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Référendum constitutionnel : Le Frocad rejette les résultats du scrutin et appelle à son annulation


Par La Semaine africaine | Lundi 2 Novembre 2015 | Lu 800 fois | 0 Commentaire

Les forces politiques et sociales opposées au changement de Constitution et œuvrant pour l’alternance démocratique en 2016, réunies au sein du Frocad (Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique), ont organisé, mardi 27 octobre 2015, au siège de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), au quartier Diata, à Brazzaville, une conférence de presse portant, essentiellement, sur le référendum constitutionnel qu’elles ont qualifié de «simulacre».



Référendum constitutionnel : Le Frocad rejette les résultats du scrutin et appelle à son annulation
Ces leaders, qui ont rejeté ce scrutin, estiment qu’il a été organisé, afin de permettre d’adopter «une nouvelle Constitution qui permettra au président de la République, d’une part, de se maintenir au pouvoir, à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel et, d’autre part, de s’octroyer une amnistie totale et à vie».
Ils étaient tous là, les leaders des partis membres du Frocad, à savoir: Pascal Tsaty-Mabiala, Mathias Dzon, Clément Miérassa, Guy-Romain Kinfoussia, Claudine Munari, Paul-Marie Mpouelé, etc. Ils estiment que l’évolution des institutions évoquée par le président de la République vise à contourner la limitation du nombre des mandats présidentiels, afin de lui permettre de briguer un troisième mandat, en juillet 2016. Selon eux, la question posée lors du vote référendaire qui était formulée ainsi: «Voulez-vous, oui ou non changer la Constitution du 20 janvier 2002?» ne valait pas un changement de Constitution. «On a formellement demandé au peuple s’il ne voulait plus de la Constitution du 20 janvier 2002, mais sans lui dire s’il votait pour une nouvelle Constitution dont il n’a pas pu prendre connaissance du contenu», précise la déclaration du Frocad lue par Dominique Defoundoux.
Par conséquent, «la Constitution que le pouvoir voudrait substituer à celle du 20 janvier 2002, actuellement en cours, n’est pas légale, car ne répondant pas aux procédures prévues par les textes en vigueur, mais aussi parce que n’ayant pas reçu l’aval de la Cour constitutionnelle et, surtout, parce que n’ayant pas fait l’objet du vote référendaire. Une Constitution votée dans de telles conditions peut-elle être considérée comme valable? Juridiquement, non».
En outre, le Frocad a décrié le déroulement de la campagne électorale qui, selon lui, n’était pas conforme à la loi électorale. A ce titre, il a dénoncé le manque d’équité dans la répartition du temps d’antenne dans les médias publics; la libre circulation des acteurs politiques sur toute l’étendue du territoire national; le droit des acteurs politiques de sortir librement du Congo et d’y revenir; la liberté d’expression, de réunion, de cortège et de manifestation; la participation équitable de tous les partis légalement constitués à toutes les phases du processus électorale; la neutralité de l’administration électorale et de la Force publique, etc.
A son corps défendant, le Frocad affirme que les bureaux de vote étaient quasiment vides. Par conséquent, une faible participation qui, selon lui, n’a pas dépassé les 5%. «Le peuple a répondu massivement à l’appel au boycott lancé par l’opposition», précise la déclaration qui, prenant l’exemple du département du Pool, a indiqué les bureaux de vote ont fermé à 13h, au lieu de 18h, tout comme dans le département des Plateaux. «Dans le Niari, le vote n’a pas eu lieu à Mossendjo, Mayoko et Mbinda».
Dans le même élan, les leaders de cette plateforme ont décrié la corruption, pendant le scrutin. «Pour faire nombre, des listes étaient dressées pour recruter des électeurs, moyennant 30.000 Frs par électeur, à Talangaï notamment. A Makélékélé, des bureaux de vote clandestins étaient ouverts dans les environs du Stade Alphonse Massamba-Débat, pour faire croire qu’il y a eu vote dans cet arrondissement où les affrontements violents avaient opposé la police et des groupes de jeunes. Les soi-disant électeurs de ces bureaux de vote clandestins étaient des partisans du pouvoir venus des quartiers Talangaï, Nkombo, Massengo, Djiri, etc qui ont été transportés dans ces lieux par des véhicules de la police… A Pointe-Noire, l’écrasante majorité des électeurs sont restés chez eux, comme dans le Niari, la Lékoumou, la Bouenza et la Sangha», précise la déclaration qui a qualifié de «fantaisistes et surréalistes», les résultats publiés par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou.
Pour le Frocad, le référendum a été, pour le président de la République, «un cinglant camouflet». «Le pouvoir avait misé sur un plébiscite, il a essuyé un cinglant rejet. En s’abstenant massivement d’aller voter, le peuple a refusé le référendum plébiscitaire», affirment ces leaders qui estiment que le référendum du 25 octobre s’est déroulé dans un contexte d’état de siège. «L’armée et les forces de police ont quadrillé toutes les zones d’habitation. Les populations vivent, depuis le 20 octobre, sous la menace des armes…».
Aussi, ils ont fait savoir que le référendum constitutionnel est l’aboutissement d’une vaste campagne de mystification de l’opinion nationale et internationale: «Au lieu d’énoncer, clairement, l’objet de son projet, à savoir: le changement de Constitution, le gouvernement s’est ingénié à parler d’évolution des institutions et ce, pour tromper les consciences insuffisamment averties. Dans le même esprit, il a fait de la paix, l’un des thèmes structurants majeurs de sa campagne, alors que c’est lui qui, en violant la loi suprême, met en péril la paix civile. Il joue au voleur qui crie au voleur».
Tout en relevant l’illégalité du référendum constitutionnel, les forces politiques et sociales opposées au changement de la Constitution rejettent les résultats de ce scrutin et exigent: «l’annulation de ce référendum et le retrait pur et simple du texte de la nouvelle constitution; la libération immédiate de tous les responsables et militants de l’opposition arbitrairement arrêtés pendant la campagne référendaire; la levée sans délai des mesures d’assignation à résidence qui frappent les ministres Guy-Brice Parfait Kolélas et André Okombi-Salissa; la tenue rapide d’un vrai dialogue politique inclusif sur la gouvernance électorale, comme le demande la communauté internationale; l’élaboration urgente et de façon paritaire entre l’opposition et la mouvance présidentielle d’un chronogramme rigoureux de l’ensemble des opérations pré-électorales, électorales et post-électorales pour les futures échéances électorales, notamment pour l’élection présidentielle de 2016, dans les délais constitutionnels».

Cyr Armel
YABBAT-NGO
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