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Tabu Ley raconté par le journaliste Bazakana


Par Afriquechos.ch | Jeudi 20 Février 2014 | Lu 634 fois | 0 Commentaire

Tabu Ley Rochereau Pascal que la faucheuse a emporté à Bruxelles, le samedi 30 novembre naquit le 13 novembre 1940 à Bagata, en terre yanzi. Il a fait ses études à Ste Anne et à l’ Écomoraph à Kinshasa, la capitale de son pays, la RDC. Alors qu’il pratiquait la musique comme amateur, il occupa –avec le regretté Mukoko Mushieni, devenu par la suite journaliste à Télé-Zaïre- successivement les fonctions de secrétaire administratif au fonds du Bien-être indigène et, par la suite, l’actuelle Fonction publique qui l’affecta dans l’enseignement provincial. Il assuma les fonctions de responsable administratif et financier à l’Athénée Royal de Kalina.
Devenu musicien professionnel, nous le retrouverons comme coordinateur de Planification des écoles laïques du Congo et ensuite responsable administratif et financier à l’Institut technique de N’djili (EPOM) où « docteur » Nico Kasanda dispensait des cours de mécanique.



La star congolaise Tabu Ley et notre confrère P. Bzakana à Paris|Photo d’archives BB.
La star congolaise Tabu Ley et notre confrère P. Bzakana à Paris|Photo d’archives BB.
Artiste professionnel

D’abord dans l’African Jazz, African Fiesta Vita et fondateur de l’African Fiesta « Le Peuple » devenu par la suite Afrisa.
Tabu Ley évolua –épisodiquement- dans Jazz Africain avec Casino Mutshipule, Edo Clary et autres Franklin Boukaka et aussi dans l’OK Jazz en remplacement de Vicky Longomba. Franco venait de sortir de la prison de Makala (Vicky se trouvant alors à Bruxelles avec Kallé Jeff pour agrémenter la Table Ronde, Franco avait fait appel à Tabu Ley et ils avaient enregistré les chansons comme Mobembo ya Franco na wele et autres Yo moto na simisi molayi, yango bwato wana ya yo ?

Homme d’affaires

Tabu Ley a été exportateur de café (avec Franchard Nitu) et aussi le premier Congolais importateur de papier du Japon (avec les Kelani, Momodi, Omer Bangunina. Il créa ZAGRAM « Zaïre Gramophone » avec comme objectif de doter le Zaïre d’un studio ultra-moderne et d’une usine de pressage de disques. ZAGRAM a été dirigé d’abord par Omer Bangunina avant de m’être confié (Ndlr. Bazakana).

L’engagement politique de Tabu Ley

Contraitement à ce qui se dit, ce n’est pas après son retour de l’Europe à l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila que Tabu Ley a commencé avec la politique, mais bien avant. Lisez ce qu’il me confiait à Paris, en 1989.
« Je vous explique comment le musicien zaïrois s’est engagé dans le jeu politique. Et ce qu’était ma place aux côtés des faiseurs de la politique et mes aînés Kallé, Izeidi et Franco.
À la mort de Lumumba où Kallé Jeff et l’African Jazz perdirent le nord, le MNC/L était décapité.
Donc, l’African Fiesta « Vita » présidé par Roger Izeidi, ami de Bomboko, Nendaka, Mobutu, Kandolo, Moleka et autres Ndele qui constituaient le « Groupe de Binza ». Le groupe était soutenu de l’extérieur par les Américains et les Français comme on nous le faisait croire, et l’OK Jazz qui, à cette époque brillait par des chansons de soutien à Moïse Tshombe qui avait acheté un équipement de musique peint de rouge (couleur des révolutionaires), à Luambo Franco : « pour services rendus » ! -Luambo continuait à louer Moïse Tshombe, nous à l’African Fiesta, suivions les desiderrata de notre président Roger Izeidi que soutenait ses amis du « Groupe de Binza » alors que moi j’étais Lumumbiste pur sang ! Quant à l’OK Jazz, il était soutenu par Moïse Tshombe et les Belges, par l’entremise de l’Union Minière du Haut Katanga. À l’époque, c’était normal - pour la survie de nos orchestres - que chacun de ces groupes eusse des soutiens politiques. D’ailleurs, Franco n’était pas « politique », il ne soutenait pas Tshombe par conviction, mais pour l’argent !
Plus tard, notre président Izeidi perdra les largesses du « Groupe de Binza » à cause de problèmes personnels. Du coup, je subis le coup. En plus, j’étais le « fils » modèle de Kabasele Tshamala « Kallé Jeff qui, lui, était l’ami de Lumumba.
L’élimination de Roger Izeidi dans l’entourage du « Groupe de Binza » avait affaibli un peu ma position. »

Un fait à signaler que l’on ne soulève pas souvent, me confiait Tabu Ley : « Kallé Jeff avait Mobutu comme collègue à la Primature où Mobutu occupait le poste de secrétaire d’État, tandis que Kallé, lui, était secrétaire général à la même Primature. Je crois que c’est de là qu’est partie leur rancune. Car, regardez bien, combien des Lumumbistes et ceux du clan Kallé Jeff croupissent dans la misère alors que des gens qui viennent à peine de connaître le président Mobutu vivent dans l’opulence et ne veulent pas nous sentir ? Ils sont nombreux ! »

Reconnaissons tout de même que bien avant notre « exil » de 1988 en Europe et aux USA, Tabu Ley et l’Afrisa étaient entrés dans les bonnes grâces de Mobutu. La preuve ? Nous étions presque de tous les voyages de Mobutu pour agrémenter ses fêtes. Et ce, malgré la désapprobation de quelques collaborateurs zélés de Mobutu qui ne voulaient pas de Tabu Ley ni de l’Afrisa, mais de Franco et de l’OK Jazz !

À l’arrivée de Mzee Laurent-Désiré Kabila, Tabu Ley regagna Kinshasa et se lança dans la politique active jusqu’à devenir membre d’un parti politique, à être nommé député, vice-gouverneur et ministre provincial.

Paul Bazakana
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