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Pour Thierry Moungalla, il n’y a pas de crise post-électorale, les institutions fonctionnent bien

Conférence de presse du porte-parole du gouvernement


Par La Semaine africaine | Vendredi 15 Juillet 2016 | Lu 1357 fois | 2 Commentaires

Le ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, a donné, jeudi 7 juillet 2016, à son cabinet ministériel, à Brazzaville, une conférence de presse sur l’actualité congolaise, devant un parterre de journalistes de la presse tant nationale qu’internationale, pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale sur les faits «souvent mal interprétés, mal compris qui font l’objet de récupération malsaine et d’amplification sur les réseaux sociaux et certains médias», a-t-il dit.



Thierry Mounagalla.
Thierry Mounagalla.
De la visite d’Etat du président de la République en Chine, la convocation de la première Dame congolaise par un cabinet d’avocats américains, aux Etats-Unis, en passant par l’affaire Commisimpex et l’Etat congolais, l’arrestation du général Mokoko, la situation sécuritaire dans le Pool et le retrait du groupe Total du permis Pointe-Noire grand fond, Thierry Lézin Moungalla a martelé la position du gouvernement et pense qu’il n’y a de crise post-électorale et que les institutions fonctionnent bien.

C’était une conférence de presse directe. Thierry Moungalla n’a pas présenté de mot liminaire. Quand le présentateur, notre confrère de Télé-Congo, Rocil Otouna, a introduit les sujets qui seront abordés, la parole a été, directement, donnée aux journalistes pour les questions. Ainsi, plusieurs confrères et consoeurs, dont Bibianne Itoua, Alain Shungu, Léon Moukouri, Gervais Kitina, Arsène Sévérin, Ernest Dimi, et Martin Mvouo ont posé, successivement, leurs questions.
Pour Thierry Moungalla, «la visite d’Etat, en Chine, du président de la République, est un message fort à l’endroit de ses partenaires occidentaux qui estiment que le Congo veut privilégier la coopération Sud-Sud, au regard de la campagne médiatique négative que l’Occident mène contre le Congo et son président, depuis son élection». Il reproche aux journalistes d’avoir un «raisonnement qui consiste à opposer les relations du Congo avec l’Occident qui seraient dans un état difficile, du fait de la campagne médiatique et puis, de l’autre, l’excellence des relations avec la Chine». «Il ne faut pas que nous caricaturions les situations diplomatiques, chaque Etat a la politique de ses intérêts», a-t-il répliqué. Il a rappelé, en substance, que «la République du Congo est l’amie de tous les pays du monde; la République du Congo n’a aucune exclusive vis-à-vis de telle ou telle zone géographique du monde ou de tel groupe d’Etat dans le monde. Ça, c’est clair: nous coopérons pour des raisons historiques évidentes avec la France et de manière profonde, amicale, voire fraternelle. De même, la France étant elle-même incluse dans un grand ensemble qui s’appelle l’Union européenne, nous coopérons avec l’Union européenne et de manière tout à fait multidimensionnelle. On le voit tous les jours, d’ailleurs, il ne peut se passer une semaine sans qu’il y ait un accord qui ne soit signé entre un Etat de l’Union européenne, elle-même représentée à Brazzaville», a-t-il rappelé.
S’agissant de la situation sécuritaire au Pool, le porte-parole du gouvernement a retracé les faits concernant les actes de banditisme posés, récemment, par des groupes d’ex-combattants ninjas, contre un bus de la société Océan du Nord et des véhicules roulant entre Kinkala et Mindouli. «Je crois qu’on ne peut pas parler de problèmes politiques. C’est un problème que je qualifierai de banditisme. Parce que, manifestement, ces bandits s’en prennent à ces moyens de transport, pour essayer de manger, parce qu’ils ont faim, ils sont dans la forêt. Je crois que ce que le gouvernement peut, aujourd’hui, dire à nos frères embusqués dans la forêt, c’est de sortir de la forêt. Rien de politique, rien de juridique n’est à craindre, à partir du moment où il y a une reddition en bonne et due forme. Donc, j’appelle les ex-combattants concernés à sortir, plutôt qu’à tenter de survivre, en posant des actes qui relèvent des actions criminelles. Je les appelle à sortir de la forêt, il y en a d’autres qui sont sortis. On a suivi, il y a quelques semaines, Ramsès qui est sorti et qui est libre de ses mouvements», a-t-il dit.
Pour ce qui est de l’arrestation du général Mokoko, le porte-parole du gouvernement a dit que cette arrestation n’est pas politique, mais elle relève du droit commun, car il est reproché à l’ancien candidat à l’élection présidentielle, l’atteinte à la sûreté de l’Etat et la détention illégale d’armes de guerre. Et qu’avant son procès, il jouit du principe de la présomption en vigueur dans le droit pénal congolais.
A propos du retrait des licences du groupe Total, le ministre Thierry Moungala a expliqué qu’il ne s’agit pas «d’une décision économique, mais d’une décision de rationalité économique, par rapport à la baisse du prix du baril de pétrole. Total s’est aperçu que pour cette exploitation particulière, ces gisements particuliers, qui sont des gisements offshore, produisent très peu, d’ailleurs. Parce qu’on parle d’une vingtaine de milliers de barils, qui ne constituent pas grand-chose à l’échelle de la production nationale. Ils ont fait un calcul de rationalité, manifestement, ils se sont dits: ça risque de coûter trop cher d’investir pour l’extraction de ce pétrole, que ça ne peut rapporter. Il n’y a là que l’application, par la société Total, manifestement, des règles de rationalité économique. Si une activité, pour eux, ne peut plus être rentable, telle que c’était prévu, c’est évident qu’ils informent le gouvernement, conformément aux accords qu’ils avaient passés avec le gouvernement, leur volonté de faire autrement», a-t-il expliqué.
Concernant le dialogue inclusif auquel l’opposition tient mordicus, le ministre Thierry Moungala se dit «interrogateur sur ces formules de dialogue», parce que, selon lui, il ne voit pas quelle formule, sur le plan procédural, prendrait ce dialogue. Alors, il renvoie ses compatriotes à attendre la création du Conseil national du dialogue, tel que prévu par la Constitution du 6 novembre 2015, qui organisera des «concertations permanentes», pour «rechercher ensemble: classe politique, société civile comprise, les voies et moyens d’apaiser les éventuels climats de conflits ou les éventualités de contestations politiques ou sociales». Pour le ministre Thierry Moungalla, les institutions élues ou nommées dans le pays fonctionnent normalement, il n’y a pas crise post-électorale.
Concernant la convocation de l’épouse du chef de l’Etat par un cabinet d’avocats américain, dans le cadre de l’affaire qui oppose la société Commisimpex à l’Etat congolais, le conférencier a tenu à rectifier, complètement, les choses: il ne s’agit pas d’une assignation en justice, ce n’est pas la justice qui a convoqué Madame Antoinette Sassou-Nguesso, aux Etats-Unis, ce n’est pas la justice américaine. «Donc, il n’y a pas eu de convocation devant un tribunal, comme le prétendait une certaine opinion. Une fois qu’on dit ça, c’est déjà pour tordre le cou à l’idée qu’il y aurait une sorte de procès qui pourrait impliquer la première Dame du Congo», a-t-il clarifié. Il a longuement expliqué que chaque pays a sa tradition juridique, ses procédures précises en matière d’instruction de dossiers. «Aux Etat-Unis, par contre, quand quelqu’un est en litige avec une autre partie, ses avocats ont le droit, quand quelqu’un qui pourrait être proche de la partie contre laquelle il y a un litige se trouve sur le territoire américain, il a le droit de faire convoquer cette personne dans son cabinet à lui, l’avocat. C’est-à-dire qu’à partir du moment où la première Dame du Congo était en déplacement officiel aux Etat-Unis, les avocats de Monsieur Hojeij et de ses associés ayant appris, certainement, par la presse que la première Dame du Congo était sur le territoire américain, ils ont décidé d’obtenir l’autorisation légale, pour lui transmettre une convocation dans leur bureau. C’est ça la procédure», a-t-il expliqué.
Et sur le fond de l’affaire, le Ministre Thierry Moungala estime que cette convocation est totalement scandaleuse. «Je ne parle pas du litige qui dure manifestement depuis une vingtaine d’années entre Commisimpex de Monsieur Hojeij et l’Etat congolais. Mais parce que la première Dame n’a pas un statut constitutionnel, du point de vue juridique. C’est une coutume, une tradition internationale sur le plan diplomatique, un statut qui se rapproche de celui de son mari, de son époux, de son conjoint chef de l’Etat en exercice, qu’on doit un certain nombre d’égards qui sont liés à son statut», a-t-il dit. Pour lui, on ne peut pas demander à la première Dame, qui est une personne privée, de faire part, non seulement des biens de l’Etat qui seraient à l’étranger, alors qu’elle n’a pas vocation à les connaître, mais en plus, on lui dit qu’il faut donner les biens de tous les membres de votre famille, alors que cette dette est celle de l’Etat congolais. Dans ce cas, attaquez l’Etat congolais, simplement, au lieu d’attaquer un personne privée, fusse-t-elle l’épouse du chef de l’Etat. «D’ailleurs, le média qui s’est empressé de répercuter l’affaire, a pris soin, lui-même, le lendemain, pour dire, oui, attention la première Dame du Congo n’a rien à voir avec l’affaire, elle n’est pas en cause. Il y a quelque chose de boiteux, mais ce qui est boiteux, c’est qu’en réalité, ce n’est pas une assignation pour obtenir la vérité judiciaire ou juridique. C’est une assignation dans le cabinet de cet avocat, qui a été faite de manière vexatoire, c’est-à-dire, a été faite pour humilier les autorités du Congo», a t- il dit.
S’agissant de la justice française qui a validé la saisie des avoirs du Congo en France, le ministre Moungala a rappelé: «C’est une affaire qui est en justice, il n’appartient pas à un membre du gouvernement de la République, à ce stade, de procéder à des commentaires». Toutefois, il a indiqué que l’Etat congolais a des avocats sur ce dossier.
Signalons que Thierry Moungalla a indiqué qu’avec cette conférence de presse, la première du genre par rapport à l’actualité nationale, qui a duré près de deux heures, il inaugure une série de rencontres avec la presse, pour aborder, à chaque fois, les questions d’actualité nationale et internationale, en sa qualité de porte-parole du gouvernement. Il a promis assurer le renforcement des équipements de Télé-Congo, pour permettre à la télévision nationale de garantir une bonne retransmission de la fête du 15 août à Madingou (département de la Bouenza). De même, le journal «La Nouvelle République», organe gouvernemental, sera relancé.

Pascal-Azad DOKO
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Vos commentaires:

1.Posté par SASSOUFIT,DEGAGE le 15/07/2016 16:45 | Alerter
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Le Congo est dirigé par des malades mentaux

2.Posté par isidore aya le 16/07/2016 15:47 | Alerter
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L'intellectuel explique le monde et fournit à l'individu et à la société ; les armes du combat contre l'obscurantisme, la barbarie, le des-humanisme et la dé-civilisation (Isidore AYA TONGA) ! https://www.youtube.com/watch?v=LffpvnXV4b4

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