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Présentation d’un livre. «Un général dans la tourmente: la guerre du 5 juin 1997 au Congo» du général Anselme Mackoumbou-Nkouka


Mercredi 4 Août 2010 - 17:05


Présentation d’un livre. «Un général dans la tourmente: la guerre du 5 juin 1997 au Congo» du général Anselme Mackoumbou-Nkouka
Les observateurs attentifs de la scène politique congolaise avaient prédit la guerre de juin 1997.
Grosso modo, ils partaient de l’hypothèse qu’aucune des deux principales forces politiques en présence, la mouvance présidentielle et l’alliance U.r.d-F.d.u (Union pour la république et la démocratie) (Forces démocratiques unies) n’accepteraient de perdre la présidentielle de juillet 1997.
Le problème était de savoir à quel moment éclaterait la déflagration: avant le scrutin présidentiel ou après. Elle a finalement éclaté avant, comme on le sait, le 5 juin 1997.

Les évènements d’Owando et d’Oyo, qui firent plus d’une dizaine de morts, et provoquèrent à Owando et les contrées environnantes, la fuite de plusieurs milliers de personnes vers Oyo, servirent de catalyseur au conflit armé.

Le livre du général Anselme Mackoumbou-Nkouka, «Un général dans la tourmente: la guerre du 5 juin 1997 au Congo », est un témoignage sur la guerre de 1997, rédigé à partir de notes personnelles prises au jour le jour, durant le conflit armé. C’est le deuxième livre de témoignage sur la guerre de 1997, écrit par un officier général de l’armée, après celui du général Norbert Dabira, «Brazzaville à feu et à sang, 5 juin-15 octobre» (L’Harmattan, 1998).

Dans son témoignage, le général Mackoumbou se livre à une analyse critique, sans concession, de l’homme d’Etat Pascal Lissouba et de la politique de son régime. Deux remarques au moins viennent à l’esprit d’un lecteur qui se voudrait quelque peu objectif.

La première: l’auteur affirme que l’application, par Pascal Lissouba, de l’article 75 de la constitution de 1992, suite au basculement, en septembre 1992, de la majorité parlementaire en faveur de l’alliance
U.r.d/P.c.t et apparentés, aurait entraîné la mise en place d’un «exécutif à deux têtes» qui se serait avérée salutaire pour la construction de l’unité nationale. Cet exécutif à deux têtes aurait suscité, dans le même temps, un climat d’émulation au sein de l’appareil gouvernemental.

Un exécutif bicéphale eut-il été, réellement, une solution à la crise politique de novembre 1992?

La deuxième remarque: mettant en exergue l’idéologie «régionaliste» de Pascal Lissouba, l’auteur écrit que dès 1964, alors que ce dernier était premier ministre, il «privilégie le renforcement des équipements et les investissements dans les pays du Niari, dont il rêvait d’en exercer le leadership». Il y eut un débat du temps du M.n.r (Mouvement national de la révolution) sur la stratégie de développement économique que devait suivre le Congo. Deux tendances se dessinaient: une tendance à laquelle se rattachait effectivement Pascal Lissouba, qui défendait l’idée qu’il fallait développer la vallée du Niari en raison de l’existence d’un tissu industriel naissant et de son potentiel agricole, afin de faire de cette région un pôle agro-industriel qui permettrait le développement des autres régions par effet d’entraînement.

L’autre tendance à laquelle se rattachait Ambroise Noumazalaye, l’autre chef de file de la gauche du M.n.r, aux côtés de Pascal Lissouba, posait plutôt le problème du développement en termes de réduction des disparités régionale entre le Nord et le Sud. L’option de Pascal Lissouba, donc, ne renvoyait pas à une vision ethnocentriste du développement, mais à un choix mûrement soupesé.

Le témoignage du général Mackoumbou-Nkouka nous rappelle que les deux principaux protagonistes du conflit furent cohérents dans leur démarche politique respective: pour le président Pascal Lissouba, l’objectif était de s’accrocher bec et ongles au pouvoir, quant au général Denis Sassou Nguesso, il s’agissait de reconquérir, au prix fort s’il le fallait, le siège de la magistrature suprême perdu après la conférence nationale souveraine.

Entre les deux, la position du président du M.c.d.d.i ne cessa, par contre, d’osciller en fonction des circonstances. «Le 3 juin 1997, écrit le général Mackoumbou, dans le grand secret, au domicile de Bernard Tchimbambéléla (…), il signe avec Sassou-Nguesso un accord, en fait, une alliance militaire pour s’opposer à Lissouba. Dans cet accord, Sassou devait fournir l’argent et l’armement. Ce qui fut fait».
Mais, lorsque les hostilités militaires vont commencer, Bernard Kolélas accède à la présidence de la médiation nationale. Puis le 8 septembre 1997, le voilà nommé premier ministre du gouvernement Pascal Lissouba, à la surprise de bon nombre de ses militants et alliés.

Dans l’entre temps, naissait l’E.r.d.d.u.n (Espace républicain pour la défense de la démocratie et de l’unité nationale), qui avait réclamé sa désignation au poste de premier ministre. Or, le président du M.c.d.d.i était toujours censé appartenir à l’alliance U.r.d-P.c.t et apparentés, avec laquelle il n’avait pas rompu officiellement.

Aux yeux de bon nombre d’observateurs, l’entrée au gouvernement de Bernard Kolélas paraissait incongrue. «Et pourtant, l’ambassadeur de France au Congo, son excellence Césaire, lui avait dit sans ambages, que la France avait choisi Sassou comme l’homme de la situation congolaise. Il lui avait demandé de faire le bon choix».

L’auteur nous remet en mémoire les faux pas de la politique étrangère du régime Pascal Lissouba: à l’occasion du 36ème anniversaire de l’indépendance du Congo, le 15 août 1996, Jonas Savimbi, le leader de l’Unita, est invité à la tribune officielle du défilé militaire et civile, boulevard des armées, au grand déplaisir du président Dos Santos. Et en mai 1997, alors que les troupes de L’A.f.d.l (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) de Laurent-Désiré Kabila, fortement appuyées par le gouvernement des Etats-Unis, se trouvent dans les parages de l’aéroport de Djili, à Kinshasa, Pascal Lissouba choisit d’apporter son soutien au président Mobutu, «pourtant très affaibli militairement, politiquement, diplomatiquement et très malade.

Le 17 mai, Kinshasa tombe. Mobutu chassé du pouvoir se réfugie au Maroc, pour un exil sans retour».


Présentation d’un livre. «Un général dans la tourmente: la guerre du 5 juin 1997 au Congo» du général Anselme Mackoumbou-Nkouka
Dès le début des hostilités, le général Mackoumbou ainsi que son confrère, le général Nkakou-Bakebongo et la majeure partie des officiers supérieurs du Pool décidèrent de ne pas s’impliquer dans le conflit. Cependant, ils ne restèrent pas neutres ainsi que le précise l’auteur. Ils voulurent créer une unité militaire composée de militaire du Pool qui serait chargée d’encadrer les Ninjas de Kolélas, d’assurer la sécurité de Brazzaville-Sud et de restreindre les mouvements des militaires et miliciens loyalistes dans cettezone.

Une autre de leur idée était «d’empêcher le ravitaillement en armement des troupes gouvernementales par le chemin de fer. Pour cela, il fallait bloquer les trains en gare de Matoumbou, à 80 kilomètres de Brazzaville; fermer Brazzaville-Sud aux Cocoyes. C’est dans cette zone de la ville que ces éléments venaient se ravitailler en denrées de toutes sortes». Toutes ces initiatives, déclare le général Mackoumbou, «aurait pu tempérer les ardeurs belliqueuses de Lissouba et de ses officiers et permettre ainsi une meilleure chance de solution négociée de la crise». Mais, la question que voici ne peut être éludée: de telles initiatives, à supposer qu’elles aient été menées avec la meilleure des intentions, n’auraient-elles pas abouti, in fine, à l’affaiblissement d’un camp au profit de l’autre?

Le témoignage du général Mackoumbou contient une galerie de portraits des principaux acteurs militaires des F.d.p (Front démocratique et patriotique), l’organe militaire des F.d.u (Forces démocratiques unies). Sont, donc, portraiturés pour mieux éclairer notre lanterne, avec leur grade du moment: le général de brigade Norbert Dabira, le colonel Pierre Oba, le colonel Yves Motandot, le colonel Gilbert Mokoki, le colonel Léonard Essongo, Jean-Marie Tassoua, autrement dénommé «général Giap» qui restera célèbre dans l’histoire de la guerre de juin 1997, pour avoir autorisé, dès le 15 octobre, les Cobras à piller les quartiers Sud de Brazzaville, pendant deux jours, en guise de salaire et de récompense pour les sacrifices consentis.

Le général Mackoumbou nous livre un témoignage honnête et courageux de la guerre de Juin 1997. Il avait annoncé dans les pages liminaires de l’ouvrage, qu’il assumerait sa part de mémoire; c’est réussi, au bout du compte. A lire.

Jean José MABOUNGOU (La Semaine africaine)

SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par jean joseph le 05/08/2010 18:47 | Alerter
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tout ceci n'est que mensonge,un militaire est fait pour defendre la patrie et la democratie,ce n'est pas en restant neutre que vous vous etes engage dans l'arme.vous avez trahis la nation en remetant le pouvoir a un dictateur.et vous ecrivez un livre pour nous distraires. entre temps, il ya eu des milliers des hommes mort a cause de votre lachete.vous etes un pietre soldat sans vergogne,tot ou tard vous finirez tous en enfer.bande de lache.que le diable vous emportes,vous et vos amis assassin du peuple.

2.Posté par lipemgou serge le 05/08/2010 23:52 | Alerter
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L'objectif d'un tel aurait bien été de demander le pardon du peuple et éclairer en toute honneteté l(histoire. Mais je constate sans avoir lu le livre certe, que les propos rapportés dans ce texte laissent pensé que ce général nourri une haine à l'égard de Lissoumba. A tort ou à rasion, un livre doit éduquer et non déverser des mensoges et des conneries. Si vous aviez perdu la guerre d'autres généraux comme vous aurez fait parail. Mais franchement il est clair pour vous que le pouvoir actuel a bien fait de trainer le pys dans la guerre, avec des milliers de morts. C'est vraiment dommage pour quelqu(un que des enfants liront demain. Que dites vous de ce qui se passe actuellement au Congo, ces discrimination,s à l'égards du sud ou de ceux qui ne soutiennet pas le groupe actuel?
vraiment dommage que cette région ai beaucoup souffert, ait été martyrisé avec souvent le soutien de ses propores fils ou l'ignorances de certains.
Ecrivnons pour éduquer et non mentir

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