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Tribune. De la Conférence Nationale de 1991 au Dialogue de 2016


Par | Jeudi 11 Août 2016 | Lu 840 fois | 1 Commentaire

Congo, (Starducngo.com) - « Comment convaincre les générations futures que l’Education est la clé du Succès et de la Réussite sociale, quand nous sommes entourés par des Diplômés Pauvres et Chômeurs d’une part et des Criminels Riches d’autre part ? » Robert Mugabé Président du Zimbabwé en Février 1998.



Voici le Congo de 2016 parfaitement décrit. Le Congo est au fond du gouffre, il faut l’en sortir et nous en convenons tous. Et, ces jours-ci, le microcosme politique congolais bruisse. Il serait question d’un Dialogue. L’idée est lâchée.

Interloqué, E. P. Mampouya pose la seule question qui vaille : « Un Dialogue Pourquoi faire ? ».
Le tableau est celui-ci :

a) : Nous avons en premier, une bande de criminels de haute volée: César et son aréopage. A côté desquels, les Borgia étaient des enfants de choeur. Ce milieu est composé de ceux qui veulent être César à la place de notre César et qui n’attendent que le moment propice pour l’occire. Pour notre César, Brutus est une vieille connaissance. Il se souvient que Jules fut poignardé le 15 mars par Brutus et que M. Ngouabi le fut le 17 mars par Brutus : notre César. Et cela, notre César le sait. Notre César n’ignore pas que dans son aréopage, ils ont tous la dague à la ceinture et s’en préserve au maximum. Mais dans son aréopage, il y a aussi ceux qui tiennent mordicus à ce que notre César reste à jamais leur César. Le statu quo leur convenant largement.

Comme notre César aime souvent porter les habits de la déesse Eris, le moment venu, la guerre, certes feutrée, y fera rage.

b) : Il y a les Opposants d’hier, ceux d’aujourd’hui et ceux qui font semblant de l’être. Comme de bien entendu dans cet attelage il y a aussi ceux qui veulent être César à la place de notre César, dont certains Has Been. Et, le moment venu, la guerre y fera rage. Notre César devenant Eris ne s’empêchera pas de leur apporter un bidon d’essence et des allumettes.

c) : Il y a enfin ceux que nous appelons affectueusement et pudiquement : La Société Civile. Un ensemble hétéroclite dans lequel nous trouvons : Les « nganga Mayele », les Has Been, les Communautés Religieuses, les fieffés tribalistes et le Tout venant. Dans ce groupe, tout comme dans le précédent, notre César, dans sa grande générosité bien connue, ne s’empêchera pas d’y apporter quelques bidons d’essence et des boites d’allumettes. Là aussi, la zizanie fera rage.

Lors de la Conférence Nationale de 1991, il y a eu entre autres : la Commission « Assassinats », la Commission des « Biens Mal Acquis », la Commission « Politique » etc, etc…. Des compatriotes ont été tués, assassinés pour uniquement assouvir la satisfaction des ambitions politiques de certaines personnes. Le Prélat avait oublié lors de cette mise en scène que des Congolais n’avaient pas fait leur deuil. Monseigneur Nkombo et sa suite nous avaient fait croire qu’une fracture sociétale, une rupture avec un ordre ancien pouvaient se faire en souriant, en pardonnant, en se lavant les mains. Le Prélat avait consciemment oublié ce que le Nazaréen, dans son Eternelle et Immense Sagesse, enseignait, en affirmant qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux. D’où l’échec de cette Conférence.

César a toujours été, est et sera toujours et encore César. A son âge, on ne se refait pas. Même si un scribe distrait avait oublié son année de naissance. Les chiens ne font pas des chats et un mauvais arbre ne produit que de mauvais fruits. C’est bien connu. Et d’ailleurs, les Francs-Maçons qui, pour des raisons non avouables, ont initié Sassou-Nguesso, l’ont appris à leurs dépens. A telle enseigne que l’Ordre Maçonnique (toute obédience confondue) est assimilée à de la sorcellerie. Partant, il ne fait pas bon d’être reconnu COMME TEL au Congo. Cette violence armée inouïe, qui est allée crescendo depuis 1997, n’est que la traduction de la peur et de l’incapacité de Sassou-Nguesso à gérer le pays. Et comme la classe politique congolaise a une mémoire si courte, elle fait l’étonnée, elle feint la surprise.

Finalement, les problèmes viennent plus de cette élite politique incompétente et corrompue que de l’intelligence supposée de Sassou-Nguesso,

Le Congo se retrouve aujourd’hui dans une situation pire que celle d’avant la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Est-il possible de faire du neuf avec du vieux ? En termes clairs pour ceux qui n’ont pas encore compris : Est-il possible de construire un nouveau Congo, avec les mêmes incompétents et corrompus qui l’ont conduit là où il se trouve ?

Et en 2016, il est question d’un Dialogue. Paraphrasons E. P. Mampouya: Un Dialogue ! CHOUETTE, tiens donc, enfin les politiques congolais ont eu la bonne idée! Mais au fait, Pourquoi et avec Qui ? J’ai simplement l’impression que les Congolais n’ont pas retenu certaines leçons d’un passé vieux de vingt cinq ans à peine. Nous sommes-nous posés seulement la question pourquoi la Conférence Nationale Souveraine a échoué.

Aller au Dialogue revient à participer à un raout auquel Sassou-Nguesso aura édicté les règles. C’est reconnaitre de facto qu’il a gagné les élections de mars 2016, qu’il est dans ses droits de mettre J. M. M. Mokoko en prison, et qu’en conclusion, ceux de l’opposition sont des mauvais perdants. Combien de temps faudra-t-il encore accepter que ce soient toujours les mêmes qui tuent, qui assassinent depuis plus de trente ans et qu’ils sont toujours les mêmes à être pardonnés ? Il faudrait bien un jour qu’ils paient pour le sang des innocents. Le détestable climat régnant au Congo ne nécessite même pas un dialogue pour la paix, ou des négociations auxquelles les victimes innocentes ne pourront assister.
R. Barre (homme politique français) disait en son temps : « On ne dine pas avec le diable. Même avec une longue cuillère ». Notre César est extrêmement riche à la tête de ce qui est dans les faits un genre d’empire criminel. Ayant dompté les média nationaux et même certains africains qui lui tressent des couronnes de laurier, contrôlant le monde des affaires, associant affaires et politique, il ne veut aucune opposition. D’où, aller au Dialogue c’est aller à Canossa.

Un Dialogue n’est rien si on ne sait pas de quoi il est question. Ce n’est pas l’amour que nous portons envers notre pays qui est en cause. Mais notre incapacité à nous regarder et à nous dire que nous sommes notre propre ennemi: la Symbolique du Miroir si chère à l’ordre Maçonnique.

Osons le MIROIR. Osons-nous regarder dans le MIROIR. Osons nous demander pourquoi Sassou-Nguesso hait le Pool autant que ça, Osons nous demander pourquoi Sassou-Nguesso assassine autant depuis qu’il est entré en Politique. Osons regarder ce pays et nous nous aurons la certitude que le Nord et le Sud sont deux pays différents. L’intangibilité des frontières est une idée coloniale.

En 1992, un processus politique a conduit à la dissolution de la Tchécoslovaquie. En bonne intelligence, deux états indépendants sont nés: La République Tchèque et la Slovaquie.
Sénèque disait: "Ce n’est parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles".

Nzoumba Mpassy
nzoumbampassy@gmail.com
Lu 840 fois


Vos commentaires:

1.Posté par ntinia le 13/08/2016 14:56 | Alerter
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la grave erreur c'est de n'avoir pas mis sassou aux arrets d'ou le blocage actuel


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