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Ray Lema: «Au Congo, si tu ne fais pas de rumba, tu es un ringard»


Par Respectmag.com | Dimanche 10 Février 2013 | Lu 468 fois | 0 Commentaire



Ray Lema: «Au Congo, si tu ne fais pas de rumba, tu es un ringard»
Ray Lema frappe fort en ce début d’année. Un nouvel album, Very Special New Production, et un concert au New Morning le 7 février. Rencontre avec l’étoile du jazz congolais.

Né en République Démocratique du Congo (ex Zaïre), Ray Lema se passionne pour la musique dès 11 ans. Le futur jazzman fait ses premiers pas artistiques avec Mozart et Beethoven. Plus tard, il accompagne à la guitare les grands artistes congolais de l’époque. En 1974, ce musicien dirige le Ballet National du Zaïre et réussit le pari fou de faire jouer ensemble les 250 ethnies qui peuplent le pays. Les années 80 marquent le début d’une carrière internationale : São Paulo, Paris, New-York… Ray Lema se nourrit de ses voyages et collabore avec des artistes venus du monde entier. Sa seule règle : créer la surprise.

Quel est le sens du titre de votre nouvel album « Very Special New Production » (V.S.N.P) ?

C’est une référence au Very Special Old Production. Un groupe de jazz mythique conduit par Herbie Hancock. Ils étaient en rupture avec le jazz académique. Je sentais l’influence rock dans leurs morceaux. Le premier titre de V.S.N.P, Ballad for Herbie, rend hommage à ce grand Monsieur. L’album entier parle de ceux qui m’ont inspiré tout au long de mon itinéraire musical, comme Fela Kuti ou Aminata Traoré.

Vous aimez mêler le jazz avec des sonorités africaines. Qu’est-ce qui, selon vous, lie les deux styles musicaux ?

La filiation entre ces registres devrait aller de soi. Pour moi, l’Afrique sonne « jazzy ». C’est irritant de voir que dans les faits, ce n’est pas le cas. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi la musique africaine est rangée dans la « World Music ». Vous y trouvez, dans le même bac, le Staff Benda Bilili, Manu Dibango et DJ Arafat. Ça revient à ranger David Guetta avec Petrucciani.

Dans cet album vous chantez très peu. Pourquoi ?

En Afrique, on ne produit plus de musique instrumentale, sauf dans le Sud. Je voulais montrer que le contraire était possible. Un continent comme celui-ci ne peut pas uniquement faire émerger des scientifiques ou des philosophes. Aujourd’hui, les musiciens africains sont mis dans le même sac que les chanteurs. Or, en France, personne n’irait dire de Johnny Halliday qu’il est un musicien. Les deux mots ne se confondent pas. Sans oublier que dans beaucoup de groupes, les instrumentistes composent les morceaux de A à Z. Les traiter comme des petites mains brident leurs créativités. Pourquoi voulez-vous qu’ils se démènent s’ils ne sont pas reconnus ?

Vous aviez déclaré, lors d’une interview, être un musicien moderne. Qu’entendiez-vous par là ?

Un musicien moderne ne voit aucune barrière entre les styles musicaux. Il peut passer des pentatoniques (1) du Botswana aux harmonies de Mozart. Il synthétise le tout, sans s’enfermer dans une même rythmique. Je l’ai compris en travaillant au Ballet National Congolais. Je devais gérer plusieurs ethnies différentes qui possédaient chacune leurs visions de la musicalité.

Vous avez quitté le Congo en 1982. Y êtes-vous retourné depuis ?

Très peu. On ne m’invite jamais. Là-bas, si tu ne fais pas de rumba tu es un ringard. J’y suis passé l’an dernier. Lors d’une conférence de presse, j’avais demandé un piano pour jouer un morceau. Nous étions à l’Institut national des arts et l’instrument était complètement désaccordé (rires). Je retournerai au Congo lorsqu’on mettra à ma disposition un piano en bon état (rires).

Avant de vous consacrer entièrement à la musique, vous avez entamé une formation pour devenir prêtre. Pourquoi être parti ?

Je ne me sentais plus en accord avec les religions. Pourtant, je suis très croyant. Pour moi, Dieu n’est pas un être qu’on doit enfermer dans un temple. Nous sommes en lui. On a tendance à le voir comme un affreux papa vengeur qui serait là, à guetter nos moindres faits et gestes. Je trouve cela réducteur. Il existe dans notre galaxie plus de 13 milliards de planètes. Croyez-vous vraiment que nous surveiller soit sa principale préoccupation ?

1Pentatonique : Echelle de musique composée de cinq hauteurs de sons différents.

> « V.S.N.P – VERY SPECIAL NEW PRODUCTION » RAY LEMA QUINTET - www.raylema.com Sortie le 21 Janvier 2013 (one Drop / distrib. Rue Stendhal)
> En concert au New Morning / Paris le 07 Février 2013.
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