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Rencontre internationale d’art contemporain : Les textiles africains à l’honneur de la 3ème édition


Par La Semaine africaine | Mercredi 10 Septembre 2014 | Lu 455 fois | 0 Commentaire

Du 8 au 28 septembre 2014, Brazzaville vibre au rythme de la 3ème édition de la R.i.a.c (Rencontre internationale d’art contemporain).



Une édition placée sous le thème: «Textiles du continent et dynamiques artistiques». Et dont le coup d’envoi a été donné, lundi 8 septembre dernier, dans l’enceinte des ateliers Sahm, centre pour l’art, la recherche et le partage des avoirs, au quartier Diata, à Makélékélé (arrondissement 1 de Brazzaville).

Par la projection du documentaire «Train commun», d’Eric Watt, sur la 2ème édition de la Rencontre internationale d’art contemporain et la conférence de presse animée par l’artiste plasticienne congolaise, Bill Kouelany, directrice artistique de la R.i.a.c.

Workshops (Arts plastiques, vidéo d’art, critique d’art), conférences, projections, exposition sont au menu de l’acte 3 de la Rencontre internationale d’art contemporain. Une édition qui connait la participation des artistes du Sénégal, du Congo, de Madagascar, du Mali, de France, du Togo, du Bénin, du Cameroun, de la Centrafrique, de la RDC, etc. Et prévoit la remise des prix: Prix congolais et Prix invités étrangers.
«Réfléchir sur le textile, c’est le penser esthétiquement, historiquement, philosophiquement, économiquement, éthiquement, religieusement, et dans la perspective de la mondialisation
nouvelle. Se vêtir est un acte allégorique, exprimant des codes et des comportements sociaux. Il peut être facteur d’intégration sociale ou de stigmatisation.
Cette thématique soulève la question ambigüe du pagne africain - qui sous-entend aussi celle de savoir ce que signifie être Africain, aujourd’hui: reflétant l’image africaine, ce qui a la réputation d’être typiquement un produit d’importation. L’exemple nous est donné avec le Wax Hollandais.
Rassembler des artistes du continent autour du thème du textile vise à questionner la perception du vêtement. Pour y déceler notre idée du beau: comment se matérialise-t-elle dans nos choix et habitudes vestimentaires? Pour explorer sa dimension symbolique, et politique.
Envisager le textile comme fil conducteur de productions artistiques n’est donc pas sans mobiliser un regard qui transcende la matière en tant que telle», soutiennent les organisateurs du festival, à propos du thème de la troisième édition de la Rencontre internationale d’art contemporain.
Signalons que les ateliers Sahm apportent un soutien multiforme aux artistes. Dans le but d’ouvrir à la nouvelle génération de créateurs congolais les portes des réseaux qui structurent le monde de l’art contemporain. Ils organisent: ateliers, résidences de créations, et expositions. La Rencontre internationale d’art contemporain qu’elle tient en septembre de chaque année, représente l’une des actions du centre visant à stimuler la créativité des artistes.
Créés en 2012, par l’artiste plasticienne congolaise Bill Kouélany, les Ateliers Sahm offrent un encadrement aux jeunes artistes et écrivains, au travers d’ateliers de formations dans un contexte d’insuffisance de soutien institutionnel et privé pour les initiatives artistiques au niveau du Congo. Ils se présentent, aujourd’hui, comme une structure congolaise importante d’appui de la création artistique.
A propos de Bill Kouelany, elle est auteur et plasticienne internationalement reconnue. L’artiste a participé à de nombreux salons et expositions (Art Madrid 2007, Biennale de Dakar, Documenta 12 de Kassel, Joburg Art Fair 2008 et 2009, Art Karlsruhe 2009, Focus 10 Basel, Fondation Blachère à Apt et à la Galerie Peter Herrmann, à Berlin). Ses toiles et installations de papier-mâché, cousues, collées, dessinées, peintes avec des tons généralement sombres représentent des corps à la chair mutilée parfois jusqu’aux os, des êtres sans visage, qui témoignent en silence des traces laissée par la violence de la vie. Bill Kouélany déstructure textes et toiles, avant de les reconstituer, comme un acte de reconstruction de ce que l’on pensait être détruit. A l’image de son oeuvre, elle a ouvert un centre d’art dédié à la création, pour (re)construire une scène artistique et culturelle congolaise vivante et rayonnante.

Véran Carrhol YANGA
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