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Papa Wemba, le parrain de la rumba

Maître d’école, nouvel album


Par Rfimusique.com | Vendredi 26 Septembre 2014 | Lu 1272 fois | 0 Commentaire

Quelques semaines après son mariage très médiatisé en République démocratique du Congo, Papa Wemba célèbre son amour de la rumba en 150 minutes à travers les 25 chansons de son nouveau double album, baptisé Maître d’école. Entretien avec le chanteur qui entend assumer pleinement son rôle de doyen de la musique congolaise.



Papa Wemba au Casino de Paris en 2007.
Papa Wemba au Casino de Paris en 2007.
RFI Musique : Vous avez joué il y a quelques jours au Kenya. Quels sont les pays en Afrique où vous êtes particulièrement demandé ?

Papa Wemba :
J’ai toujours défini ma carrière en disant que je vais là où le métier m’appelle. Mais il faut que ce soit fait dans de très bonnes conditions. Donc, je suis allé très souvent en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, en Afrique du Sud... En Afrique du Nord, je ne suis allé que dans trois pays : la Libye, la Tunisie et la Maroc. Du nord au sud, d’est en ouest, on me réclame dans presque tous les pays du continent. L’Afrique reconnait en moi l’artiste que je suis, et c’est bienvenu, car pour moi la rumba congolaise est la matrice même de la musique africaine. Ça fait plus de quarante ans que je suis sur scène, et je dis merci au Bon Dieu de m’avoir donné ce talent avec lequel j’ai traversé presque tous les océans.

Pourquoi avoir intitulé votre nouvel album Maître d’école ?

Ça fait référence à mon histoire personnelle : il y a plus de quarante ans que je trône au-dessus d’une institution qui s’appelle Village Molokai – Viva La Musica, qui a vu passer un bon nombre d’artistes congolais. Ils sont passés par cette école-là.

Quel est le conseil que vous leur avez souvent donné ?

Quand on s’engage dans quelque chose, ce n’est pas pour s’arrêter à mi-chemin. Il faut aller jusqu’au bout. Aujourd’hui, même si mon pays me réclamait pour embrasser la carrière politique, j’aurais du mal, parce que j’ai promis à mon épouse d’aller au bout avec la chanson, tant que Dieu me prêtera cette belle voix.

Certains artistes congolais ont-ils été, d’une certaine façon, vos maîtres d’école, lorsque vous avez débuté ?

Ah oui ! Le Grand Kallé (Joseph Kabasélé, NDR). Et puis le Seigneur Tabu Ley. Jusqu’à maintenant, je reste encore un fan de Seigneur Tabu Ley. Quelque part, c’est lui qui m’a poussé : il faisait de très belles mélodies, il avait des phrases que tout le monde reprenait en chœur. C’était mon mentor, quelqu’un de très intellectuel et qui a fait des reprises comme sur Lal’Aby, une chanson des Beatles (Let it Be, NDR).

Alors qu’on vous connait comme le Roi de la sape, avec ce que cela a d’extravagant ou de futile, vous cultivez aussi l’image d’un homme normal sur le plan de la vie privée. N’est-ce pas paradoxal ?

Au regard de la sape, je suis quand même quelqu’un à féliciter ! Hier, j’ai été critiqué, traité de bandit, de voyou. On disait que je gaspillais mes thunes à acheter des habits. On était des jeunes ! Aujourd’hui, j’ai 65 balais et je ne réfléchis plus comme hier. Je reste toujours attaché à la sape qui a fait aussi ma notoriété, mais je me réclame comme chanteur tout d’abord, avant d’être sapeur. La sape vient dans le mouvement de la chanson que fait Papa Wemba, pas le contraire !

La sape était-elle, dans le contexte de l’époque, une forme subconsciente de contestation de la société que souhaitait le régime du maréchal Mobutu ?

On n’était pas parti en combat contre la politique que menait le maréchal Mobutu. Non, c’est venu plus tard. Mobutu s’en moquait. Une fois, quand il faisait sa campagne présidentielle à Bruxelles, il m’avait reçu et m’avait posé des questions pour savoir d’où venaient mes habits… Lui-même avait instauré l’abacost (code vestimentaire signifiant "à bas le costume"), qui était aussi une fierté pour nous les Zaïrois à l’époque. Mais vous savez, la politique c’est un jeu. Le lendemain, Mobutu a cédé sur le costume-cravate qui nous va aussi très bien.

Il y a presque 40 ans, le 30 octobre 1974, se tenait à Kinshasa le match de boxe mémorable entre les Américains Mohamed Ali et George Foreman, qui fut aussi l’occasion de festivités musicales à la hauteur de l’événement. Quels souvenirs en avez-vous ?

Quand il y a eu ce combat du siècle au Zaïre en 1974, le tout premier groupe à avoir joué sur la scène où tout le monde est passé, c’est celui dans lequel j’évoluais depuis quatre ans : Zaiko Langa Langa. Ce festival de musique réunissait bon nombre de grands artistes de ce monde, venus d’Europe et des États-Unis. Le groupe qui m’attirait surtout, c’était le Fania All Stars : j’étais parti pour voir Johnny Pacheco, Ray Baretto, Celia Cruz... Et Manu Dibango qui les accompagnait. BB King aussi était de la partie. Et puis, il y avait James Brown !

Par Bertrand Lavaine

Papa Wemba Maître d'école (Cornely Malongi productions) 2014
Site officiel de Papa Wemba
Page Facebook de Papa Wemba

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