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Pétrole et corruption: la Suisse cible le président congolais et son clan


Par Letemps.ch | Lundi 16 Mai 2016 | Lu 1052 fois | 1 Commentaire

La société vaudoise Orion Oil appartient aux hommes de confiance de l’inamovible président congolais Denis Sassou-Nguesso. La justice suisse enquête sur son directeur pour blanchiment d’argent et corruption. Le cas illustre les liens secrets entre négoce pétrolier et dictatures



Être convoqué au 42 avenue des Bergières, siège lausannois de la Police judiciaire fédérale, n’est pas toujours une partie de plaisir. Surtout lorsqu’il faut s’expliquer sur une affaire de corruption mettant en cause un chef d’Etat, et illustrant de façon grotesque le gaspillage de la richesse pétrolière dans les pays les plus pauvres du monde.

Le 24 avril 2015, un homme souffre face au procureur Brent Holtkamp et sa suppléante Sophie Chofflon Pointet. Philippe C. est un Français de 62 ans, domicilié dans un appartement sans charme de la Terre Sainte vaudoise. L’ancien banquier est surtout l’homme de confiance de la famille du président congolais Denis Sassou-Nguesso pour tout ce qui concerne la finance offshore.

Du champagne offert

Ce jour-là, Philippe C. subit les questions insistantes des magistrats. Pourquoi l’une de ses sociétés a-t-elle payé du champagne aux fonctionnaires du Domaine présidentiel congolais? Pourquoi avoir acheté, pour plus de 376 000 euros, une limousine d’ultra-luxe Maybach aux frais de la Direction générale des Grands Travaux de Brazzaville? Pourquoi avoir investi l’argent d’un paquet d’actions, cédé au gendre du président par la société de téléphonie Orascom, dans de l’immobilier de prestige à Paris?

Philippe C. reste muet. A tel point que le procureur Holtkamp finit par s’agacer. Il lui promet un procès retentissant devant la Cour des affaires pénales de Bellinzone. Poursuivi pour blanchiment aggravé, le Français risque jusqu’à cinq ans de prison.

«On ne veut plus faire ce business»

Dans ce dossier, le rôle de Philippe C. dans le commerce de pétrole n’est pas l’aspect le moins intrigant. Le sexagénaire est associé avec le plus flamboyant trader pétrolier du Congo, Lucien Ebata, à la tête du groupe Orion Oil, basé à Chavannes-de-Bogis (VD).

En Suisse, l’un des centres du pétrole africain, certaines sociétés de négoce ne naissent et ne grandissent que grâce aux faveurs des dirigeants des pays producteurs. Orion Oil en offre un exemple particulièrement pur, que Le Temps a pu documenter.

Depuis des années, le Congo-Brazzaville de Denis Sassou-Nguesso est dénoncé pour sa gestion opaque et personnalisée de la manne pétrolière. Mais avec le durcissement des lois anticorruption, les grands traders basés en Suisse ne veulent plus travailler avec des sociétés écrans contrôlées par des dirigeants africains ou leurs familles.

«On ne veut plus faire ce business à cause du danger juridique», confirme un ancien trader qui a travaillé avec le Congo.

Un robinet du pétrole congolais

D’où l’émergence, depuis cinq à dix ans, d’une nouvelle classe d’acteurs africains. De jeunes entrepreneurs à succès, qui dirigent de vraies sociétés de trading – adieu les offshore – et disposent d’un accès privilégié aux familles présidentielles. A l’image de Lucien Ebata, l’associé de Philippe C. dans Orion Oil.

Au départ, rien ne prédestinait ce Congolais de 47 ans né à Kinshasa, juriste de formation, ancien membre du département du protocole à la présidence congolaise, à devenir un roitelet du pétrole. En 2004, Orion n’est qu’une petite structure active dans le commerce de produits raffinés. Une décennie plus tard, la société vole de succès en succès, se présentant désormais comme la «1re entreprise privée de trading pétrolier d’Afrique Centrale et de l’Ouest».

Orion Oil se profile comme l’un des principaux robinets du pétrole du Congo-Brazzaville, travaillant main dans la main avec la société d’Etat SNPC, qui lui octroierait en moyenne 8 cargaisons de pétrole brut par an, selon plusieurs sources. Un volume énorme, que le groupe revend immédiatement à plus gros que lui. Orion détiendrait aussi le monopole de fait pour l’approvisionnement en produits pétroliers du pays.

Un trader africain installé à Genève estime qu’il s’agit de «la boîte la mieux connectée au Congo-Brazzaville, en raison des liens directs qui existent entre Lucien Ebata et le président Denis Sassou Nguesso».

Dans l’organigramme d’Orion Oil figure d’ailleurs un certain Sylvain Lekaka, conseiller juridique qui occupait le même poste au sein de la SNPC et qui est cousin de Denis Christel Sassou, le fils du président qui contrôle le secteur pétrolier. Ni Orion Oil, ni Lucien Ebata n’ont répondu aux sollicitations du Temps...

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1.Posté par isidore le 17/05/2016 15:38 | Alerter
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La franc-maçonnerie est elle le danger du peuple et de l'état congolais? https://www.youtube.com/watch?v=y2E0lih6lHs&feature=share

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