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Tchimbamba PN 242. Naomie Makosso, the story of #10


Par | Jeudi 10 Octobre 2013 | Lu 1047 fois | 0 Commentaire



Tchimbamba PN 242. Naomie Makosso, the story of #10
Suite des aventures de la "Story Of" de Naomie Makosso, personnage central du documentaire Tchimbamba PN 242. Un 10ème épisode où les jolies choses commencent à se bousculer sur le chemin plein d'espoir de cette petite fille du quartier Tchimbamba à Pointe Noire. (Pour lire tous les épisodes précédents, cliquer ici.

The Story Of #10 - Soixante cinq -

Quand ça toc "comme ça" à la porte, c'est Naomie. Et ça toc "comme ça" à la porte, un jour de mars, le 14 : "Mylène, elle ne me croit pas et même l'école elle ne me croit pas, alors…". Mylène est la copine de classe de Naomie, moi j'ai "Papa Irresponsable" à finir et Naomie est déjà assise devant le computer. "Tu peux montrer les images ?" J'abandonne le dernier couplet de "Papa Irresponsable" pour quelques séquences de Tchimbamba PN 242 sur l'écran. Le Press-Book de Naomie ? Ah oui, le Press-Book de Naomie ! Là, dans le tiroir ! Hum, pas vraiment simple pour la nouvelle Princesse de Tchimbamba d'avoir à répondre de sa notoriété naissante qui aiguise les étonnements. La jalousie ? la méchanceté ? Oui, aussi. Bien sûr et hélas oui. Il faut à Naomie une tête solide, des épaules solides et solidement croire en son étoile quand les "bouchards" s'en mêlent. Voilà Mylène convaincue. Les filles s'envolent dans les rires et les bonbons d'un fond de valise. Carambars, Dragibus, trucs qu'on ne trouve pas forcément ici à Pointe Noire.

Sur le long chemin qui mène à l'école Mamoukoulima j'accompagne au lendemain Yaviche et Naomie. Chemin de flaques et de boue suite aux pluies et orage de la nuit. J'aime bien l'idée d'avoir réussi à tenir debout dans mes tongs à travers les jardins, les ruelles, même si j'arrive dégueulasse dans le bureau de Mme Séverine, la directrice : "Naomie est trop souvent en retard". dit-elle. Moi, je serai surpris d'être à l'heure à mon rendez-vous au fond de la ville comme je suis surpris de retrouver ma route pour le retour mais il faut dire que j'ai tellement fait attention où je mettais mes tongs que je reconnais les flaques, les trous, les terrains glissants de boue. J'aspire une Fine verte dans une "cuisse de poulet". Le poste radio parle des gens qui se lamentent ici des vilaines odeurs de la morgue et d'une épidémie de choléra. Tu te dis : "Quoi ? Cuisse de poulet ?". L'important c'est pas la "cuisse de poulet" mais cette foule sur l'avenue Fayette Tchitembo devant la morgue et qui semble dire qu'ici on peut mourir d'un trois fois rien. Et puis j'ai dit "cuisse de poulet" comme on peut dire "Titanic" ou "Benoit XVI", "Sarkozy" ou "Tchilondo"… En fait, toutes des Toyota, taxis bleus affublés de surnoms ayant leur amusante histoire.

Dans un nouveau matin d'un nouveau toc pas tout à fait "comme ça" la porte s'ouvre sur Naomie et un paludisme qu'elle traine. Ainsi vont les jours et les appels au secours. Ecrire encore qu'aujourd'hui est chercher une bouteille d'eau minérale glacée, payer une ordonnance d'un autre paludisme, rendre visite dans une chambre de clinique qui me fait froid dans le dos malgré la chaleur écrasante. Dis, toi, tu fais comment ?… Et comment font les autres ? Je ne sais pas comment faire alors je paie, juste avant que l'histoire de la petite Princesse de Tchimbamba ne s'accélère, plus loin dans le quartier Loandjili où j'ai rendez-vous en ce vendredi 20 mars.

C'est un endroit bien : L'Espace Culturel Yaro. Avec un mec bien Pierre Claver Mabiala. Et puis une fille (bien) Jussie Nsana, arrivée tout juste de Brazzaville et heureuse des encres et des feutres que j'apporte pour ses dessins. Et encore une autre fille (bien), comédienne, Germaine Ololo. Alors il se passe des choses forcément bien. Claver aimerait que je réalise un film pour le Festival International Nsangu Ndji-Ndi qu'il organise chaque mois de juin depuis presque dix années ! Comme on parle de musique et de films, j'en viens à parler de Naomie : "Elle a treize ans et demi et seulement trois chansons à peine terminées". Ca l'air de tomber pas si mal. "C'est OK, le festival est placé cette année sous le signe de la jeunesse et des quartiers. Naomie peut faire l'ouverture et la clôture de cette neuvième édition, un peu comme un symbole, tu vois ?". Claver ne le sait pas, j'ai en moi une joie immense ! Dans la "cuisse de poulet" du retour, je tombe sur un os… et de me souvenir : Ca va pas être simple, ça va pas être simple, ça va pas être simple…

O7:00. C'est l'heure du rendez-vous que j'ai donné à Naomie pour l'amener à Adolphe-Sicé, un des hôpitaux de Pointe Noire. Quand je pousse la tôle ondulée de la parcelle de Mama Céline à 07:01 j'apprends que Naomie a filé avec sa Maman Chance à l'hôpital avant que l'histoire ne s'accélère une nouvelle fois là-bas en ville. Là-bas où j'attends des nouvelles pour un autre tournage, celui des Diables Rouges, la sélection nationale de football de la République du Congo. Manu, l'attaché de presse de la fédération me demande de revenir un peu plus tard, le temps que les choses se décident… J'ai donc assez de crédit MTN et de temps pour téléphoner et déjeuner au Shanghai avec Jean-Yves Brochec, fondateur de Pointe Noire Magazine à qui je dois la première publication du premier article de presse "Naomie, un peu plus près des étoiles" ! Au Shanghai, j'ai juste faim d'un Coca glacé, on parle de tout et de rien avec Jean-Yves. Surtout de tout ! Jean Yves Brochec, rappelle toi de son nom, tu verras c'est important pour la suite.

L'immédiat, c'est le parking de l'hôtel Elaïs et le Bus des Diables Rouges qui m'embarque au final vers le Stade Municipal pour leur premier entrainement ! Alors là, comment te faire comprendre ? Quelle ambiance à l'arrivée du bus, une marée humaine habillée de vert, de jaune et de rouge chantant la Congolaise à plein poumons ! Quelle émotion ! Vraiment !!! A la sortie du stade et avant que le soleil ne se couche je filme des Mamans que je croise et qui se préparent pour le championnat de Nzango. La plupart des femmes Congolaises ont joué au Nzango lorsqu'elles étaient petites. Etrange ballet où se lèvent les jambes, où les mains claquent et les voix chantent ! Les enfants de la parcelle m'ont appris cela.

Quelle chaleur ! J'avale des soixante-cinq centilitres en file indienne. Glacés. Il fait encore plus chaud lorsque, dans ma chambre, le courant part, la clim' avec, l'eau pareille. Le courant part souvent, moi aussi : Dans un orphelinat au matin avec les Diables Rouges, au "Grand Café" l'après-midi pour des rendez-vous et travailler : Soixante-cinq centilitres - Ngok'- à parler d'un film à Dolisie avec Achille Mouebo, soixante-cinq centilitres plus tard - Tonic - à parler avec Jean-Yves Brochec de Naomie. Car J-Y.B est également Directeur Responsabilité Sociale et Communication d'une Société Britannique ayant une filiale à Pointe Noire : "Tu sais, je pense que Tchimbamba PN 242 pourrait intéresser mon boss dans le cadre de nos projets sociaux". Je dis : "Ah, tu crois ?".

Par Philippe Edouard.

A suivre
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