Samba, le Congo dans la peauJeudi 16 Juin 2011 - 16:30
Autres articles
Immense gabarit d'1m95 m à la poignée de main énergique, Christopher Samba est plutôt du genre impressionnant. Courtisé par des écuries du calibre d'Arsenal et de Liverpool, le défenseur de Blackburn est né et a grandi en France, mais il a choisi la République du Congo et non les Bleus pour effectuer sa carrière internationale.
Samba est né le 28 mars 1984 à Créteil. Après plusieurs passages dans des clubs franciliens, il part à Rouen, avant de se retrouver en réserve à Sedan qui lui offre quelques apparitions en équipe première. C'est avant qu'une fracture du péroné ne l'écarte des terrains et lempêche de signer un contrat professionnel. "Comment j'ai fini par jouer pour le Congo ? C'est une bonne question", répond-il avec un sourire à FIFA.com. "Disons que dans le football, c'est toujours la même chose : parfois il y a des gens qui croient en vous et parfois, ce n'est pas le cas. Quand j'ai quitté Sedan, je n'ai pas pu jouer, je n'ai pas pu faire d'essais, donc j'ai été obligé de m'entraîner seul pendant six mois. Les gens pensaient que j'étais en mauvaise condition physique car partout où je passais, je n'étais pas assez affûté ou je n'étais pas prêt pour jouer. J'avais vraiment besoin d'intégrer un club et de m'entraîner avec une équipe. Je ne savais plus quoi faire. C'est alors que l'équipe nationale du Congo m'a donné ma chance. Ils m'ont invité à venir m'entraîner avec eux, à faire des séances normales, à faire des matches, afin que je puisse revenir au top physiquement." "J'ai disputé quelques matches avec l'équipe nationale et j'ai été remarqué" poursuit celui qui a fait un essai au Hertha Berlin, avant d'être repéré par Blackburn. "Aujourd'hui, les gens disent que j'ai le potentiel pour jouer en équipe de France, mais je ne regretterai jamais d'avoir choisi le Congo car c'est grâce à ça que j'ai pu me remettre en selle. La fédération m'a beaucoup aidé et je suis fier de défendre les couleurs de ce pays." Renvoyer l'ascenceur Samba a encore beaucoup de famille au Congo. Chaque sélection représente une occasion pour lui de revoir les siens et de renvoyer l'ascenseur aux gens qui lui ont donné sa chance quand il en avait le plus besoin. "J'espère que ma famille est fière de moi et j'espère la rendre encore plus fière à l'avenir. J'adore jouer pour le Congo. Quand on arrive à l'aéroport, dans le hall des arrivées, les gens nous portent littéralement jusqu'à la voiture qui nous attend. Ça danse, ça chante !" Lors de la prochaine convocation, Samba pourrait être rejoint par le pensionnaire des Wolverhampton Wanderers Steven Moyoukolo et par l'ancien Parisien Youssouf Mulumbu, élu meilleur joueur de West Bromwich Albion cette saison. Pourtant, le Rover estime que le pays doit progresser dans le domaine extra-sportif s'il compte rivaliser avec les meilleures nations africaines. "Nous trouvons de plus en plus de joueurs, mais je pense que nous devons progresser en termes de professionnalisme", estime l'ancien Sedanais. "Nous avons quelques joueurs qui évoluent en Europe et en Premier League, mais nous n'arrivons pas à tirer le meilleur de leur potentiel car au niveau de l'organisation et de l'administration, nous ne sommes pas à la hauteur. Si nous progressons dans le domaine extra-sportif, il y aura des répercussions positives sur le terrain." "Quand on regarde les équipes africaines qui ont réussi aux JO ou à la Coupe du Monde, comme le Ghana, le Sénégal, le Nigeria et le Cameroun, on se rend compte qu'elles bénéficiaient d'un bon encadrement et d'une structure administrative solide par rapport aux autres nations africaines. Nous avançons doucement, mais sûrement. Un jour, nous atteindrons ce niveau." Un grand arbre fidèle à ses racines Pour améliorer la situation au Congo, Samba allie d'ailleurs le geste à la parole. Dans quelques mois, la Chris Samba Foundation verra le jour, sur le même modèle que l'organisation mise en place par son coéquipier à Blackburn Jason Roberts, qui s'adresse au peuple de Grenade. L'organisation caritative de Chris a pour vocation première de venir en aide aux écoles et aux hôpitaux et d'améliorer le quotidien des jeunes enfants. À terme, le footballeur espère ouvrir sa propre académie de football au Congo. "En Afrique, un footballeur peut être comparé à un arbre immense. Depuis le tronc, on peut apporter beaucoup de joie au peuple. C'est pour cela que c'est tellement important à nos yeux. C'est pour cela que tellement de footballeurs africains sont déterminés à réussir. Ils savent qu'ils peuvent aider beaucoup de gens autour d'eux. "Je suis très heureux quand je vois des gens lancer des fondations et des organisations caritatives comme celle-ci. Quand on a bénéficié d'une opportunité, c'est important de donner quelque chose en échange. Il faut utiliser son talent pour donner quelque chose aux autres." SDC, Starducongo.com
Lu 584 fois
Vos commentaires:
Nouveau commentaire :
Actualités | Les arts | Monde | Indiscretions | Sports | Portraits | Interviews | Afrique | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Producteurs | Livres | Vidéo | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Organisations Int. | Sante | Météo | Ecouter | Dans la presse | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes |
Dans la même rubrique :
Musique : Nzété, un talent qui s'affirme - 30/03/2012Portrait : Robert Zola, un maestro de la céramique - 16/03/2012Melka Amany - 26/11/2011Mano Mfumu: Du Ndombolo à la world music! - 07/08/2011 |
|||
|
||||