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RDC : Debaba et Bimi OMBALE ont tiré leur révérence dans des conditions assez difficiles


Par SDC, Starducongo.com | Dimanche 8 Mai 2011 | Lu 3195 fois | 0 Commentaire



Bimi Ombale [gauche, méconnaissable], Doudou Adoula et le Pdt Jossart Nyoka
Bimi Ombale [gauche, méconnaissable], Doudou Adoula et le Pdt Jossart Nyoka
L’univers musical congolais a été doublement endeuillé en l’espace d’une semaine. Deux chanteurs de charme ont quitté le monde des vivants. Il s’agit de Debaba, de son vrai nom Dieka Mbaki Claude, et de Bimi Ombale.

Debaba El Shabab, devenu frère Debaba après sa conversion au christianisme, s’est éteint dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 avril à la Clinique Ngaliema à Kinshasa, terrassé par un accident vasculaire cérébrale (Avc). Le chanteur n’a pas résisté à une deuxième attaque après avoir piqué la première crise du genre il y a un an, amené à l’époque en Afrique du Sud pour des soins appropriés. Après avoir été retenu à la clinique Ngaliema pendant deux semaines, Debaba a été autorisé à poursuivre le traitement de kinésithérapie à domicile pour diminuer les séquelles fonctionnelles causées par la dégradation d’une partie du cerveau non oxygénée durant l’attaque, avait-on indiqué. C’est après une soudaine rechute, qu’il a été rapidement acheminé à nouveau à la même clinique Ngaliema, avant de rendre l’âme dans la nuit. La nouvelle a fait le tour de la capitale avant de se répandre à travers le monde.

L’on apprend que le chanteur a lancé des Sos pour sa prise en charge médicale afin d’aller se faire soigner à l’étranger. Mais sans visiblement, son appel n’a pas eu d’écho favorable. Une fois de plus, un chanteur congolais tire sa révérence dans des conditions assez difficiles.

Debaba n’a pas eu le temps d’apprécier l’album de son fils Detou Debaba qui a, lui aussi, avec la bénédiction de son père, embrassé la carrière musicale depuis 2009. Résident à Paris, ce dernier est justement sur le point de lancer son premier opus à partir de la capitale française.

DEBABA…

Né en 1961 à Kinshasa, Debaba grandit entre les communes de Barumbu et Kinshasa. Selon le chroniqueur Jeannot Ne Nzau Diop qui a personnellement connu le chanteur, Debaba fait ses débuts dans l’art d’Orphée au sein de Sakana Musica, un groupe de son quartier. Ensuite, il se retrouve en 1975 dans l’orchestre Kanako d’un certain Tonton Butshe dans la commune de Kinshasa. A l’époque, il est encadré par son ami Derval, un des grands paroliers de la musique congolaise, et de son ainé Lele Nsundi alors guitariste soliste au sein de l’ensemble Kiam de Verckys Kiamuangana Mateta.

A la fin des années 1970, Debaba et Derval se rendent chez Papa Wemba qui vient de fonder Viva la Musica. Derval a écrit les paroles de la chanson « Elu Sharufa » ; et avec Debaba, ils chantent en présence de Papa Wemba, confie Jeannot Ne Nzau. Le leader de Viva la Musica est impressionné par la voix limpide et aiguë de Debaba. C’est ainsi qu’il intègre Viva la Musica. Il fait partie des têtes d’affiche du Village Molokaï jusqu’à sortir un tube inoubliable, « Abidjan» en 1981, morceau chanté en compagnie d’un autre chanteur de charme de l’époque -aujourd’hui converti aussi au christianisme-, Bengali Petit Prince, de Fanfan de Molokaï et de Maray Maray. On retrouve à la guitare le virtuose Nseka Huit Kilos et à la percussion (lokole) Itshiari.

En 1982, Viva la Musica fait face à un schisme. Debaba et Bipoli fondent Victoria Eleison, soutient Jeannot Ne Nzau et ils font appel à Kester Emeneya. L’on retient cette phrase de Debaba pour marquer sa détermination à la nouvelle aventure : « Je préfère aller vendre des tomates plutôt que de revenir dans Viva la Musica ! ». Et il n’a jamais regagné le groupe cher à Papa Wemba. Une fois de plus, il va se séparer de ses amis de Victoria Eleison pour monter, en compagnie de Koffi Olomide et Lele Nsundi en 1983 l’orchestre Historia Musica. Le groupe va exister l’espace d’un matin avec l’album «Sauvetage » qui contient, entre autres, la chanson «Eulalie maman Lomé ». Koffi Olomide va quitter le groupe, laissant Debaba et Lele Nsundi qui vont ensuite appeler le groupe Historia Esthétique. Mais Lele Nsundi va choisir de s’exiler au Gabon où il est décédé quelque temps plus tard.

Resté seul, Debaba intègre Choc Stars de Ben Nyamabo toujours en 1983 où il retrouve Lassa Carlito (aujourd’hui chanteur chrétien), Djuna Djanana wa Mpanga ancien de Viva la Musica et de Langa Langa Stars, Nzaya Zayadio, Bengali Petit Prince (parti lui aussi de Victoria Eleison), etc. Il y connait un succès éclatant avec des chansons telles « Engombe », « Celio Déclarant », « Futi », « Libala ya bosembo », Type », « Zikondo », « Pressé te », « Terminus », « Mokolo Mosusu » (écrit par Sedjoka), et pose sa voix dans d’autres morceaux comme « Jardin de mon cœur » du guitariste Roxy Tshimpaka, « Riana » et « Kelemani » de Ben Nyamabo, « Mbuma Elengi » de Djuna Djanana, « Mauvais souvenir » de Lassa Carlito.

FRERE DEBABA…

En 1995, Debaba prend la décision de servir Jésus Christ et se fait appeler Frère Debaba. Il chante en featuring avec une jeune chanteuse chrétienne à l’époque, Marie Misamu, la chanson «Mon Dieu qui me connaît » contenu dans l’album Kitalatala ya Roi. En fait, frère Debaba permet la chanteuse de se révéler au grand public.

En 2002, il sort l’opus « Musamalia » qui contient six titres : « La conversion », « Réconciliation », « Libala », « La Croix », « Louange à Dieu » et « La Divinité ». Chantre, Debaba est également devenu évangéliste, prédicateur et apôtre. Il apprêtait l’opus « La sagesse de Dieu » et était à la recherche d’un éventuel producteur lorsque la mort l’a arraché à l’affection de la famille musicale congolaise, à l’âge de 50 ans. Paix à son âme.

BIMI OMBALE QUITTE LE MONDE DES VIVANTS…

L’on était encore sous le choc de la disparition tragique de Debaba, quand on a appris le décès de l’artiste musicien Bimi Ombale. Il a piqué une crise de tension, amené en urgence à la clinique Ngaliema, il est mort le jeudi 28 avril 2011. Plongeant le monde musical congolais dans la consternation.

Né en 1952, Bimi Ombale commence sa carrière chez Le Zézé, un groupe de musique pop et jerk en 1968, à seulement 16 ans comme drummer. En 1970, il se retrouve dans Zaïko Langa Langa. Le jeune artiste tient à chanter, mais dans ce groupe de jeunes qui vient de se créer, on ne lui accorder pas cette chance, à moins de garder ces baguettes. Bimi Ombale sonne le glas et s’en va dans le groupe Tabu national. Lors d’un concert de concurrence entre son groupe et Zaïko, Bimi Ombale exécute la chanson « Josée Lina » et s’en tire avec un immense succès grâce à sa voix mélodieuse, faisant éclipser le grand Zaïko.

L’un des fondateurs de Zaïko, DV Moanda, ne résiste pas face à ce pur talent de l’art d’Orphée et courtise le jeune artiste à réintégrer Zaïko, cette fois comme chanteur. « Josée Lina » est d’ailleurs le premier titre qu’il enregistre sous le label de Zaïko en 1971. A partir de ce moment, Bimi Ombale va rester dans ce groupe phare des jeunes jusqu’à la dislocation de 1988. Pendant pratiquement 19 ans dans Zaïko Langa Langa, il va sortir plus de 70 chansons qui vont faire tabac. On peut citer « Mwana Wabi », « Zena », « Mizu », « Jolibai », « Mbelego », « Mvuanza », « Misolina », « La Blonde », « Sandralina », etc. En trio avec Nyoka Longo et Papa Wemba (Nyobiwe), il chante « Mimie la Rwandaise », « Lolie Andy », etc. « On l’appelait le réparateur des cœurs brisés. C’est avec lui que Zaïko a livré des concerts au dancing Faubourg où la junte féminine avait accès gratuit. Il fut idole des filles », témoigne Jeannot Ne Nzau.

A la séparation du groupe en 1988, Bimi Ombale fait partie de la majorité des musiciens qui forment Zaïko Familia Dei. En 1989, le nouveau groupe mobilise les attentions avec le titre éponyme « Oiseau », du nom de l’album. Mais le groupe ne dure que le temps de l’album et les musiciens se dispersent lors d’une tournée européenne. En 1990, Bimi Ombale crée l’ensemble Basilique Loningisa et sort l’album « Bweta ».

SA CONVERSION

Ensuite, il enregistre l’opus « Bal de match », avant de se convertir lui aussi au christianisme. En 2000, son premier album chrétien, « La résurrection » est sur le marché, Bimi Ombale prend ses distances avec son ancien monde. « Mais avant sa disparition soudaine, il s’apprêtait à réaliser les clips de ses anciens succès », rapporte Jeannot Ne Nzau.

Deux figures de proue de l’art d’Orphée de la RDC viennent de tirer leur révérence, presqu’au même moment. Etrange desetin quand même !

Par Martin Enyimo (Kongotimes)
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