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Théâtre à l’espace culturel Yaro de Pointe-Noire : Le one man show réussi de Duvalier Lountadila


Par La Semaine africaine | Vendredi 4 Septembre 2015 | Lu 618 fois | 1 Commentaire

Dans une République où l’on assassine allègrement des citoyens pour leurs positions, le silence peut être un bon moyen pour échapper à la mort. La pièce de théâtre de Serge Félix Tchicaya, intitulée «Témoin gênant», vous embarque au cœur d’un système politico-culturel bâti sur la perfidie.



«Avant de rejoindre mes ancêtres, je dirai ce que je sais». Ainsi parla le poète, quelques heures avant qu’il ne fût conduit au bûcher. Un peu comme Socrate qui accepta, volontiers, de boire la ciguë, bien que ses disciples lui proposassent de fuir. Et un peu comme Jésus-Christ qui se laissa crucifier, bien qu’il disposât d’un pouvoir capable de résister à ses adversaires.
Comme bon nombre de penseurs révolutionnaires, ce poète était devenu le témoin gênant de la République. Lui qui, ayant vu comment se gérait la chose publique et les multiples violations des droits humains, s’était avisé à en informer le peuple, au moyen des poèmes. Or, c’était mal connaître le souverain qui régnait ici en maître absolu et qui se passait pour un demi-dieu qui avait droit de vie et de mort sur tous ses concitoyens. Il fut donc assassiné.
Les tribunaux aux ordres du souverain ont attribué la mort du poète au suicide. Et pourtant, des populations ont vu des sbires du Chef l’enlever et le conduire à un lieu inconnu dont il ne reviendra que dans une position allongée, pour ne plus se réveiller. Et comme tout bon tyran, le monarque décida de réhabiliter sa victime, en débaptisant les rues et édifices de la République du nom du poète. C’était le comble du cynisme politique! Mais, malgré tous ces scénarii, le peuple n’oublia jamais cet épisode noir de son histoire.
Et pendant près d’une heure, la centaine de personnes venues le 13 août dernier, à l’espace culturel Yaro de Pointe-Noire, pour assister à la présentation de la pièce a dû se rendre compte, comme Serge Félix Tchicaya, d’une réalité politico-sociale des plus attristantes encore en vogue dans bien de pays, à travers le monde. Dans ces pays, les assassinats, la gabegie, la privation des droits et libertés fondamentaux, le musellement de la presse et bien d’autres violations continuent d’être une règle cohérente de direction d’une nation. «Cette triste réalité est observée dans beaucoup de pays, à travers le monde», a indiqué Djef Biyeri, dramaturge. Avis partagé par Duvalier Lountadila, comédien, qui, selon Djef, a réussi le monologue. «Sur les tréteaux, je me sentais, tout à l’heure, dans la peau de beaucoup de peuples jusqu’ici torturés par leurs dirigeants. Ces dirigeants qui s’efforcent d’effacer l’histoire pour ne nous montrer que leurs images humanistes», a expliqué Duvalier.
Mais, peut-on vaincre la dictature avec de simples descriptions mélancoliques? Assurément, non. Toute révolution a un prix. Et tout le monde doit accepter de payer ce prix.

John NDINGA-NGOMA
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Vos commentaires:

1.Posté par Rim le 07/09/2015 16:52 | Alerter
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Ce blog a beaucoup de convivialité et un accueil chaleureux
Merci beaucoup

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