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Staff Benda Bilili fait vibrer le théâtre d’Angoulême


Par SDC, Starducongo.com | Vendredi 1 Avril 2011 | Lu 608 fois | 0 Commentaire



Kinshasa. Leur quotidien c'était la rue, les cartons contre le froid, la vente de cigarettes à la sauvette. Leur rôle de pères la sagesse pour les gamins orphelins. Ils ont tous dépassé la quarantaine; plus qu'une dizaine d'années à vivre selon l'espérance de vie congolaise. Ils squattent le jardin zoologique de la capitale.

Le théâtre d'Angoulême, en France, a vibré, le jeudi 24 mars 2011, au rythme du groupe congolais Staff Benda Bilili.

Un tonnerre a été entendu, le jeudi 24 mars 2011 sur la scène du théâtre d'Angoulême, en France où, près de 3.000 mélomanes ont été éblouis par la Rumba, la ragga, la soul, la funk, un brassage des rues de Kinshasa, a constaté Charente Libre.

Cris déchirants, danses jubilatoires. Visages hilares. La sueur roule sur la peau des festivaliers. Le soleil leur sourit de tous ses rayons. Les regards éberlués sont rivés sur la scène des Eurockéennes de Belfort. La cocaïne du public ne s'appelle pas Black Eyed Peas ou Franz Ferdinand, mais Ricky, Coco, Théo et Djunana.

Huit musiciens congolais qui se tortillent d'envie, comme pour s'échapper du carcan de fer qui les immobilise. Des tricycles bidouillés en fauteuils roulants, des béquilles chancelantes. Les ravages de la polio sur leur corps. Un handicap dont ils se fichent. Leur nom: «Staff Benda Bilili», en lingala, le dialecte majoritaire du Congo. «Regarde au-delà des apparences» en français.

Une pluie d'applaudissements diluviens s'abat sur la scène. Les 3.000 mélomanes en redemandent. Dix fois plus de têtes dodelinant qu'au début du set. Staff Benda Bilili s'est repu de sa première scène au-delà de la Méditerranée.

Depuis le lancement de leur carrière en juillet 2010, la valse des scènes européennes les étourdit. L'ouragan médiatique souffle si fort qu'ils n'accordent plus d'interviews.

Les Congolais maîtrisent les grands écarts: des rues de Kinshasa aux loges des salles de concert, de la musique bidouillée dans la rue aux studios d'enregistrement, de la misère au succès. Après le concert du théâtre d'Angoulême à guichets fermés, il y a trois ans encore ils n'avaient jamais franchi les frontières de la République démocratique du Congo.

La carrière s'envole

Leur quotidien c'était la rue, les cartons contre le froid, la vente de cigarettes à la sauvette. Leur rôle de pères la sagesse pour les gamins orphelins. Ils ont tous dépassé la quarantaine; plus qu'une dizaine d'années à vivre selon l'espérance de vie congolaise. Ils squattent le jardin zoologique de la capitale.

Les coassements des crapauds englués dans les flaques de boues en guise de fond sonore. Heureusement il y a la musique. Il y a surtout la musique. Celle qui sort des tripes. Du fond de l'âme. Soul, funk, rumba, ragga. Dégraissée de toute influence.

Ricky, un des chanteurs, se plaît à rappeler qu'il ne connaît que deux musiciens: James Brown et Michael Jackson. Guitares désaccordées et boîtes de conserves en guise de percussions, l'orchestre de bric et de broc est tout sauf en toc. Ils chantent la rue, la corruption, la maladie, l'espoir. Un espoir qui se matérialise en 2004, quand ils rencontrent deux Français venus tourner un documentaire. Des liens se tissent. Et Roger apparaît. Un gamin à peine majeur, scotché à son satongé, un instrument fabriqué d'une brique de lait et d'un fil tendu sur une branche courbée. Il en arrache des riffs nerveux.

L'album du staff est sur les rails. Mais après seulement quelques jours de studio, un incendie ravage le centre d'hébergement dans lequel certains musiciens trouvaient refuge. Il faut attendre 2007 pour que l'aventure redémarre. Edition du CD «Très, très fort» en 2009. Lancement du film dans la foulée.

Un documentaire tourné à l'épaule. Des moments furtifs happés par deux petites caméras. Sur les écrans en septembre 2010, il fait un peu plus de 41.000 entrées le jour de sa sortie. Les quelques milliers de curieux des débuts essaiment derrière eux. «Benda Bilili !» est un succès. Leur carrière s'envole.

Bienvenu Ipan/Le Potentiel (Digitalcongo)
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