Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Princesse Joss Kalim : « La musique congolaise est prédominée par les guitares et les animations au détriment des textes... »


Par AEM | Mardi 24 Janvier 2012 | Lu 1198 fois | 0 Commentaire



Princesse Joss Kalim : « La musique congolaise est prédominée par les guitares et les animations au détriment des textes... »
Chez cette chanteuse à la renommée internationale, tout est métissage. De ses origines jusqu’à sa musique et à ses rêves et projets artistiques, Princesse Joss Kalim brasse tout ce qui se présente sur son itinéraire artistique. Le tout avec talent et une lucidité qui lui évite l’enfermement et le ronronnement d’une rumba congolaise qui se refuse au renouvellement. Entretien exclusif pour Afriqu’Échos Magazine (AEM).

AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : Comment doit-on vous présenter ?

PRINCESSE JOSS KALIM (PJK) :
J’aime me présenter comme une artiste multidimensionnelle parce que je suis un touche-à-tout ; je suis chanteuse, danseuse, actrice, chorégraphe. Je suis également dans l’événementiel. Mon nom est Princesse Joss Kalim mais connue à Kinshasa sous le nom de « La Grande », le nom de scène que Papa Wemba m’a donné.

AEM : Pouvez-vous nous narrer vos débuts ?

PJK
: Déjà toute petite, je faisais la diva en imitant les grandes chanteuses. Je me souviens qu’à 13 ans, j’avais intégré mon premier groupe. Clandestinement puisqu’à l’époque ma famille ne pouvait pas accepter que je fasse la de musique. Ce groupe s’appelait Harambe et nous avions participé à un concours dont nous sommes sortis quatrième. Par la suite, on m’avait envoyée au Cameroun poursuivre mes études. Là j’ai intégré un groupe scolaire au niveau de la terminale. Après, j’ai intégré des groupes professionnels. J’ai eu la chance de jouer avec Richard Bona, mondialement connu aujourd’hui ; j’ai travaillé avec Eboa Lotin, juste avant sa mort. On avait un projet d’enregistrement, malheureusement la mort l’avait surpris et ledit projet n’a pu se réaliser. Je travaillais en tant que choriste avec pas mal de musiciens camerounais tels que Papillon. Tout récemment, j’ai travaillé avec Papa Wemba dans son album « Notre Père ».

AEM : Comment avez-vous intégré le groupe de Papa Wemba ?

PJK
:J’ai toujours rêvé de travailler avec lui car c’est l’un de mes chanteurs préférés. Pour moi, c’est le meilleur. J’ai longtemps interprété ses chansons puisqu’avant de faire la carrière solo, je faisais les cabarets. Lorsque je suis venue à Kinshasa, c’était sur invitation de Barly Baruti qui m’avait présentée à Papa Wemba et le courant était vite passé entre nous. Il était venu m’écouter puisqu’il avait apprécié ce que je faisais et il m’a fait la proposition d’intégrer son groupe pour encadrer les jeunes chanteuses. Et je me suis dit pourquoi pas ?

AEM : Qu’est-ce que la participation dans l’album « Notre Père » vous a apporté ?

PJK
:Je n’ai jamais fait partie d’un groupe tel qu’ils sont organisés en RDC. Au Cameroun et ailleurs où j’ai été, ce n’était pas le même genre. J’avais envie de vivre l’expérience d’évoluer dans un grand groupe congolais et de voir de l’intérieur comment les choses se passent. Et l’occasion m’a été offerte par Papa Wemba de porter ma voix dans les chansons « Six millions ya ba soucis » et « Mima ». J’ajouterai, parallèlement, que je menais ma carrière solo donc j’étais partagée entre mes propres concerts et accompagner Papa Wemba et son groupe. C’était une expérience enrichissante.

AEM : Après cette expérience, qu’êtes-vous donc devenue ?

PJK
:Je continue mes prestations avec mon groupe et en même temps, je prépare mon propre album.

AEM : On vous reproche de jouer plus de la musique étrangère et pour un public majoritairement étranger pour ne pas dire occidentalisé…

PJK
:Je dirais que je suis une chanteuse qui a cette richesse-là, c’est-à-dire le métissage culturel. J’ai eu plusieurs influences ; ce qui fait que je peux facilement partir du jazz au blues en passant par la Bosa latina, le Zouk et la rumba. Donc, je fais tout simplement le choix par rapport à l’image que j’ai voulu donner en RDC. Ici, tout le monde fait de la rumba, du ndombolo. C’est un terrain glissant dans la mesure où je le trouve trop simple. Avec le temps, cette musique a perdu beaucoup de crédibilité et je ne me retrouve pas dans cette musique. Les artistes ne font plus de bons textes mais ce qui prédomine c’est plus des guitares et des animations. J’avoue que je ne m’y retrouve pas. C’est peut-être aussi une question d’âge parce que je dois avouer qu’à un certain moment je le faisais parce que le public en demandait. Il faut également dire qu’on se retrouve dans un système macho où les hommes règnent en maître et où les chanteuses sont reléguées à de petits rôles de choristes et qu’on peut facilement s’en débarrasser selon leur bon vouloir. Donc, il est plus que temps que les femmes puissent s’affirmer. La musique congolaise est riche et je trouve un peu dommage qu’on présente au monde seulement ce côté-là. Aujourd’hui, on a l’impression, quand on a écouté une œuvre, de l’avoir déjà écoutée. Et à l’ère de la mondialisation, on doit s’ouvrir au monde. J’ai la capacité de passer d’un rythme à un autre. C’est pourquoi je joue une musique variée avec plusieurs influences pour que les gens découvrent mon vrai visage. Je fais une musique du monde de part mon identité. Je suis née d’un père Congolais et d’une mère Camerounaise. Les deux issus de plusieurs métissages. J’ai grandi entre la Belgique, la Hollande, la France, le Cameroun et le Congo-Kinshasa. Quoi que l’on dise, tous ces métissages sont en moi et font ma personne. Dans ma musique, on retrouve forcément tout cela.

AEM : Quels sont vos projets ?

PJK
:Il est prévu un featuring avec Papa Wemba. C’était mon idée de départ avant d’intégrer son groupe. J’ai fait des voix dans l’album d’Evoloko Joker et dans celui de Wazekwa. J’ai participé dans l’album sur la paix au Congo aux côtés de Papa Wemba, Bozi Boziana et tant d’autres artistes. J’ai envie de travailler avec des artistes comme Jean Goubal, Lexxus, Pépé Manuaku, etc. J’ai soif de tous ces mélanges et les gens vont se retrouver dans mon album.

AEM : Quelles seraient les chanteuses qui vous ont inspirée ?

PJK
:Il y’en avait beaucoup et il y’ en a encore autant qui m’inspirent aujourd’hui. Je commencerai par Abeti Masikini, Myriam Makeba, Tina Turner, Diana Ross, Dona Summer, Nina Simone et plein d’autres. |

Propos recueillis par Herman Bangi Bayo
Lu 1198 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes