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Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s : «L’U.pa.d.s ne saurait vendre son âme en acceptant l’inacceptable»


Par La Semaine africaine | Samedi 8 Mars 2014 | Lu 224 fois | 0 Commentaire

Le premier secrétaire de l’U.pa.d.s, Pascal Tsaty-Mabiala, a donné une conférence de presse, vendredi 28 février 2014, au siège de son parti, au quartier Diata (Makélékélé), à Brazzaville. C’était pour donner la position de son parti concernant la mise en œuvre des recommandations de la concertation politique nationale de Dolisie, et particulièrement sur le déroulement du recensement administratif spécial.



Il a rappelé que l’U.pa.d.s a décidé de suspendre sa participation à l’opération de recensement administratif spécial «qui s’apparente à un passage en force», car son parti «ne saurait vendre son âme en acceptant l’inacceptable».

Dans un long mot liminaire, Pascal Tsaty-Mabiala, qui a donné sa conférence de presse debout, devant un lutrin, dans un style occidental, a, tout d’abord, fait remarquer que «le Congo est le seul pays en Afrique où le gouvernement prépare et organise les élections et le seul pays africain qui refuse d’appliquer les dispositions des instruments juridiques relatives à la transparence des systèmes électoraux comme la Déclaration de Bamako et celle de l’Union africaine dont elle est signataire». Puis, il a lancé une pique satirique au président de la République «qui se fait fort d’être le porteur des idéaux de paix, de démocratie en Afrique. Il ne compte plus le nombre de médiations sur les conflits en Afrique qu’il a présidées ou auxquelles il a pris une part active».
Pascal Tsaty-Mabiala a, ensuite, rappelé le rendez-vous politique de Dolisie, en se focalisant sur les «trois mesures phares» qui y étaient prises et qui «devraient assurer la transparence de notre système électoral qui est parmi les plus verrouillés en Afrique. Il s’agit du recensement administratif spécial, de la commission nationale électorale et de la carte d’électeur biométrique».
A propos du recensement administratif spécial, il a indiqué que «le Congo a déjà organisé, avec succès, un recensement administratif spécial, après l’accord conclu le 31 mai 1996 entre la majorité et l’opposition d’alors». Mais, cette opération, qui avait connu un premier passage, fut contrariée par le déclenchement de la guerre de 1997. Puis, il a expliqué pourquoi son parti ne prendra pas part «à l’opération dite de publication des résultats du recensement administratif spécial 2013 au niveau local et ici à Brazzaville»:
«Plutôt que de faire mieux que ce qui a été réalisé en 1997 et qui n’a donné lieu à aucune contestation technique, le Recensement administratif spécial de 2013 ne permet pas d’atteindre l’objectif principal de cette opération, à savoir: l’établissement des listes électorales fiables, crédibles et incontestables qui garantissent la maîtrise du corps électoral.
Au contraire, le Recensement administratif spécial 2013 risque d’être une source de conflit, car comment expliquer que le district d’Enyelé, par exemple, ait 28.012 électeurs, pour une population, en 2007, de 21.193 habitants? En réalité, pour atteindre ce corps électoral, en 2013, Enyélé doit avoir entre 52.000 et 58.000 habitants.
Le district de Liranga présente un corps électoral de 17.139 électeurs, pour une population, en 2007, de 11.287 habitants. Alors que ce corps électoral correspondrait à une population de 34.278 habitants. Enyélé et Liranga, pour ne citer que ces districts, auraient alors, en six ans, plus que doublé leur population. Et c’est curieusement le cas de bien d’autres districts et départements qui sont listés sur notre grille de lecture.
Comment comprendre que les départements de la Cuvette et de la Likouala, avec une population totale, en 2007, de 156.044 habitants, pour le premier et 154.115 habitants, pour le second, aient, en 2013, un corps électoral de 121.213 dans le département de la Cuvette correspondant à une population d’environ 242.000 habitants et 121.881 électeurs, pour le département de la Likouala correspondant à une population d’environ 243.000 habitants, six ans après le recensement général de la population et de l’habitat de 2007».
En avançant cette comparaison, le premier secrétaire de l’U.pa.d.s se base sur la règle des institutions spécialisées en matière démographique, «selon laquelle dans les pays d’Afrique, d’Amérique centrale, d’Asie, le nombre d’électeurs est sensiblement égal à la moitié de la population générale identifiée par les recensements généraux de la population, lesquels sont effectués tous les dix ans avec le concours du Fnuap».
Concernant les autres recommandations, Pascal Tsaty-Mabiala a indiqué que «plus d’un an après Dolisie, c’est le statu quo parfait. Et s’agissant de la Conel, il se murmure qu’à titre transitoire, le bureau de coordination nationale du R.a.s, le bureau de son comité technique et les commissions locales présidées par les sous-préfets, prépareront et organiseront les élections locales de 2014. Incroyable!
Des structures mises en place pour organiser le recensement administratif spécial se verraient confier la préparation et l’organisation des élections locales, simplement, parce que le pouvoir refuse la mise en place de la Commission électorale indépendante décidée consensuellement à la concertation de Dolisie.
Quant à la carte d’électeur biométrique, autre recommandation de Dolisie expérimentée, avec succès, par plusieurs pays africains, le pouvoir développe des théories sur l’impossibilité de l’appliquer, maintenant, au Congo, à l’occasion des élections locales et qu’il faudrait envisager la mise en œuvre de cette recommandation plus tard, peut-être, en 2016».
Tirant la conclusion de tout ceci, Pascal Tsaty-Mabiala a déclaré: «L’U.pa.d.s qui a fait le choix d’une opposition responsable et républicaine, qui l’éloigne de l’aventure, ne saurait pour autant, vendre son âme, en acceptant l’inacceptable. Enfin, l’U.pa.d.s rappelle au pouvoir que le respect des engagements solennels, consensuellement pris à la Concertation politique de Dolisie devant l’opinion nationale et internationale, est un test de sa bonne foi et de sa réelle volonté de préserver la paix civile».
A la question de savoir quelle sera l’attitude de l’U.pa.d.s, au cas où le gouvernement ne donne pas suite à ses revendications, Pascal Tsaty-Mabiala a répondu qu’il n’est pas question, pour son parti, de tomber dans la violence. Il continuera toujours de négocier jusqu’à convaincre. Pour cela, il garde attache avec les partis de l’opposition républicaine. Il a déploré le fait que le ministre de l’intérieur ne donne pas suite à sa demande de le rencontrer et discuter avec lui.

Propos recueillis par
Pascal Azad DOKO
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