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Téléphonie mobile : vers un retour du monopole des majors ?


Par Adiac-congo.com | Jeudi 10 Octobre 2013 | Lu 274 fois | 0 Commentaire



Le partenariat annoncé la semaine dernière entre Airtel et Warid à Brazzaville n’est pas du goût de tout le monde. Même si les choses n’ont pas été dites clairement, la vente possible de Warid Congo au groupe Bharti, propriétaire d’Airtel, est perçue par beaucoup comme un retour du monopole des majors du secteur, avec le risque de fragiliser « l’écosystème » établi

Le 30 septembre 2013, Sheikh Nahayan Mubarak Al Nahayan, le président-directeur général du groupe Warid International, a été reçu en audience par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso. En présence du ministre congolais des Postes et Télécommunications, le prince d’Abu Dhabi a présenté au chef de l’État le projet de partenariat entre les deux groupes. Aucun mot n’a été officiellement prononcé sur la vente de Warid Congo à Airtel, bien que le sujet ait défrayé la chronique quelques jours avant la visite de travail du patron de Warid International.

Au sortir de l’audience, le prince a affirmé devant la presse que le président de la République avait souhaité que ce partenariat préserve les intérêts des travailleurs et des usagers des deux compagnies. Dans quel contexte finalement le mot partenariat a-t-il été utilisé dans le cadre de cette affaire ?

Il est vrai que, depuis quelque temps, on assiste dans plusieurs pays à des mouvements autour des actifs de Warid International. En Ouganda, l’opérateur émirati a été racheté en mai par l’entreprise Airtel. En Côte d’Ivoire, l’opérateur de télécommunications Maroc Télécom s’est montré intéressé par l’acquisition de la licence Warid Telecom, mais des différends internes entre Ivoiriens et Pakistanais auraient été à l’origine de l’échec de l’entreprise. Pakistan Telecommunication Co, filiale du groupe de télécommunications émirati Etisalat, a récemment soumis une offre de rachat à son rival Warid Telecom…

Au Congo, la filiale de Warid a été implantée en 2008. Même si on ne veut pas encore officiellement parler de la vente du troisième opérateur de téléphonie mobile congolais, deux questions se posent pour l’heure : l’intérêt des clients, mais aussi, et surtout, l’avenir de la centaine de travailleurs qui ont réussi à faire de la société l’une des plus inventives en matière d’offres et la plus fiable en matière de qualité de service, selon l’Agence de régulation des postes et communications électroniques (ARPCE).

Sans Warid Congo, comment le marché du mobile va-t-il évoluer ?

Avec quatre opérateurs pour une population estimée à 4 millions d’habitants, le Congo a donné l’exemple d’une concurrence loyale et légale dans ce secteur avec comme corollaire une baisse significative des coûts. Warid Congo a joué un rôle important dans cette embellie des tarifs, en proposant des solutions adaptées à plusieurs segments de clients et en incitant les deux majors Airtel et MTN à entrer dans le jeu.

Après une restructuration du personnel et du management en 2009, à la suite d’une crise née de problèmes de gestion et de stratégies, Warid Congo a rattrapé son retard au fil des années. Selon l’ARPCE, de juin 2012 à juin 2013, la société, qui vise le million d’abonnés, a augmenté son parc de 63,4% contre 4,7% chez MTN alors que les abonnés d’Airtel ont baissé de 5,1%. Sur la période, Warid a vu les activations d’abonnés augmenter et atteindre 49,9% alors que chez Airtel et MTN, les activations ont respectivement baissé de 21,2% et 5%.

Les chiffres présentés par l’ARPCE sont éloquents, et les services aux abonnés offerts par l’opérateur, à l’instar de « Masolo ya gogo », sont autant d’atouts qui attirent notamment une clientèle jeune. Avec la disparition de Warid, les clients de la société peuvent légitimement se demander comment va s’opérer l’intégration de ses services dans ceux d’Airtel et si les tarifs pratiqués par Warid vont rester les mêmes.

Sauvegarder l’équilibre des coûts de communication

On se souvient qu’en 2009, un an après le lancement commercial de la société, on pouvait téléphoner d’un mobile vers l’intérieur et l’extérieur du pays au tarif unique de 89 FCFA. Au fil des années, le coût a connu quelques fluctuations plutôt heureuses selon les réseaux.

La révolution du téléphone mobile au Congo a fortement contribué à créer des emplois fixes et indirects. Manifestement, le « partenariat » entre Warid et Airtel entraînera des remous. Selon une indiscrétion, une partie du personnel de la société émirati devrait être remerciée. Une chose, au moins, est sûre, c’est que le gouvernement du Congo est attaché au respect des textes en vigueur en préservant, comme l’a souligné le président de la République, les intérêts des travailleurs. Mais ce n’est pas tout. Il va falloir également sauvegarder l’équilibre des coûts de communication, et pousser à l’amélioration du réseau qui parfois laisse à désirer.

Après Warid – qui détient 17,7% de parts de marché, derrière Airtel (35,7 %) et MTN (38,4%) –, l’inquiétude est de voir également Azur se fondre dans un « partenariat ». Si ce dernier opérateur, avec ses quelque 371 000 abonnés (8,2% de part de marché), reste seul face aux deux majors, le risque est grand de voir un retour de monopole avec, certainement, ce qu’on ne souhaite pas, un environnement verrouillé.

Quentin Loubou
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