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SINGUILA. “Pourquoi j’ai changé”


Vendredi 26 Février 2010 - 16:49


SINGUILA. “Pourquoi j’ai changé”
Sans peut-être le vouloir, il a été longtemps un sex symbol. Pour la gent féminine en majorité, qu’il ne laisse pas indifférente tant on le trouve « craquant, sexy et beau ». Mais ce Singuila semble aujourd’hui appartenir au passé. Puisque l’un des porte-flambeaux du Rn’b français, dépeint un Singuila qui avoue ses torts et faiblesses, ses regrets... Et prend le pari d’une vie opposée à celle de play-boy qu’il a menée..

• Comment va Singuila ?

- Ça va plutôt bien chez moi. J’ai un nouvel album qui est sorti depuis le mois de septembre dernier. je voyage beaucoup et je fais pas mal de showcases aussi pour présenter et faire la promo de l’album. Je fais des concerts pour maintenir le contact avec mon public.

• Est-ce cela qui explique ta présence ici à Abidjan ?

- Oui, entre autres raisons. Sinon que c’est Trace Mobile, un projet de Trace TV et une société de téléphonie qui a rendu possible ma venue dans votre pays. Ma présence à Abidjan s’explique donc par le fait que j’ai été contacté par les responsables de Trace TV pour une tournée avec d’autres artistes comme Neg’Marrons, Lynnsha à Abidjan. Dès que les responsables m’ont dit que c’est en Côte d’Ivoire, je n’ai pas hésité un instant, j’ai accepté.

• Pourquoi ?

- Parce que cela faisait longtemps que je n’étais pas venu ici, en Côte d’Ivoire. Le public ivoirien me manquait énormément. En plus, j’ai mes vrais amis, des frères ici. Non seulement j’ai de la famille en Côte d’Ivoire, mais il y a des gens qui aiment ma musique et qui se reconnaissent à travers mes chansons et les choses que je fais. J’ai envie de dire que mes chansons parlent vraiment ici. Je me sens bien avec les ivoiriens c’est pourquoi je suis venu volontiers.

• Tu as donc présenté ton nouvel album au public ivoirien ?

- Pas vraiment. Je n’ai pas présenté le nouvel album. Je suis venu juste faire un show. Mais, surtout prendre la température du public ivoirien. Je vais revenir à Abidjan pour bien présenter l’album.

• Alors «ça fait mal », ton dernier album sorti en Septembre dernier est présenté comme un album qui parle de toi, de ta vie… Au fait, qu’est-ce qui fait mal ?

- (Rires)… C’est mon troisième album. C’est un album, effectivement très personnel. Parce que j’ai raconté des choses qui me concernent directement. Jusque-là dans mes albums précédents, j’ai montré le côté chaud lapin, un homme un peu instable. Dans cet album-ci, c’est un autre Singuila. Je ne dis pas forcément que je me suis calmé mais, mes centres d’intérêts, ces dernières années, ont changé.. Je me suis focalisé sur d’autres choses de la vie que je n’avais peut-être pas perçues avant. J’ai fait une sorte de visite intérieure, chose qu’on fait peu en réalité. Tu sais, on se balade beaucoup, on découvre tel endroit ou tel autre coin du monde, mais l’endroit qu’on connaît le moins, c’est nous-mêmes. Je me suis regardé et j’ai ressorti des choses négatives et positives de ma personnalité. Cet album est comme un journal intime. Les gens qui veulent connaître Singuila devraient l’écouter.

• On dirait que c’est un Singuila plus adulte, plus mature ?

- C’est Singuila dans son intimité. C’est le Singuila loin du star system. Mieux encore, loin des jugements des gens. Parce que aujourd’hui, à cause de ce « qu’en-dira-t-on », on fait attention à ce qu’on va dire, à la chemise qu’on va mettre. on fait attention à ce qu’on va dire pour ne pas paraître de telle ou telle façon… Là, j’ai mis le paraître de côté, je parle de la réalité, de mes faiblesses, de mes torts, de ma haine. J’analyse aussi la vie comme dans le titre
«Mon chemin ». C’est Singuila à nu.

• Quelles sont ces joies et souffrances particulières dont il est question ?

- Dans cet album ? Mes joies, c’est être en face des gens qui m’aiment. Être avec ma mère, mes sœurs, mes tantes, mes frères et être avec un public qui me rend bien tout ce que je peux donner. Ça fait du bien d’être en face des gens qui t’aiment et qui te sourient même quand tu chantes une chanson triste. Tu as l’impression qu’ils ont leur main posée sur ton épaule. Les souffrances que j’invoque, ce sont les moments difficiles comme la perte d’un être très cher. J’ai perdu mon père et une tante. Cela a réveillé des choses en moi. Parce que c’étaient des gens qui comptaient vraiment pour moi. Il y a des gens qu’on ne voit pas tous les jours, mais qui ont une importance capitale pour toi. Il y a des gens que j’ai perdus qui étaient pour moi comme une fondation, un pilier. Et lorsque je les ai perdus, c’est comme je n’ai plus de lendemain. Dieu merci, il y a toujours des personnes qui sont là pour m’aider, pour me soutenir.

• Parlant de ton père, tu ne l’aurais pas vraiment connu…

- Oui, malheureusement. Du moins sur son lit d’hôpital. Je ne l’ai pas vu justement sur son lit d’hôpital. Je suis quelqu’un d’orgueilleux. Quand j’ai appris qu’il était malade, je n’ai pas fait l’effort d’aller le voir. Parce que lui et moi, on était en tension vu qu’il nous a abandonnés. En réalité, j’ignorais que son état était si grave. Et le jour où je me suis dit « ben, il faut peut-être que j’aille le voir… », c’est ce jour-là que maman me dit : « je ne savais pas comment te l’annoncer, mais, il est parti ce matin… »

•••

- Avec le recul, j’ai compris que c’est la dernière leçon qu’il m’a donnée-là. Il faut pardonner, il faut mettre l’orgueil de côté et profiter des gens qu’on aime. Il ne faut pas faire comme moi, comme lui.

• Autre chose. pourquoi on t’appelle Ghetto compositeur… ?

- Ghetto compositeur, parce que je viens du ghetto. J’ai vécu en cité. Et en France, les cités sont des appartements faits avec des murs très fins de sorte que tu entends tout ce qui se passe chez ton voisin. Dans les cités, il y a les chinois, les arabes, les noirs, etc. Si ton voisin écoute du raï, tu as du raï chez toi. Si ton voisin écoute du couper-décaler, du reggae, du rock, c’est pareil chez toi. Involontairement, j’ai bénéficié d’un métissage culturel musical. Ce qui fait que je peux faire du raï, du rock. J’ai cette facilité de sortir différentes sortes de musiques. J’ai une musique métissée. Généralement, le ‘’ghetto’’, c’est un endroit crasseux, dangereux. Mais compositeur, ça fait classe, ça fait bien. C’est le côté ‘’ghetto’’ qui fait la richesse culturelle de mes compositions. C’est dire toute ma fierté d’être un artiste du ghetto.

• Est-ce que tu te considères comme le porte-parole de ces jeunes de banlieues ?

- C’est difficile d’être le porte-parole de ces jeunes. Parce qu’il y a une partie de ces jeunes-là qui ne se sent pas concernée par ces choses-là, par ce que nous faisons. Mais oui, je me sens représentant quand même d’une certaine génération, d’une certaine culture. Je montre aux jeunes de tous horizons, des beaux quartiers ou du ghetto qu’on peut avoir une bonne évolution d’où qu’on vienne. Et que le ghetto a des charmes qu’il n’y a pas ailleurs.

• Visiblement, toi, tu t’en es sorti par la musique. Ce qui n’est pas le cas de milliers d’autres. Comment vis-tu tout ce que l’on voit sur les chaînes françaises concernant les jeunes des banlieues ?

- Quand je suis avec des gens qui n’ont pas forcément de haine contre le ghetto, je sens quand même que c’est par rapport aux médias qu’ils se font leurs idées des jeunes. Les jeunes sont ceci, sont cela. Alors que tous ne sont pas comme ça. C’est une minorité de jeunes qui a une attitude, un comportement déviationniste. Sauf que c’est cette minorité qu’on met en avant dans les médias. Vous comprenez quand une dame qui est chez elle qui élève ses enfants voit à la télé des jeunes noirs qui se tabassent ou qu’on traite de tous les noms, elle croit tout de suite que tous les jeunes sont comme ça. Et quand elle passe dans la rue et rencontre une bande de jeunes noirs, arabes ou asiatiques, tout de suite, elle a une attitude de crainte, de méfiance… Et les jeunes s’en plaignent et se demandent « pourquoi on nous regarde comme ça ? ». A leur tour, ils se renferment sur eux, crient au racisme, deviennent violents comme on le voit aujourd’hui. Quand les médias mettent en avant cette situation des jeunes des banlieues, ça fait l’effet d’une boule de neige. C’est un cercle vicieux qui fait plus de mal aux gens et à la société.

• Dix (10) ans déjà que tu es sur la scène musicale…

- Oui, ça fait un bon moment que je fais de la musique. J’ai la chance, parce que j’ai participé à de nom-breux projets en dehors de mes albums. J’ai fait beaucoup de rencontres artistiques, j’ai appris et je continue d’apprendre. Je suis en train de découvrir de nouveaux chemins que je pourrai un jour explorer. Autre chose, je suis en train de me faire connaître auprès de ceux qui ne me connaissent pas encore. Peut-être qu’il y a quelqu’un ici qui ne connaît pas encore ma musique mais à qui elle pourra faire du bien en lui donnant une bonne vibration s’il venait à la découvrir.

• Tu as aussi côtoyé des artistes comme Mory Kanté, Papa Wemba, Lokua Kanza …

- Travailler avec ces gens-là, ça a été vraiment impressionnant parce que tu es plus étonné et émerveillé. Quand on a travaillé avec ces personnes-là, on se dit que je dois avoir une certaine valeur artistique. Ils ont tendu leurs oreilles pour m’écouter. C’est rassurant de savoir que ces chanteurs vous estiment. Ils font des choses avec une certaine aisance. On voit qu’on n’est pas au bout de nos peines et qu’on est encore tout petits. C’est vrai qu’ils ne te le disent pas, mais tu vois par toi-même que tu as beaucoup de choses à apprendre.

• Par contre tu travailles peu avec les artistes ivoiriens…

- Pour le moment, je n’ai travaillé qu’avec Petit Denis. Et là, je prépare un album spécialement afro en direction des ivoiriens et d’autres africains. C’est un projet qui me tient à cœur. Ça sera une sensation musicale. Ce n’est pas pour m’éloigner de mon registre. Mais, c’est pour me défouler au maximum.

• Alors, on a connu le Singuila flambeur, tombeur qui drainat des filles. S’est-il calmé ?

- Ce n’est pas à moi de le dire. J’espère que c’est fini et que ce Singuila s’est profondément endormi. Mais, je pense de plus en plus faire plus attention à certaines choses. Je pense plus aux autres. Parce que je me rends compte du besoin d’être bien entouré, bien bichonné (il rit).

• Tu penses au mariage ?

- Mariage ? Je ne sais pas encore.

• Tu n’es quand même pas seul, il y a quelqu’un dans ta vie ?

- On peut avoir une relation, mais il faut découvrir la personne pour savoir. J’attends de découvrir.

Par Claude Kipré (Top Visages )
claudekipre@yahoo.fr

SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par mago le 27/02/2010 12:55 | Alerter
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Singuila ,petit frère t'es Congolais comme si tu l'etais pas! Tu nous parles de la Côte d'ivoire!Mais ton pays reste ton pays et le congo est une puissance culturelle que tu ne dois pas negliger! On viens tous de quelque part meme si on est Français!mais pas courage et vive le Congo !

2.Posté par singui singui laa le 22/06/2011 16:24 | Alerter
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Maais mago singuila il sait plus que toi qu'il est congolais!
Mais jespère k ta remarké k l'interview se fait avec un IVOIRIEN qui lui a parlé que de la COTE D'IVOIRE et non du CONGO ! Donc je vois pas pkoii il s'aventureraait à parler à l"'interviewer" du CONGO ooooh!

3.Posté par boaka le 19/08/2011 09:56 | Alerter
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congolais ou pas il est fils d'afrique,noir comme je le suis.je suis du congo brazzaville,fier de l'etre et voila qu'il parle du congo ou de la cote d'ivoire je ne trouve aucun mal pour cela,pensant plutot a une afrique unis

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