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Photographie : pour Clidi Malanda, un bon cliché doit surprendre


Par Quentin Loubou et Edphine Dzika | Mercredi 16 Septembre 2009 | Lu 1015 fois | 0 Commentaire



Photographie : pour Clidi Malanda, un bon cliché doit surprendre
C'est la phrase qu'il prononce, sourire aux lèvres, alors qu'il vient de nous photographier par surprise comme nous entrions chez lui. Ce n'était pourtant pas un rendez-vous. Nous sommes étonnés de son accueil qui laisse présager qu'il est bien ce photographe dont on a entendu parler... Il porte au cou son appareil photo, de marque Canon, muni d'un flash additionnel. Entre deux photos, il sert quelques clients qui entrent dans son bar, acheté grâce à son travail de photographe, paisiblement installé à l'ombre d'épais manguiers.

Il n'y a pas l'électricité dans ce quartier de Madibou, appelé Kimpouomo, situé à environ dix kilomètres du centre-ville. Pourtant, les clients affluent chez Clidi, car même si la boisson n'y est pas glacée, on a l'avantage de voir l'instant immortalisé par une photo-surprise. « Voici le photographe dont je vous ai parlé. C'est ici qu'il habite depuis quinze ans. D'ailleurs, la rue porte son nom », déclare notre guide, un autre photographe, plus jeune, qui va représenter le Congo cette année à Beyrouth (Liban) aux Jeux de la Francophonie. Pendant les présentations, Clidi fait une photo, une deuxième, une troisième et une autre encore. Puis, il prend la parole : « Je suis très rapide. Je ne fais pas de mise au point, car avec l'expérience j'ai la maîtrise des distances et du temps. La meilleure photo, c'est la photo-surprise », nous racontant que cette dernière phrase lui avait été lancée par un Chinois en 1984, à Paris, où il bénéficiait d'un séjour accordé par la société Direct Film.

C'est là que l'artiste nous raconte son histoire. Celle qui a fait de lui l'un des premiers photographes congolais à avoir reçu un prix international. Nous sommes en 1984 lorsque Florent Sabin Malanda, dit Clidi, arrache le premier prix du jeu-concours organisé par Direct Film, une société française de l'image. Clidi a 27 ans cette année et réussit à convaincre le jury parmi plus de 75 000 candidats venant de plusieurs pays. « Le concours reposait sur des chefs-d'œuvre photographiques en quantités. J'ai eu le premier prix et j'ai bénéficié d'un séjour à Paris dans le luxueux hôtel Mercure », précise-t-il gaiement.

Paris a donné une bouffée d'oxygène à son travail de photographe. De retour à Brazzaville, il est devenu représentant de la société Direct Film. Il a illustré son succès par le nouveau langage acquis auprès de photographes européens, mais aussi par le nombre de magazines et de journaux qui ont parlé de lui. Pour nous en convaincre, Clidi sort quelques vieux numéros de Bingo et de Jeune Afrique, deux magazines en couleur qui paraissaient en Europe. Il nous présente également un ancien numéro de Mweti de l'année 1984, le quotidien congolais qui consacrait une page à son voyage.

La photographie, assure-t-il, venait cette année-là de lui ouvrir les portes de la vie. L'un des plus grands souvenirs de son travail qu'il continue à exercer est la maison où il habite avec sa petite famille. « Il n'y a pas de sot métier. Je suis chez moi ici, dit-il. J'ai redonné confiance aux photographes congolais. » Une confiance, semble-t-il, basée sur son personnage, que l'on cite en exemple. Autodidacte, lui qui avait commencé à photographier en attendant les résultats du bac en 1980, a en effet réussi à s'imposer comme l'un des plus célèbres : « Je n'ai pas de maître, c'est l'amour de ce métier qui a fait ma célébrité. »

Pendant ses heures creuses, Clidi, surnommé également Marlboro, donne des cours aux plus jeunes. Ces derniers découvrent la collection de photos d'archives qu'il a réussi à constituer au fil des années. Ce sont des photos-souvenirs architecturales, des portraits, mais aussi de plus récentes comme celles concernant le dernier crash d'avion à Loukanga, dans la banlieue de Brazzaville. « La photographie ne marche plus comme avant. Mais ce n'est pas pour autant que les jeunes doivent bâcler leur travail. Le secret de la réussite est dans la foi, la volonté et le courage », conclut-il, avant de nous prendre en photo. Une surprise encore alors que nous nous levions.

Brazzaville-adiac
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