Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Nicolas KASANDA «Docteur Nico» n’est plus de ce monde il y a 28 ans, le 22 Septembre 1985


Par | Mercredi 18 Septembre 2013 | Lu 2393 fois | 2 Commentaires



Création d’un Comité de Gestion des Œuvres du Dr Nico

Docteur Nico
Docteur Nico
Congo, (Starducongo.com) - Il est le plus grand guitariste solo de l’histoire de la musique congolaise moderne, mieux que son cousin germain Emmanuel Tshilumba wa Baloji « Tino Baroza », son maître spirituel, lequel avec Charles Mwamba « Dechaud » son frère ainé, guitariste accompagnement ont été formés par le guitariste « hawaïen» Zacharie Elenga«« Jhimmy »

Apparu sur la scène musicale congolaise en 1953, à l’âge de 14 ans, le guitariste Nico Kasanda fut comblé si tôt de l’immense succès obtenu par l’avènement de l’African Jazz de Joseph Kabaselle. Son art va mériter une large reconnaissance. Il est un prodige de la mise en place rythmique. Et la relative sagesse de ses improvisations n’exclut pas de belles fulgurances jouées avec une parfaite maîtrise instrumentale.

1953, nous rappelle certes, la création de l’African Jazz, mais également l’arrivée de la guitare électrique à Léopoldville (Kinshasa), introduite par le belge Bill Alexandre, soliste de talent et éditeur de la Firme musicale CEFA. (Compagnie d’enregistrement du folklore africain) C’est d’ailleurs lui qui rehaussera la classe de la musique congolaise moderne. Mais, la guitare électrique s’imposera, et surtout dans les doigts des Kinois Emmanuel Tshilumba wa Baloji « Tino Baroza », Nicolas Kasanda, « Dr Nico » et François Luambo Makiadi « Franco », sous différents styles.

Tshilumba wa Baloji « Tino Baroza », exploite adroitement ses connaissances théoriques en créant un style pur et une construction ordonnée et classique. Il possédait une sûreté rythmique et harmonique exceptionnelle, une invention intarissable. Il est placé en tout premier rang par la plupart des spécialistes et des amateurs.

Luambo Makiadi Franco, joue en marquant le rythme, en soignant les courbes mélodiques avec beaucoup d’alerte. Il s’est imposé comme le meilleur spécialiste du jeu en sixte, technique qui consiste à jouer la guitare en pinçant plusieurs cordes à la fois. L’élégance mélodique, la frémissante beauté de ses improvisations font de chacun de ses témoignages enregistrés, un document attachant et précieux. « L’Ecole OK Jazz » est né de son style qui a été le plus copié, le plus populaire et qui a donné naissance à la « Rumba Odemba »

Enfin, Nico Kasanda, recherche les effets techniques en soignant également les courbes mélodiques et la vivacité rythmique. Il est également cithariste (à l’hawaïenne) d’une virtuosité époustouflante. Il est la star de cette musique sensuelle et raffinée qui fonde depuis des années, « L’Ecole African Jazz ». dont le signe caractéristique est la « Rumba-Rock » .Son doigté guitaristique inimitable passionne les amateurs qui trouvent en lui un admirable technicien de la guitare, capable d’en exploiter en solo toutes les ressources, de s’intégrer à une formation de studio ou de se mettre au service d’un vocaliste.

Kasanda Nicolas, dit « Nico mobali » et plus tard « Docteur Nico », a vu le jour à Mikalay (Kasaï – RDC), le 7 Juillet 1939. Tout le prédestinait à devenir l’inimitable solo-guitare dont la réputation n’égale que sa grande modestie. De brillantes études chez les Frères des écoles chrétiennes de Leo II en font un mécanicien accompli. Nico est peut être le seul des musiciens de Kinshasa à avoir terminé ses études qu’il a menées de front avec sa formation musicale qui est, on s’en doute, très poussée à cette époque.

Dès son jeune âge, il est irrésistiblement attiré par les muses comme d’ailleurs la plupart des membres de sa famille. C’est son aîné Charles Mwamba «« Dechaud », et son cousin Tino Baroza sortis de l’école de Jhimmy en 1951, qui initieront le jeune amateur, aux mystères joyeux de la guitare. Ses dons innés l’aideront efficacement à en pénétrer rapidement tous les secrets, à tel point qu’il parviendra en très peu de temps, à en remontrer à son « professeur ». Bientôt, quoiqu’encore écolier, il se produira devant un public averti qui ne lui ménagera pas ses applaudissements. Sa renommée fera rapidement son chemin et on l’appellera plus que « NICO mobali ».

Avec son frère professeur qui dorénavant ne jouera que le rôle non moins important d’accompagnateur, il sera converti de gloriole qui ne lui fera pourtant pas perdre la tête. Il est resté aussi simple qu’à ses débuts et chaque jour il ne tend qu’à fructifier ses talents dans l’orchestre AFRICAN JAZZ, lequel sans lui ressemble à un corps sans âme. Il est devenu synonyme de guitare magique car la guitare de NICO a un langage particulier : elle pleure, elle rit, mais elle chante toujours. En 1960, à la Table ronde de Bruxelles, Nico KASANDA est au sommet de sa gloire pour le soin extrême qu’il apporte à la production de l’album « Indépendance Cha cha cha » ainsi qu’à la sophistication de la guitare solo.

Pour l’essentiel de la carrière du Dr Nico Kasanda, voici les principales périodes qui ont marqué son parcours.

- 1953 – Membre de l’Orchestre African Jazz, de Joseph Kabaselle, aux éditions Opika, avec, au fil des années des musiciens comme : Charles Mwamba « Dechaud », Antoine Kaya « Depuissant », Dominique Kuntina « Willy », Roger Izeidi, Ettienne Diluvila « Baskis, André Menga, Albert Taumani , Isaac Musekiwa, Baloji « Tino Baroza », Albert Kabongo, Albert Dinga, Augustin Moniania « Roitelet », Armando « Brazzos », Edo Clary Lutula, Tabu Ley « Rochereau » Joseph Mulamba « Mujos », etc..

- 1963, le 13 Juillet, tous les musiciens de l’African Jazz se séparent de Joseph Kabaselle, pour former l’Orchestre African Fiesta, sous la marque de disque VITA

- 1965, le 16 Novembre, Scission de l’African Fiesta, en deux orchestres qui voient le jour en 1966 : L’African Fiesta National de Tabu Ley « Rochereau » . Et,

L’African Fiesta Sukisa du Dr Nico Kasanda, constitué au fil des années des musiciens :

Charles Mwamba « Dechaud », Pierre Bazeta « De la France », André Lumingu « Zoro » (guitares et guitare basse), Victor Kasanda « Vixon », Joseph Mingiedi « Jeff », Pedro « Cailloux », Gabriel Kayumba « Francky » Michel Ngoualali (trompettes, saxos et flûte), Paul Mizele « Paulins », Michel Banda « Micky », Joseph Ayombe « José » Dominique

Diongas « Apôtre » Lambert Kalamoy « Vigny », Chantal Kazadi, Lassan Lessa, Valentin Kutu « Sangana », Josky Kiambukuta, Lucie Eyenga (chant), Georges Armand (batterie), etc.

Dans les années 70, l’African Fiesta Sukisa, devient l’un des groupes les plus populaires de la musique congolaise, et connaît un succès énorme. Il a surtout prouvé qu’il était un des créateurs les plus originaux du rythme « Muntuansi » issu du profond Kasaï. La guitare de NICO était immédiatement reconnaissable avec sa manière de couvrir toute l’étendue sonore des morceaux bien balancés et terriblement accrocheurs.

Des titres comme : « Bougie ya bolingo » « Ngalula » « Suzarina » «Zadio » « Bolingo ya sens unique » « Echantillon ya pamba » « Bolingo po na kisi te » et tant d’autres vont bénéficier d’une mise en place simple, mais efficace. Fraicheur et spontanéité. Et, tel que Fiesta Sukisa se présentait à cette époque avec une importante section rythmique emmenée par une guitare savante de NICO, l’accompagnement de Mwamba « Dechaud », la basse de Lumingu, « Zoro » la batterie de Georges Armand et des choristes avec le sublime KAZADI Chantal, ou le génial Lessa Lassan. Un très beau témoignage de l’évolution du groupe.

La reformation de Fiesta Sukisa au début des années 80 (enregistrement à L’I.A.D. Brazzaville – Intégration de la chanteuse Lucie Eyenga) va connaître des hauts et des bas, au point où l’orchestre va s’effacer pratiquement de la scène plusieurs mois avant la traversée du désert du Dr Nico Kasanda.

En effet, au début du mois d’Août 1985, la santé de NICO va très mal, il bénéficie tardivement de la couverture médicale accordée par la présidence de la république, pour être évacué le 22 Septembre 1985 à Bruxelles, où il meurt peu de temps après son admission à l’Hôpital St Luc de Bruxelles.

Quatorze ans après sa mort, on est en droit de dire que ce n’est pas pour rien que Nico Kasanda a été surnommé « Docteur » Il est aujourd’hui sans aucun doute le père de la guitare solo classique, celui dont tous les amateurs congolais de la guitare considèrent comme, une véritable légende vivante, un génie que personne n’a su imiter.

Comité de Gestion es œuvres du Dr Nico

Notons qu’il existe depuis un an un Comité de Gestion des Œuvres du Dr Nico, animé par Ignace Mukendi, que l’on peut joindre aux adresses e-mail : mukendi59@hotmail.fr et kasandag@yahoo.fr

Les artistes meurent mais ils survivent à travers leurs œuvres. C’est pourquoi il a été créé il y a un an le Comité de Gestion des œuvres de Dr Nico pour perpétuer sa mémoire. Ce Comité suppose connaître la biographie de Docteur Nico qui nous a quitté à l’âge de 49 ans.
Ce Comité a mis en ligne, disponible en téléchargement légal sur I tunes , Deezer,Spotify… le contenu officiel pour tout celui qui veut se le procurer et en même temps il a entamé des actions pour décourager tous les pirates, interdire et poursuivre tout exploitant non autorisé, et Dieu sait ce qui se passe sur l’internet !
Depuis près de deux ans, en hommage à ceux d’autres grands artistes qui nous ont quittés ou ceux encore en vie, des nombreuses initiatives ont été prises notamment d’organiser des concerts en vue de concourir à les immortaliser.

C’est dans cet élan d’esprit et pour répondre à de nombreux mélomanes qui n l’ont demandé, le Comité de Gestion des œuvres de Docteur Nico les informe que Georges Kasanda, le fils de Docteur Nico Ingénieur Agronome de profession est prêt à se produire pour interpréter le répertoire de Docteur NICO, il s ‘est déjà produit comme guitariste soliste à la sortie de l’African Fiesta Sukisa sous la direction de Dechaud et du chanteur compositeur Sangana au Bar Vis-à-vis et au Palais du Peuple. Il joue également la guitare hawaïenne. Bienvenu à tout musicien intéressé à accompagner ce projet.

Clément Ossinondé
clementossinonde@starducongo.com

Lu 2393 fois


Vos commentaires:

1.Posté par El Kwakyr le 23/09/2013 17:10 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Docteur Nico le dieu de la guitare, malheureusement aucun guitariste ne nous le fait revivre, ni par le son ni par le doigte.J osky et Michel Ngoualali dans ces formations, merci pour l'i nfo.

2.Posté par Eric Church Nawamonawo le 15/10/2013 11:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Cette évocation de la vie et l'art du de cujus est de très haute facture. Elle est certainement signée d'Ossinondé, Chapeau! si ce n'est lui, c'est son frère, chapeau également!

Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes