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Sandra Phongo : « Malgré son handicap physique, ma mère aimait la vie, s’aimait telle qu’elle était, se battait pour vivre la vie et être bien dans sa vie »


Par | Vendredi 22 Juillet 2011 | Lu 1531 fois | 0 Commentaire



Montage Photo: Starducongo
Montage Photo: Starducongo
Paris. Au cours d’une émission consacrée à la chanteuse Mpongo Love sur l’antenne de Radio Vexin Val de Seine en France, sa fille aînée, Sandra Mpongo, a rendu hommage à sa mère, « modèle de parfaite intégration et de réussite sociale ».

Votre mère, feue la chanteuse Mpongo Love, nous a quittés il y a 21 ans. Quel souvenir gardez-vous d’elle ?

C’est le souvenir d’une mère très gentille, une mère de famille qui aimait profondément ses enfants, une femme vertueuse, une femme courageuse et opiniâtre. Comme disent souvent ses proches dont Souzy Kaseya que j’ai l’occasion de côtoyer, tout ce qu’elle se fixait comme objectif, elle finissait, bon gré mal gré, par l’atteindre. Ainsi était Mpongo Love. Elle a bradé son handicap physique pour se hisser en haut de la hiérarchie sociale. Je lui tire mon chapeau.

Comment est-elle devenue chanteuse ?

Ma mère était secrétaire de direction dans une société de la place. Grâce aux hasards de la vie, elle fait la connaissance d’un Monsieur, qui découvre en elle le talent de chanteuse. Tout est parti de là. C’est donc ce Monsieur qui lui met le pied à l’étrier.

J’imagine que le Monsieur dont vous parlez, c’est Empompo Loway Deyess, saxophoniste opérant au sein de l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau ?

Exact.

Connaissez-vous les titres d’albums réalisés par votre défunte mère ?

Au total, elle en a réalisé 8. 1977 : L’Afrique danse avec M’Pongo Love – African ; 1982 : M’Pongo Love – Safari Sound ; 1983 : M’Pongo Love – Safari Sound; 1985 : Mokili Compliqué – Rythmes et Musique ; 1986 : Une Seule Femme -New King Productions ; 1986 : Gina – TLI Production ; 1987 : Exclusivité Ya L’Amour (with Alexandre Sambat) – Mélodie ; 1987 : Partager – Syllart Records.

Mpongo Love a travaillé avec de nombreux paroliers, lequel vous a le plus marqué ?

Le professeur Oscar Diyabanza dans la chanson « Bakake ». Il a su trouver les mots, les images pour exprimer le sentiment d’une personne déçue par l’amour. Ces paroles simples, rythmées à la rumba, me vont droit au cœur. C’est du lourd !

Quel regard portez-vous sur sa carrière ?

Je suis plein d’admiration pour la chanteuse Mpongo Love qui a connu une riche carrière. Elle a laissé une œuvre majeure dans l’histoire de la musique africaine en général, et congolaise en particulier. Ses chansons continuent d’émerveiller les mélomanes de par le monde. C’est fabuleux, non ?

Comme votre mère, vous êtes devenue vous-même chanteuse…

J’ai toujours eu le désir et la vocation de chanter comme ma mère. Je chante depuis l’âge de 5 ans ! Il y a sans doute quelque chose d’elle en moi. Je suis en studio pour préparer mon premier album, et je vais bientôt commencer à faire de la scène.

Sandra Mpongo égale Mpongo Love ?

Peut-être, et peut-être plus !

Qu’est-ce qui différencie Sandra Mpongo de sa mère sur le plan musical ?

Je dirai que Sandra Mpongo fait du Gospel, et Mpongo love ne l’avait pas fait.

La musique est-elle une drogue pour la famille Mpongo ?

Une drogue, non. C’est plutôt une passion.

Mis à part votre mère, quel autre artiste préférez-vous ?

Mbilia Bel. Sa voix me ravit, elle est d’une énergie incroyable et dégage une aura spéciale sur scène. En outre, elle entretient bien sa forme. Même si elle avance en âge, elle paraît toujours aussi jeune. J’adore cela !

Quel est le but de la Fondation ONG Mpongo Love que vous présidez ?

L’ONG Mpongo Love est une Fondation que j’ai créée en 2005. Le but est d’honorer la mémoire de l’artiste et aussi de venir en aide aux enfants et aux femmes handicapées dont Mpongo Love représentait un modèle de parfaite intégration et de réussite sociale.

Comment vous est venue l’idée de créer cette Fondation ?

J’ai voulu continuer l’œuvre commencée par Mpongo Love. De son vivant, ma mère n’a pas lésiné sur les moyens pour venir en aide aux enfants défavorisés et aux femmes handicapées. Elle donnait certains concerts dont les recettes étaient versées dans des centres poliomyélitiques pour aider les nécessiteux… Mon souhait est que son action se pérennise. Voilà pourquoi, avec l’aide de mon mari, j’ai pris la décision de créer cette Fondation, dont le siège social se trouve à Kinshasa, sis au n° 3 avenue de la République (Binza/Ozone) dans la commune de Ngaliema.

Qui sont vos partenaires ?

Nous recevons l’aide des organismes privés et publics, voire des particuliers. Nous avons la chance de compter plusieurs donateurs à travers le monde, notamment en Côte d’Ivoire, au Maroc, en France, au Canada et aux Etats-Unis.

Bénéficiez-vous du soutien du gouvernement congolais ?

Nous avons entrepris les démarches dans ce sens, rien ne bouge jusque là. Nous ne nous décourageons pas pour autant. Nous continuons à nous battre. Nous espérons que l’aide du gouvernement congolais arrivera un jour.

Qu’avez-vous déjà réalisé dans le cadre de votre Fondation ?

Nous avons déjà construit le Mausolée Mpongo Love au cimetière de la Gombe. Cette sépulture en hommage à l’artiste a été inaugurée le 8 mars dernier. Plusieurs animations et émissions de télévision sont organisées dans le cadre de cette Fondation… Le 1er août prochain, la Fondation Mpongo Love organisera, au Grand Hôtel Kinshasa, la première édition du Trophée Mpongo Love, à savoir un concours ouvert aux chanteuses en herbe.

Quel est votre projet immédiat ?

La sortie de mon premier album.

Et votre projet à long terme ?

La construction du dispensaire ONG Mpongo Love.

Qu’est-ce qui fait votre force ?

Les auditeurs qui m’entendent en ce moment et les lecteurs qui me liront dans le journal Le Potentiel.

Quelle est votre faiblesse ?

C’est quand on m’oublie.

Pensez-vous que les gens vous oublient ?

Avant oui, maintenant qu’ils entendent ma voix et liront cette interview, les choses vont peut-être changer. Ils penseront à moi !

« Même si la vie m’a persécutée, moi j’aime la vie, c’est si beau la vie ». Que vous inspire cette phrase prononcée par votre défunte mère ?

C’est si mélancolique pour moi parce que je me dis, elle, qui a tellement aimé la vie, aurait dû vivre longtemps ! Elle est partie si vite. Ma mère était handicapée physique mais malgré son handicap, elle disait qu’elle aimait la vie, elle s’aimait telle qu’elle était et se battait pour vivre la vie et être bien dans sa vie. N’est-ce pas une belle leçon de courage ?

Votre mère vous manque-t-elle ?

Elle me manque beaucoup !... Elle aurait dû être là pour voir ses petits-enfants naître ; ses petits-enfants qui chantent les chansons de leur grand-mère comme si elles dataient d’hier. Elle rate tout ça.

Propos recueillis par Robert Kongo / Le Potentiel (Digitalcongo)
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