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Théâtre congolais : Le phénomène « Libanga » provoque le désintéressement des téléspectateurs


Par | Lundi 3 Octobre 2011 | Lu 980 fois | 0 Commentaire



Malasi, Comedienne
Malasi, Comedienne
Kinshasa. Les artistes semblent ainsi pris au piège en se croyant dans l’obligation de citer «énormément» de noms, là où ils devraient plus songer à une leçon morale ou à des conseils rentrant dans le cadre de l’éducation de la population.

De plus en plus, le phénomène « Libanga » prend corps dans le théâtre congolais. Dans l’entendement des artistes comédiens de la RD Congo, le phénomène « Libanga » est un moyen par lequel un artiste exprime sa gratitude à ceux qui ont apporté leur contribution à la concrétisation d’une œuvre. Il peut s’agir d’un sponsor, d’une famille qui a cédé sa maison pour le tournage d’un film ou encore d’une personne (qui ne fait pas partie du groupe) qui a conçu l’idée à mettre en scène.

Mais, avec la multiplicité des troupes théâtrales, le phénomène « Libanga » a pris une autre orientation. Tous ceux qui veulent se faire connaître « négocient » un «Libanga» auprès des artistes, y compris ceux qui n’apportent rien en échange ou qui n’ont même pas contribué, d’une manière ou d’une autre, à la réalisation des pièces de théâtre.

Mais, ce que les artistes semblent souvent oublier, c’est que le recours abusif au « Libanga » dévalue une pièce et provoque, par conséquent, le désintéressement des téléspectateurs.

Chez certains artistes, chaque tableau d’une pièce de théâtre ne peut pas se terminer sans que deux ou trois noms d’individus ne soient cités. La pièce perd parfois le fil d’idées. On constate, dans la plupart des cas, à la fin d’un épisode, une dizaine de personnes citées, sans compter les noms des boutiques et des kiosques.

Les artistes semblent ainsi pris au piège en se croyant dans l’obligation de citer «énormément» de noms, là où ils devraient plus songer à une leçon morale ou à des conseils rentrant dans le cadre de l’éducation de la population.

Jadis, les troupes théâtrales n’intégraient pas, dans leurs représentations, le phénomène « Libanga ». D’ailleurs, cette pratique n’existait même pas. Il suffit de considérer les productions du « Groupe Salongo », par exemple, où l’on retrouvait des artistes de renom comme Mayimputu Kwedi, Ndungi Mambimbi alias « Masumu », Mabele et tant d’autres, pour s’en rendre compte. Ce fut également le cas avec le « Groupe Minzoto » du temps des artistes tels que Kimbanseke, Kikwanganzala et les autres des années 90.

Pourtant, ces troupes édifiaient le public à travers leurs pièces. C’était la comédie pure, jouée avec art. C’est ce qui a même suscité, dans le chef de certains jeunes à l’époque, devenus aujourd’hui de grands artistes, le goût du théâtre. Car, les anciens servaient de modèles. Sans le «Libanga», les anciens artistes arrivaient tout de même à vivre de leur métier.

Abordés sur la question, certains artistes indiquent que c’est grâce au phénomène « Libanga » qu’ils font vivre leurs troupes. Cependant, de l’avis des observateurs, il suffit de bien traiter un sujet, en reflétant les réalités de la vie, pour que le reste suive à l’instar de l’Evangile qui conseille de chercher d’abord le royaume des cieux avant d’accéder au reste.

Charlène MAKINA (Kongotimes)
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