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Robert WISDOM, acteur de Prison Break. “Nous sommes faits d’igname et de Coca-Cola”


Par Albert Drogba Carino à Essaoura/Carino_ad@yahoo.fr | Dimanche 26 Juillet 2009 | Lu 1300 fois | 0 Commentaire



Robert WISDOM, acteur de Prison Break. “Nous sommes faits d’igname et de Coca-Cola”
Le grand public l’a découvert dans la série «Prison Break», où il joue le rôle du puissant dealer passé «chef» des prisonniers. Puis, récemment, dans «Supernaturel». Mais Robert Wisdom a déjà de nombreux films derrière lui.

Né à Washington DC (États-Unis), l’acteur Robert Wisdom est un Américain d’origine jamaïcaine. Après ses études à la "Columbia University" de New York, il était programmé pour travailler dans le domaine des sciences économiques. Au lieu de ça, l’homme a surpris son monde en s’engageant dans le cinéma. Et depuis, Bob n’a pas cessé de démontrer ses talents dans ce métier. Acteur aux qualités reconnues, Wisdom se donne à son boulot à 100%. Il en a fait la démonstration dans plusieurs films dont "The Hawk is Dying", "HBO's The Wire" que la critique a couverts d'éloges et dont il est particulièrement fier hormis "Prison Break" de Paul Scheuring et réalisé par Brett Ratner. Wisdom est un acteur polyvalent, un comédien capable donc de tenir plusieurs rôles. Comme dans «Ray» (un film qui retrace la carrière exceptionnelle du très célèbre musicien aveugle Ray Charles qui a remporté un Oscar) où il tient un rôle secondaire. Ou encore dans les films "Storytelling" avec Selma Blair, "Duplex" avec Drew Barrymore et Ben Stiller, "The Forgotten" avec Julianne Moore. Par ailleurs, Bob a une très grande passion pour la musique. Une passion qui l’a d’ailleurs beaucoup fait voyager, notamment lorsqu’il était animateur de radio, en quête d’une certaine culture. Il y a quelques jours Robert Wisdom était présent au Maroc pour participer à la 12ème édition du Festival Gnawa des Musiques du Monde d’Éssaouira. Top Visages l’a rencontré. Entretien.

•Je suis surpris de te rencontrer en Afrique ?

- Parce que l’Afrique n’est pas chez moi ? … (Rire)…Je viens régulièrement en Afrique. Mon premier contact avec la mère patrie a été ma visite au Nigeria où j’ai rencontré Fela et mon âme a été secouée !

• A ce point ?

- Il y a des choses qu’il faut vivre et qu’on ne peut pas expliquer avec les mots. Fela était si fort en termes de charisme et moi, je n'avais pas encore conscience de ma propre image. Bob Marley aussi a eu cet impact sur moi. Je faisais de la radio à l'époque et j'ai eu la chance de voyager avec lui…

• Tu faisais de la radio ?

- Oui. j'en ai fait pendant plusieurs années, et Bob m'a appris le calme. Tout le monde le voulait et lui était comme un roc, un socle. Et quand je suis allé au Nigeria voir Fela, il avait ce statut de roi. Je voyais tous ces rois, ces chefs traditionnels yoruba et autres, je me suis rendu compte de l'importance des racines. Et j'ai compris pourquoi mon père avait cette dimension. Et son père aussi l'avait. Il aura fallu que je voyage pour découvrir cette facette de mon africanité.

• La découverte de cette africanité t’a certainement transformé ?

- Tout fait ! La première chose que tu sais quand tu es Africain-Américain est que nous sommes "tri-culturels". Nous parlons d'une certaine façon au quartier, à l'université et à la maison. Mais tu dois toujours savoir qui tu es. J'ai toujours eu cette habitude de rester positif quant à cet aspect des choses et pour apprendre qui j'étais vraiment. Il me fallait donc voyager. Ce sont les faits de mon existence qui m'ont amené à prier. Dieu m'a donné en quelque sorte la feuille de route!

• Comme beaucoup d’américains, la spiritualité a une grande importance pour toi ?

- Absolument ! Rien de tout cela n'aurait été possible sans cet état d’esprit. Aujourd’hui, je peux jouer un rôle, faire le bien ici et là et ça, je le dois à mon Dieu. Je suis là chaque jour parce qu'il y a cette force et j'ai choisi d'appeler cette force Dieu...

• C'est la consolidation de cette spiritualité qui t'a amené à venir à Essaouira ?

- C'est tout à fait ça. En 1981, lorsque, pour la première fois, j'ai entendu la tonalité du « gumbri », cet instrument de musique traditionnel des peuples gnawa (Guinée en arabe), j'ai été soufflé. Je me suis dit : "c'est quoi, ce son"? J'ai entendu ces chants et je me suis dit: il faut que j'aille là-bas. Tout le monde parlait de ces "gnawa" comme si je savais ce que c'était que ces gnawa... (Rires)… Et quand je suis venu, j'ai su exactement ce que cela signifiait. Et surtout que c'était primordial pour nous, noirs américains, de connaître ces choses. Tu te souviens l'atmosphère des années 80 à Paris : tous ces musiciens africains qui arrivaient et se retrouvaient dans ces salons français. Assis par terre, autour d’un plat de nourriture posé au sol et qui mangeaient ensemble. Ce sont des choses que mon père et ma mère voulaient me faire partager en termes de culture.

• Ils ne l’ont pas fait ?

- Bien sûr mais, il ne fallait pas brûler les étapes. Il nous fallait d'abord apprendre la culture américaine. Cela me rappelle ce que ma Mère m'a dit sur son lit de mort à l'hôpital. Je lui ai demandé ce qu'elle voulait manger ? Elle m'a répondu : «Yama Coca-Cola». Etonné, je lui demande ce que c’était ? Quand je suis rentré à la maison après son décès, je me suis allongé sur mon lit et je me répétais ces mots : Yama et Coca-Cola. Et j'ai eu cette révélation. Yama, c'est la racine et la nourriture de base de toute la culture noire, et le Coca-Cola, c'est le nouveau monde que nous devons créer et dans lequel nous devons vivre. Elle voulait, en fait, me dire d'intégrer les deux aspects. Et c’est ce que nous sommes, des gens faits d'igname et de coca-cola!! … (Rires)…

• A entendre les Noirs américains, on a l'impression que vous réalisez mieux ce que représente l'Afrique ?

- On doit prendre le temps de bien y penser. On croit connaître l'Afrique, mais nous, noirs américains et noirs vivant en Europe, devons prendre le temps de nous regarder et nous observer. Nous sommes pareils, mais en même temps, nous sommes différents. On croit connaître les choses, mais ce n'est pas toujours vrai. Cela ne veut pas dire que l'un est meilleur que l'autre. Aux USA, cela crée dans notre communauté une sorte d'incompréhension à propos de Barack Obama. Ils ne comprennent pas le niveau spirituel et intellectuel du personnage. Il n'avait qu'une image sur papier glacé bien en dessous de la réalité ! Nous avions pourtant vu venir la chose depuis des années: dans les magazines, les livres. Cette idée d'une destinée écrite que j'avais déjà ressentie au moment où j'ai croisé Fela. Il y a une partie de moi que je n'aimais pas et il m'a obligé à la regarder en face. Mais Fela disait qu'il fallait tout faire à fond, y compris danser 13h ou 14h dans son cas.

• C’est dire que le voyage en Afrique chez Fela a été un remède pour toi ?

- Oui ! Et aujourd'hui, on est prêts! On peut lui rendre à cette Afrique ce qu'elle nous a donné à franchir une autre étape. Mais Attention! Il y a encore beaucoup de travail.

• Avec ta célébrité, en dehors de tes voyages, que peux-tu faire concrètement pour l'Afrique ?

- J'y pense souvent, mais j'ai besoin de gens autour de moi, d'une énergie collective. Car la manière de pratiquer le business, de l'industrie du spectacle aux usa est loin de celle que l'on doit appliquer ici. La première étape est de briller. C’est-à-dire tu as l'exposition médiatique mais pas le pouvoir. Et on ne te le donne pas. Il faut l'arracher. Alors, tu dois t'entourer d'une forte équipe, d'un bon staff et là, tu peux faire un bon projet. Haile Gerima, le célèbre réalisateur de Harvest : 3000 Years (1976), qui reçoit le Léopard d'Argent au Festival de Locarno et le Prix Georges Sadoul, aux côtés de Charles Burnett, Haile Gerima, c’est une grand monsieur. Il a été un des moteurs de la Los Angeles School of Black Filmmakers. Il a fait beaucoup de projets. Il a compris tout du système et la manière de faire marcher les choses aux usa. Alors, moi, j'essaie la même méthode en Afrique !

• Tu fais quoi en ce moment ?

En ce moment, je réalise une nouvelle série sur la chaîne américaine ABC qui va s'appeller "Happy town" (une ville heureuse). C'est l'histoire d'un détective qui quitte Chicago et qui s'installe dans cette petite ville du Minnesota et personne ne sait vraiment pourquoi. C’est juste le début de l'histoire. Nous sommes très avancés sur le tournage. Je ne peux pas en dire plus.

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