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Peut-on être catholique et franc-maçon ?*


Par Famillechretienne.fr | Lundi 29 Février 2016 | Lu 1381 fois | 0 Commentaire

La franc-maçonnerie a toujours fasciné les esprits et suscité de nombreuses interrogations. Pour les catholiques, la question principale est de savoir si l’on peut-être à la fois « fils et filles de l’Église » et « Fils de la veuve ». Des textes du magistère et des ouvrages d’hommes d’Église ou d’anciens maçons répondent à cette question.



L’Église a toujours été formelle : on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon.

«S’agréger avec l’une, c’est divorcer d’avec l’autre », écrivait le pape Léon XIII à propos de l’Église et de la franc-maçonnerie (Lettre à l’épiscopat d’Italie, 8 décembre 1892). Qu’elle soit déiste ou athée, qu’elle fasse ou non preuve de bienveillance à l’égard de l’Église, elle est toujours condamnable, nous dit cette dernière.

Parce que derrière un philanthropisme de bon aloi et le masque de l’humanisme et de la tolérance se cache une doctrine qui prône le rejet de tout dogme et de toute vérité transcendante et immuable : « Pour nous, écrivait Pierre Simon, ancien grand maître de la Grande Loge, il n’existe pas de vérités éternelles, il n’y a que des traditions, constamment remises en question » (Le Monde, 1er juillet 1970).

Une doctrine qui conduit au relativisme sur le plan philosophique, moral et religieux : toutes les vérités et les religions se valent et les règles morales sont appelées à évoluer sans cesse. (Pourquoi pas, par exemple, un nouveau modèle familial reposant sur l’amour entre deux papas ou deux mamans ?...)

Cette doctrine, opposée à celle de l’Église, a pénétré la société toute entière, au point que certains chrétiens eux-mêmes ne savent plus trop « où ils en sont ».

L’Église condamne aussi le caractère « secret » (réel bien que la franc-maçonnerie cherche aujourd’hui à se donner une image de transparence) de son organisation, et l’occultisme auquel elle est intrinsèquement liée. Cet occultisme ignoré des premiers grades, et révélé au fur et à mesure que l’on monte dans la « pyramide maçonnique ».

Pour ces trois motifs au moins, les papes l’ont toujours condamnée. Leurs textes sont rassemblés dans Les Enseignements originaux des papes sur la franc-maçonnerie de 1717 à nos jours, précieux ouvrage pour qui veut approfondir la pensée du magistère sur ce sujet.

Clément XII fut le premier pape à prendre clairement position. Et ce, vingt ans après la naissance officielle de la franc-maçonnerie telle qu’elle existe aujourd’hui (1717) : en 1738, l’encyclique Humanum genus (1884). Dans des termes et avec une vigueur qui peuvent surprendre nos contemporains, il la condamne sévèrement.

Aujourd’hui, la condamnation est toujours d’actualité, mais le ton et les sanctions ont changé : dans une déclaration approuvée par le pape Jean-Paul II qui en ordonnait la publication, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi déclarait que « le jugement négatif de l’Église sur la franc-maçonnerie demeure inchangé […] Les catholiques qui en font partie sont en état de péché grave et ne peuvent approcher de la sainte communion » (déclaration du 26 novembre 1983).

Auparavant, le 12 mai 1980, l’épiscopat allemand avait publié une déclaration allant dans le même sens : cette société n’ayant pas varié dans son essence, « l’appartenance à l’Église catholique et l’appartenance à la franc-maçonnerie s’excluent mutuellement ». Cette déclaration voyait le jour après six années de conversations officielles avec la franc-maçonnerie allemande. Fruit du concile Vatican II, qui a encouragé l’Église au dialogue avec les non-croyants, cette démarche novatrice marque un changement dans la façon d’envisager les relations avec la franc-maçonnerie. Mais elle n’enlève rien au jugement de fond de l’Église.

L’esprit du concile se retrouve également dans le récent livre de Mgr Rey, Peut-on être catholique et franc-maçon ?. Dans cet ouvrage à la fois ferme et mesuré, l’évêque de Fréjus et Toulon invite les chrétiens à changer leur regard sur les personnes, et à en finir avec la « diabolisation », les « injures » et les « anathèmes », pour s’engager dans la voie du dialogue et de la charité. « Sans pour autant regarder comme dépassée l’attitude de mise en garde et de rejet de l’Église en ce qui concerne la franc-maçonnerie ». C’est peut-être grâce au dialogue (et à la prière), que pourra se réaliser la prophétie de Marthe Robin : en 1936, elle déclarait au Père Finet que « parmi les erreurs qui allaient sombrer, il y aurait le communisme, le laïcisme et la franc-maçonnerie » (in Prends ma vie, Seigneur, Raymond Perret, Desclée de Brouwer).

Les francs-maçons « repentis » sont moins enclins à dialoguer qu’à témoigner. C’est le cas de Maurice Caillet, auteur de J’étais franc-maçon et de Catholique et franc-maçon, est-ce possible ? Membre actif du Grand Orient de France pendant quinze ans, il connaît, à cinquante ans, un retournement inattendu à Lourdes, où il est venu accompagner sa femme malade. Ce maçon convaincu devient alors un chrétien fervent et courageux, qui ose témoigner, au péril de sa vie. Les ouvrages de cet ancien chirurgien vont bien au-delà de la simple confession et confirment, à leur façon, le jugement de l’Église.

Élisabeth de Baudoüin
*Cet article resté d'actualité a été publié en 2010.
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