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Noah, la gagne dans le sang


Par SDC, Starducongo.com | Jeudi 22 Avril 2010 | Lu 662 fois | 0 Commentaire

Joakim Noah, basketteur en NBA, se fait un nom aux Etats-Unis avec les mêmes qualités qui ont fait de son père, Yannick, un champion et un artiste hors normes.



Joakim Noah lors d'un match contre les Boston Celtics le 14 avril 2010, REUTERS/John Gress
Joakim Noah lors d'un match contre les Boston Celtics le 14 avril 2010, REUTERS/John Gress
Depuis ce week-end, les play-offs ont commencé en NBA, le championnat de basket professionnel américain. Au terme de la saison régulière, entamée en octobre, 16 équipes se sont qualifiées pour cette phase finale qui vient donc de démarrer avec les huit rencontres du premier tour et se terminera, en juin, par le duel pour le titre.

L'un de ces premiers tours, joués, on le rappelle, au meilleur des sept matches -le premier à quatre victoires élimine l'autre- oppose les Cleveland Cavaliers aux Chicago Bulls. Emmené par LeBron James et Shaquille O'Neal, Cleveland est le grand favori de ce choc face à Chicago, équipe qualifiée d'extrême justesse pour ces play-offs. Un temps à l'agonie lors des semaines écoulées, Chicago perdit, en effet, jusqu'à dix matches consécutivement, mais a surmonté cette terrible série pour coiffer au poteau les Toronto Raptors dans la course à l'ultime ticket délivré pour ces play-offs.

«Noah fait gagner»

Un joueur, français, a été à l'origine de cette qualification miraculeuse des Chicago Bulls. Il s'appelle Joakim Noah. Double champion universitaire avec les Florida Gators en 2006 et 2007, le fils de Yannick (et de Cecilia, sa maman) n'en finit plus d'imprimer sa marque sur les parquets américains. Sur la touche lors du vertigineux trou d'air traversé par ses coéquipiers en mars alors qu'il soignait une blessure au pied, Yooks, c'est son surnom, a pris ses responsabilités, galvanisant ses troupes pour les tirer vers le haut avec une énergie décuplée. «Sa présence stimule, électrise, disait de lui Billy Donovan, son coach chez les Gators lors du deuxième titre universitaire (NCAA). Noah fait gagner. C'est le plus beau compliment que je puisse faire à un joueur.» L'actuel entraîneur des Chicago Bulls, Vinny del Negro, n'affirme pas autre chose après ce sauvetage inespéré: «Noah nous est indispensable pour avancer.» Charles Barkley, l'ancienne vedette de la NBA du temps de la Dream Team, a même indiqué que Noah était devenu l'un de ses joueurs préférés.


Noah fait gagner? Noah transformé en locomotive? Noah chouchou des foules? Cela ne vous rappelle pas quelque chose? En effet, Yannick, son père, avait cette même capacité à aller jusqu'au bout de lui-même et à tirer le maximum des autres. Sur le plan individuel, il se sublima pour remporter, en 1983, le seul tournoi qui lui tenait à cœur: Roland-Garros. Sur le plan collectif, en tant que capitaine, sans disposer des meilleurs mondiaux, il entraîna l'équipe de France sur le chemin du triomphe en coupe Davis, en 1991 (59 ans après les illustres Mousquetaires) et 1996, mais aussi en Fed Cup (la coupe Davis au féminin) en 1997. Sans oublier en 1996, une pige pour le Paris Saint-Germain à la veille de la finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupes que le club de la capitale, mis en ordre de bataille par le chef de guerre rasta, allait remporter aux dépens des Autrichiens du Rapid de Vienne.

Comme son père, Joakim Noah est loin d'être un modèle technique (son shoot a longtemps été problématique), mais sa volonté et sa force mentale lui permettent de renverser des montagnes. Comme son père, qui aimait tant faire la fête, c'est aussi une personnalité non normative, anti-conformiste, pas toujours dans les clous comme lorsqu'il fut arrêté en possession d'un joint en Floride où la loi est très restrictive en ce domaine. A l'image de son géniteur, faux dilettante, il est capable également de supporter d'énormes charges de travail afin d'atteindre ses objectifs. Ces derniers temps, Joakim Noah n'a pas compté ses heures dans les salles de musculation pour tenter de se bâtir la charpente d'un colosse.

«Marre des losers»

En 2003, à l'occasion du 20e anniversaire de sa victoire à Roland-Garros, Yannick Noah avait ainsi résumé son état d'esprit de 1983 dans une confession à L'Equipe: «J'ai mis la barre plus haut que les autres parce que j'en avais marre qu'à la fin du match, ce ne fût pas nous, «la France», qui gagnions. J'en avais marre de voir les Français toujours pleurer à la fin. Pleurer de tristesse. J'en avais marre de voir le ballon passer à côté de la cage, la balle de break du Français retomber du mauvais côté. En tennis, on était servis avec la génération d'avant! C'est simple, ils ne gagnaient rien. J'en avais marre de ça. Marre de cette image de losers. Je voulais être le joueur français qui gagne. Je voulais gagner. C'est ma vie, mon parcours, mon choix, décidé à l'âge de douze ans. J'ai adapté ma technique à mes qualités physiques, mais ça encore, ce n'est pas grand-chose. C'est plus mon énergie, et ma volonté dont j'aime me souvenir aujourd'hui. Le fait que j'aie choisi de ne pas rentrer à la maison. Ça renforce. C'est beau, un môme qui veut vraiment quelque chose. C'est ça la vie, c'est ça qui est très beau. Bon, après qu'il plie bien les jambes, c'est important, mais moins que sa volonté de gagner.» Le fils a été visiblement nourri au lait de cette énergique philosophie paternelle.

Cet art de la gagne, Yannick Noah l'a mis au service de sa carrière de chanteur avec la réussite commerciale que l'on sait. Alors qu'il n'avait certainement pas la voix pour devenir l'un des plus gros vendeurs de disques du pays et remplir des salles aux quatre coins de l'hexagone, il a su dépasser ce handicap de départ, en travaillant beaucoup et en remettant l'ouvrage sur le métier. Car il n'est pas devenu star du show-business parce qu'il était un ancien champion, même si cela lui a ouvert quelques portes au départ. Après son tube Saga Africa, il aurait dû s'arrêter là. Les quelques bides qui ont suivi l'y invitaient. Il n'a pas dételé, quitte à apprendre la maîtrise de la scène dans d'improbables discothèques au fin fond de la France où il n'était pas toujours le bienvenu devant, parfois, une poignée de spectateurs éméchés. On connaît la suite... C'est d'ailleurs une rareté internationale. Avoir été une icône dans un domaine et le devenir dans un autre.

Popularité

A quelques jours de son 50e anniversaire (le 18 mai), le voilà installé depuis belle lurette sur le trône de la personnalité préférée des Français si l'on se réfère au célèbre baromètre du Journal du Dimanche. Parmi les sondés, certains de ceux qui ont moins de 35 ans ne savent même pas qu'il a été un joueur de tennis dans une autre vie et s'ils en ont connaissance, cela ne compte pas pour eux et ils ignorent à quel point il fut populaire voilà un quart de siècle.

Ce qui fait le succès de Yannick Noah au-delà de ses dents du bonheur qu'arbore également Joakim? Plus qu'un charme et un charisme indéniables, une sincérité incontestable avec ce désir constant de se livrer tel qu'il est et de ne pas transiger avec des conventions. A-t-il envie de soutenir Segolène Royal lors de la dernière campagne présidentielle? Il le dit et il le prouve en animant le meeting de Charlety à quelques jours du deuxième tour.

Nulle prudence frileuse à la Zinedine Zidane, par exemple. Et sa cote de popularité ne baisse pas de moitié sous prétexte qu'il soutient un camp plutôt que l'autre. Personne ne lui en veut, ou si peu, parce que le public perçoit qu'il n'y a aucun calcul derrière tout cela, comme il n'y a aucun calcul à le voir s'immerger parmi des enfants des quartiers dont il tente d'améliorer l'ordinaire par le biais de son association Fête le mur.

Yannick Cochennec
Source: Slate
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