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Page d’histoire : 7 mars 1972 : Retour triomphal des Diables-Rouges


Par La Semaine Africaine | Mardi 13 Mars 2012 | Lu 467 fois | 0 Commentaire



Une foule de supporters en délire autour de l’avion ramenant les Diables-Rouges.
Une foule de supporters en délire autour de l’avion ramenant les Diables-Rouges.
Le titre continental de champion dans la poche, Congo-Sport, devenu Diables-Rouges, rentre, le 7 mars 1972, au bercail. Un retour pittoresque. Au pied de la passerelle de l’avion qui les ramenait, les autorités politiques et sportives sont envahies, curieusement, par une foule de supporters en délire, pressés de toucher ses héros et le mythique trophée, dès leur descente. Un tel déferlement n’avait jamais été vu. Dieu merci, ce fut, simplement, une explosion d’enthousiasme et de joie on ne peut plus canalisée. Voici le récit de cet événement, par le reporter de La Semaine Africaine.

Des milliers de Brazzavillois, de toutes les origines, mardi 7 mars 1972, après-midi, à Maya-Maya. Ils sont venus de tous les quartiers, de la campagne. Certains sont de Pointe-Noire et Dolisie. Ils sont partout, jusque sur le malheureux toit de l’aéroport qui s’effondre, en laissant de nombreux blessés graves.
Cette foule humaine grossit, vertigineusement. Elle avance. Elle avance, toujours, rompant le modeste cordon du service d’ordre. Il aurait fallu presque quelques bataillons pour l’empêcher de s’infiltrer, de s’approcher. La voici, maintenant, délirante, sur l’aire d’atterrissage. Elle nargue soldats et policiers. Elle refuse de se faire seulement raconter le retour au pays des vainqueurs de la 8ème Coupe d’Afrique des nations.
Le spectacle dure deux, trois heures. Et trois heures durant, on scrute l’horizon. Chaque avion sera mitraillé par des milliers de doigts. Un avion arrive. C’est un avion d’Air Mali, qui, sans le vouloir, sans doute, assistera, tout à l’heure, lui aussi, au retour des champions et sera chargé de transmettre la chaleur congolaise à leurs courageux vaincus du Mali.
Enfin, les voilà! A ce moment, l’Antonov de Lina Congo survole l’aéroport international Maya-Maya, et la foule, en décrivant quelques courbes. Quelques minutes plus tard, il se posera. Il roule. La foule, de plus en plus excitée, lui barre le passage. Il ne peut plus avancer. Des hélicoptères, de l’Armée populaire nationale, tournoient dans l’air.
Que demande la foule? Que veut la foule? Que réclame-t-elle? Une chose. Voir la coupe, ses joueurs et mourir! Seulement dans cet enchevêtrement de corps, il sera assez difficile de le réaliser. Aussi le capitaine de l’équipe, Jacques Yvon Ndolou, et Bibanzoulou «Amoyen», l’entraîneur, exhiberont-ils, depuis l’appareil, le fameux trophée des Nations à la foule. Lentement, l’avion, escorté par cette foule gesticulante, hurlante, recommence de rouler. On penserait à un corbillard géant, tant femmes, hommes, enfants versent des larmes. Des larmes de joie. Les ovations continuent. Et pour échapper à l’enthousiasme effréné de cette foule des spectateurs, l’Antonov s’arrêtera jusqu’à la portière du gros car d’où les joueurs et la délégation gagneront Brazzaville…dans l’euphorie générale.
Le cortège se dirige, alors, sur Bacongo, centre-ville, Poto-Poto, Moungali, Ouenzé… où, massés aux abords des avenues, les Brazzavillois lui réserveront un accueil jamais fait à une personnalité, depuis que ce sol use leurs talons. Sur les principaux carrefours, des orchestres rivalisent d’adresse. Le clou de la manifestation sera la présentation du trophée au Président de la République, à l’Etat-major général, en présence du maire de Brazzaville.
Là, M. Mondelé Jean, directeur national des sports, s’adressant au chef de l’Etat, le Cdt Marien Ngouabi, entouré des membres du Conseil d’Etat et du Comité central présents à Brazzaville, devait déclarer: «Mission accomplie et objectif atteint».
Prenant, à son tour, la parole, le Cdt Marien Ngouabi a remercié les sportifs d’avoir accompli, humblement, la mission qui leur a été confiée par le Parti congolais du travail. Le Chef de l’Etat a, ensuite, indiqué que cette victoire n’appartenait pas seulement à la République Populaire du Congo, mais à tous les pays progressistes africains et, ensuite, à ceux d’Afrique centrale (...). Le président de la République a exhorté les sportifs à tout mettre en œuvre, afin de «conserver, éternellement la Coupe»…

(Extrait d’un article de Fulbert KIMINA-MAKUMBU/La Semaine Africaine n° 1008, du dimanche 12 mars 1972)
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