco, Odoma, Roger Sefu et les autres. Un malentendu a été à base de son départ de cette formation musicale et il a regagné Kinshasa pour faire son entrée dans l’African Fiesta National, ancêtre de l’Afrisa, aux côtés de « ngwashi » Rochereau Tabu Ley.

Auteur compositeur de talent, il a lancé, en 1970, avec le concours de cet orchestre son premier tube intitulé « Hortense » qui a fait le tour du continent et l’a fait sortir du lot. Son étoile a ainsi commencé de briller au firmament de la gloire. Du Ndombe Opetum héritera de son sobriquet de « Pépé » lui collé par de nombreux fans qui suivent son ascension et, surtout, à cause de sa voix très mélancolique mais, surtout pour sa beauté.

Au courant de la même année, Pépé Ndombe joue avec Tabu Ley à l’Olympia de Paris du temps de Bruno Coquatrix. A l’affiche, les chansons « Lemico jugé », « Libala maloba » et « Polyna jugé » de ce jeune chanteur figuraient sur la liste des chansons programmées pour agrémenter la soirée.

Mais, plus tard, au retour de l’Afrisa International à Kinshasa, se retrouvant sur la liste des musiciens qui avaient jugé opaque la gestion financière du groupe cher à Tabu Ley scotché par Losikiya Maneno, Ndombe Opetum et ses autres collègues sont virés du groupe. C’est alors qu’avec ses amis le saxophoniste Empompo Loway, le guitariste soliste Atel, le chanteur Djo Wawangu, le percussionniste Seskain Molenga, appuyés par d’autres talents, ont fondé un groupe musical baptisé « Afrizam ».

Compositeur aux talents immuable, Ndombe a écrit et lancé trois chansons : « Baiser de Juda », « Santa » et « Kamuleke ». Comme on devait s’y attendre, ce groupe musical a connu un succès qui n’a duré que l’espace d’un temps, juste quatre années.

Heureusement pour Ndombe Opetum qui voulait mettre un terme à sa carrière musicale, Luambo Franco qui suivait de loin son évolution artistique, l’a récupéré pour faire partie du TP Ok Jazz où il a rejoint le poète Simaro Lutumba, le commandant Josky Kiambukuta et les autres. Infatigable, aussitôt arrivé au sein de cet orchestre, Pépé Ndombe lance les chansons : « Voyage na Bandundu », « Youyou », « Mawe » et « Masha Masha ».

Mais, pour des raisons d’organisation personnelle, en 1982, Ndombe claque la porte et avec Sam Mangwana et Empompo Loway, ils ont mis sur pied un nouvel orchestre roulant sous le label « Tiers Monde Coopération ». Comme poursuivi par un signe indien, ce groupe n’a survivra que la durée d’un feu de paille poussant ainsi le compositeur d’« Esakola ya mawa », a regagné ses anciens amours au sein du TP Ok Jazz qu’il ne quittera plus jusqu’à la mort de Grand Maître Luambo Makiadi en 1989.

On retiendra, néanmoins, qu’en sa qualité d’artiste avéré, Pépé Ndombe qui venait de l’école fiesta avec le « soum djoum », s’est facilement adapté à la tendance « odemba » qu’il a, du reste, maîtrisé avec aise si bien que le public, fervent de cette tendance musicale, l’a facilement adopté.

Suite à une divergence des vues avec les membres de la « Fondation Luambo Makiadi » ainsi que de la famille biologique de ce dernier, Ndombe suivra Simaro Masiya qui s’est déchargé, en 1993, du lourd fardeau lui légué par Franco pour mener à bon port le TP Ok Jazz, pour aller former le groupe « Bana Ok ».

C’est en œuvrant pendant 19ans au sein de ce grand patrimoine culturel qu’est le « Bana Ok » qui demeure, à ne point en discuter, le fruit de son inspiration, que la mort vient de le surprendre dans son lit de malade à l’hôpital de Kintambo.

Surnommé l’Intellect, Pépé Ndombe a su prouver à la face du monde, pendant plus de 50ans, qu’il était un vrai meneur d’hommes doublé d’un organisateur culturel incontournable. Plus d’une fois, il a occupé le poste de Conseiller culturel au ministère de la Culture et des Arts.

Discographie

Plusieurs œuvres, au total 120 tubes, auréolent le cheminement artistique de Ndombe Opetum que d’aucuns qualifient comme étant le parcours du combattant. Auteur-compositeur de première force il a produit des titres comme : « Hortense », « Voyage na Bandundu », « Elysée », « Mawe », « Mabe yo mabe », « Coupe du monde », « Youyou », « Angela », « Tawaba », « Nayebi ndenge bakolela ngai », « Esakola ya mawa »,…

Hommage à l’artiste

A l’occasion de cette douloureuse épreuve, la famille biologique de Ndombe Opetum, organise une série de manifestations qui débutent le vendredi 24 mai 2013 à 10 heures par la pose de la pierre tombale sur le sépulcre du disparu au Cimetière « Nécropole entre Ciel et Terre dans la commune de la N’Sele. Tout de suite après on aura droit aux mots de circonstance du Ministre de la Culture et des Arts, et du Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, du président de l’Union des Musiciens Congolais, UMUCO, du président de la Société Congolaise des Droits d’Auteur et des Droits Voisins, SOCODA. Interviendra alors le mot du représentant de la famille ainsi que des témoignages de ceux qui avaient connu Ndombe Opetum

La délégation se dirigera par la suite à la Cathédrale Notre Dame du Congo à Lingwala pour assister à une messe d’action de grâce qui sera suivie, à 20 heures, par une soirée festive en hommage à l’Intemporel Paul Ndombe à l’espace Romeo Golf sur l’avenue de la Justice dans la commune de la Gombe. Au cours de cette soirée on aura uniquement droit aux œuvres musicales nous léguées par l’illustre disparu. Comme pour dire que l’artiste ne meurt jamais, on l’immortalise à travers.

Dans cette attente, nous prions l’Eternel d’accorder une paix durable à Pépé Ndombe Opetum dans le Royaume des Cieux.

Kingunza Kikim Afri
Lu 580 fois


Vos commentaires:

1.Posté par Grand Muzombo le 26/05/2013 02:03 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Est-il mort a l'age de 78 ans? vous dites qu'il etait ne en 1944.

2.Posté par le guy de le 27/05/2013 19:55 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Il est mort à l'âge de 68 ans.

Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes