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RDC : Félix WAZEKWA remet la pendule à l’heure


Par | Mardi 19 Juillet 2011 | Lu 767 fois | 0 Commentaire



Félix WAZEKWA
Félix WAZEKWA
Je n’ai pas de problème avec la Maison Schengen. Seulement le problème, lorsque les musiciens sont allés chercher les visas et qu’ils n’ont pas eu et on a dit qu’ils ont cassé les vitres. Comprenez que le refus d’un visa doit être motivé.

S’Grave Félix Wazekwa, patron de l’orchestre « Cultur’A Pays Vie » est de retour à Kinshasa depuis la semaine dernière. Il revient ainsi du vieux continent où il vient de séjourner pendant plus d’une année. On se rappelle que son absence à Kinshasa a été l’objet de plusieurs controverses. Aussitôt débarqué, il a bien voulu nous accorder l’interview que nous publions ci-dessous et, à travers laquelle, il a essayé de remettre la pendule à l’heure, par rapport à tout ce qui était dit autour de son nom. Suivez-le à travers ce jeu des questions-réponses :

Avenir Détente : Comment allez-vous après l’accident que vous avez connu en Europe ?

Félix Wazekwa :
Oui, maintenant, je peux dire que je me porte très bien. D’ailleurs, c’est par recommandation de mon médecin que j’ai pu me déplacer. Je l’ai même revu la veille de mon voyage, donc tout se passe bien. Je suis très content d’avoir retrouvé ma santé. C’est pourquoi j’ai organisé des séances de répétition du lundi au vendredi pour préparer nos prochaines productions et, du coup, commencer les travaux du prochain album « Adamu na Eva ».

Pouvons-nous connaître l’état de santé de l’orchestre « Cultur’A Pays Vie » ?

Je suis très content et je remercie le bureau qui a pu abattre un travail conséquent dont le directeur Senghor Kalé Ntondo, le fils d’un de vos collègues, puis M. Guillain Sumayidi qui est le porte-parole et chargé de production ainsi que le vieux Miko Extra Terrestre qui est mon Conseiller. Les trois constituent le bureau. Je suis très content du travail qu’ils ont abattu. Je remercie aussi Pichou Concorde, chef d’orchestre qui a pu garder le groupe dans des bonnes conditions. Je suis très content aujourd’hui de retrouver des gens qui sont motivés et qui sont d’ailleurs avancés dans la préparation du prochain album « Adamu na Eva », les jeunes qui ont créé de nouveaux pas de danse. Bref, je suis très content d’autant plus que l’orchestre est resté en activité.

Avant votre départ en Europe, il y avait une affaire qui pendait sur vos épaules telle une épée de Damoclès, comment vous vous en êtes sorti ?

Il y avait ce problème avec les Belges et je devais comparaître. C’est-à-dire que la justice belge voulait m’entendre sur le dossier concernant les gens qui quittent nos groupes et qui fuient en Europe. Heureusement que cela était sorti dans un journal belge et que j’ai été contacté par des gens habitant en Belgique. Je leur ai demandé de me trouver un Avocat dont Me Claude Kayembe, ainsi que Me Eddy Kiaku. Les deux ont pu faire les démarches au niveau de la Belgique en commençant par faire opposition par rapport à la condamnation et puis, le Tribunal avait fixé une date, le 22 septembre, pour m’entendre. Il fallait que je parte pour qu’on puisse m’entendre si non ç’allait être considéré comme une fuite. Donc, j’ai affronté ce problème.

Ce que je peux encore dire laconiquement, le 20 octobre 2010, le jugement a été rendu et j’ai été condamné à deux années avec sursis et il n’y avait plus d’amendes à payer. Il faut vous dire que dans le cas contraire, il fallait payer 55 millions d’Euros d’amende, c’est quand même beaucoup. Cela pour dire que depuis le 20 octobre 2010, je n’ai plus de problèmes avec la police belge sauf que je suis en sursis, c’est-à-dire que je suis en observation. Donc je peux amener mon groupe en Europe, mais la condition pour les belges est que si quelqu’un arrivait à s’enfuir là, sans jugement le sursis prendra fin et je vais devoir faire la prison.

Félix Wazekwa a-t-il de problème spécifique avec la Maison Schengen ?

Non, je n’ai pas de problème avec la Maison Schengen. Seulement le problème, lorsque les musiciens sont allés chercher les visas et qu’ils n’ont pas eu et on a dit qu’ils ont cassé les vitres. Comprenez que le refus d’un visa doit être motivé. Donc si on vous refuse un visa, vous avez le droit de contrattaquer l’Ambassade. Cela veut dire qu’on ne peut pas refuser un visa à quelqu’un par ses propres sentiments. J’avais, de ce fait contacté la justice belge après le refus de notre dossier par la Maison Schengen et après vérification, la justice avait condamné ou, mieux, a intimé l’ordre à la Maison Schengen de nous donner les visas. Et nous ne comprenons pas pourquoi, jusqu’aujourd’hui, on nous a refusé ces visas qui sont nos droits...
La Maison Schengen est une institution, mais nous aimerions savoir si S’Grave n’a pas eu des démêlées avec Mme Katarina ?

Non ! Je n’ai aucun problème avec cette dame que je dois respecter vue sa position. De même, elle seule ne peut jamais décidé sur un dossier. C’est une décision collégiale…

Comment jugez-vous les actions que les congolais de la diaspora qui se recrutent parmi les « Bana Congo » en France, les « Combattants » en Belgique et les « Résistants » en Grande Bretagne, sont en train de mener vis-à-vis des artistes musiciens de chez nous qui vont jouer en Europe ?

C’est qu’il faut d’abord retenir, c’est le fait que toute guerre finit par se terminer. Mais, je pense que nos frères, s’ils sont en colère, c’est qu’il y a un problème. Je veux par là dire qu’ils ne sont pas d’accords sur un certain nombre de choses. La meilleure façon, c’est de s’asseoir autour d’une table et parler. C’est un problème politique, nous ne sommes que des victimes. C’est aussi comme quelqu’un qui se met en colère et casse ses assiettes parce qu’il est en colère mais, il n’a pas de problème avec ses assiettes, malheureusement ce sont elles qui payent les frais. Vraiment, nous n’avons pas de problèmes comme ça avec les Combattants, les Résistants ou les Bana Congo. Ils ont simplement cherché les cibles pour faire passer leur message, c’est pourquoi, ils ont pensé aux musiciens et voilà leur message est passé… Je demande seulement qu’il y ait des pourparlers pour que nous aboutissions à une solution.

Félix Wazekwa a-t-il changé d’étoffe ? Hier, nous l’avions connu comme un infatigable parolier qui donnait des chansons aux autres, aujourd’hui qu’il a un groupe bien assis, continue-t-il a le faire ou non ?

Maintenant, c’est difficile de donner des chansons aux autres. J’ai mon propre groupe et j’accorde beaucoup de temps à écrire mes propres chansons pour enrichir mon propre répertoire. Il faut dire que par rapport aux chansons, par rapport aux compositions, nous avons aujourd’hui un problème très sérieux qui fait que nos aînés comme Tabu Ley, Franco, Lutumba Simaro, Papa Wemba ainsi que Kester Emenaya, le groupe Zaiko avec Nyoka Longo ont mis la barre tellement haute qui fait qu’actuellement, il est difficile de faire les chansons comme ces gens-là. Il n’y a rien que nous pouvons faire aujourd’hui qu’ils n’ont pas fait. Tout ce que nous pouvons faire avec la guitare, c’est du déjà fait… Ceux que je viens de citer sont des génies qui ont énormément produit dans notre musique si bien que ce qui se fait nous plonge inéluctablement dans la monotonie.

Une certaine opinion soutient que les artistes musiciens congolais utilisent les filles qui dansent au sein de leurs groupes pour les exposer dénudées au devant de la scène pour se faire de l’argent. Qu’en pensez-vous ?

Moi-même j’apprends cela à travers votre question. Je ne pense pas que nos groupes soient des entités qui organisent la prostitution. Mais, seulement, il faut reconnaître que dans certains groupes, lorsque les filles dansent, elles sont, souvent, en tenues légères et même les gestes qu’elles font ne sont pas de bonne nature, je dois le reconnaitre. Je reconnais aussi que dans certaines de nos chansons – je dis bien nos chansons, parce que je suis aussi musicien – on y trouve des paroles vraiment immorales et c’est regrettable.

Retenez aussi que dans notre culture, lorsqu’on danse, on met en exergue l’aspect combat et l’aspect sexuel et, malheureusement, de nombreux pas de danse sont faits sous ces deux aspects-là. Ce qui fait que maintenant, avec la mondialisation, c’est un comportement qui n’est plus apprécié. La télévision est regardé par toute la famille et quant un film commence, une partie d’une autre génération est obligée de quitter le salon par pudeur.

Y-a-t-il en Europe des artistes musiciens qui ne vivent que de la musique. Si vous pouvez nous en citer quelques uns ?

Je ne sais si je peux répondre à cette question d’une façon aussi claire. Mais, il faut vous dire que quelqu’un qui est connu en Europe comme musicien, ne fait que de la musique parce qu’il n’a pas le temps de faire autre chose. Les répétitions, les concerts, les albums à faire tout ça vous prend tout le temps. J’en connais comme le jeune Awilo Longomba, comme Lokwa Kanza, Ray Lema qui sont en Europe et qui ne font rien d’autre que de la musique. Ce qui est aussi mon cas. En Europe, je ne fais plus autre chose. Mais, je peux créer une activité juste pour avoir un peu d’argent mais, je reste musicien à part entière…
On a annoncé que « Cultur’A Pays Vie » devait se rendre en Afrique du Sud pour une production dans les installations « Chez Ntemba » est-ce vrai ?

Franchement, je vous dirai que je n’ai pas des contacts spécifiques pour ce concert. Je sais que je suis en contact permanent avec M. Jean René Golo de la Maison « JRG Production » pour des concerts en Afrique du Sud.
Un album en vue ?


Effectivement, nous préparons un nouvel album qui va s’intituler « Adamu na Eva », parce que comme vous le savez, la vie de l’artiste est traversée de plusieurs problèmes. Je viens de passer un temps vraiment qui me fait penser à Jéhovah, qui me fait penser à l’amour que nous devons nous vouer les uns les autres et qui me fait penser à beaucoup de choses. C’est pourquoi j’avais fait « l’album « Mémoire ya Nzambe » et bientôt dans les bacs les mélomanes trouveront notre nouvel opus baptisé « Adamu na Eva ». Cela, surtout pour vous dire que tous ici sur la terre, nous sommes les enfants d’un même Père qui est Adam et d’une même Mère qui est Eve. Nous devons vivre en harmonie. Or, au tour de nous, nous avons tendance à considérer les autres comme étant des étrangers, ce n’est pas vrai, nous venons tous de mêmes parents. Ne considérons pas la multiplicité des langues. Je suis dans l’optique des choses que je vais dire et je vais de ce fait prodiguer des conseils aux gens.

Une dernière préoccupation ?

Oui ma préoccupation est celle de présenter mes condoléances à toutes les familles qui ont perdu les leurs dans le crash de « Hewa Bora » du vendredi 8 juillet. Cela pour dire que l’avion n’a pas encore été fini. Les voyages que nous effectuons ne sont que des rodages que nous faisons. Ce n’est pas possible de croire que quelqu’un qui paie son billet pour voyager, paye sa mort.

Dans le cas de notre pays, j’ai même proposé aux autorités si on ne peut pas payer les billets à l’arrivée comme c’est le cas avec des bus, cela par rapport au nombre des crashs dans notre espace. J’ai aussi pensé pour tous ceux qui m’ont soutenu pendant mon séjour en Europe. Il y en a qui l’ont fait financièrement, il y en a qui l’ont fait avec des prières, il y en a qui l’ont fait avec des souhaits. A tous, je dis un grand merci !

Propos recueillis par Kingunza Kikim Afri (Kongotimes)
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