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UPADS. Déclaration du premier sécretaire au siège de Brazzaville


| Lundi 1 Septembre 2014 | Lu 328 fois | 0 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Le siège de l’U.PA.D.S situé au quartier Diata à Brazzaville, a été pris d’assaut ce dimanche 24 août 2014, par les responsables des instances intermédiaires et de base de ce parti, qui sont venus nombreux écouter la communication de leur Premier Secrétaire, Pascal TSATY-MABIALA. Le choix du lieu de cette rencontre a été justifié par l’interdiction d’accès à toutes les salles publiques, qui frappe les partis et associations politiques depuis début août 2014.



Pascal TSATY-MABIALA
Pascal TSATY-MABIALA
Entouré des membres du Secrétariat National, des membres du bureau de la Commission nationale de contrôle et d’évaluation, ainsi que des membres du Comité d’Honneur, le chef de l’exécutif du principal parti de l’opposition congolaise est monté au créneau pour réagir au message du Président de la République sur l’Etat de la Nation, prononcé le 12 août dernier devant le Parlement réuni en congrès.

Cette critique a porté sur les points suivants :

1. Le taux de réduction du chômage à 6%, selon le Président de la République, chiffre dont le Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S conteste la véracité, par manque de diagnostic de départ. Ce chiffre aurait été crédible s’il était justifié par la création d’unités de production génératrices de ressources et d’emplois durables dans le pays.

2. Le taux de croissance économique du pays estimé à 8%. Pour Pascal TSATY-MABIALA, le Chef de l’Etat devrait faire l’économie d’auto-satisfaction au regard de la nature de nos ressources fondées essentiellement sur les revenus pétroliers. Or, une économie diversifiée et forte garantirait mieux l’avenir du pays. Nous constatons que le secteur pétrolier seul occupe près de 80% de l’économie nationale, ce qui entrave la création des richesses, a-t-il martelé.

3. La municipalisation accélérée a été passée au crible de la critique du Premier Secrétaire. Cette politique dite de « modernisation de l’arrière pays » entrave dangereusement la décentralisation dans la mesure où elle ne tient pas compte des priorités de développement régional. Au lieu d’effectuer des investissements au bénéfice des infrastructures routières, afin de désenclaver ces entités, la municipalisation accélérée s’illustre dans les dépenses de prestige et tape-à-l’œil en construisant des palais présidentiels et des aéroports supposés modernes dans tous les départements. Cette initiative aurait été salutaire si elle apportait une plus-value à l’économie nationale. A quoi servent ces palais quand on sait que le Président n’y passe que les deux nuits de ladite municipalisation accélérée ? Le département des Plateaux, à lui seul, compte deux aéroports situés respectivement à Ollombo et à Djambala. Sans la communauté urbaine d’Oyo, l’aéroport d’Ollombo fonctionnerait à perte, comme les autres nouvellement construits, sans vols quotidiens. Qu’en sera-t-il demain des aéroports de Sibiti, de Madingou et de Kindamba, au regard de leur proximité ? Le principe de passation des marchés n’étant pas transparent, en dépit des textes en vigueur, il est à craindre que le gouvernement futur ne soit surpris d’une dette colossale liée à ces travaux, comme au lendemain du Plan quinquennal de 1982-1986.

4. Le Premier secrétaire a ensuite développé sa pensée sur l’usage qu’il a fait de la métaphore de Churchill à Dolisie, s’agissant du « sang et des larmes ». Après avoir rappelé le contexte historique dans lequel Churchill avait prononcé ces propos, Pascal TSATY-MABIALA est revenu sur sa déclaration de Dolisie. En effet, devant la surdité du Président Sassou aux exigences démocratiques, devant son entêtement à changer coûte que coûte la Constitution du 20 janvier 2002, sans consensus national, pour se pérenniser au pouvoir, devant son entêtement à ne pas respecter les clauses des concertations politiques d’Ewo et de Dolisie entre la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile, il est impérieux de lui opposer une méthode appropriée. Et le seul moyen qui reste aux militants de l’U.PA.D.S, c’est d’offrir leur sang et de verser leurs larmes. Pascal TSATY-MABIALA a précisé que l’U.PA.D.S n’a ni milice ni d’armes, mais ses militants résisteront les mains nues devant les hordes du pouvoir, en temps opportun.

5. Le projet du Chef de l’Etat de faire changer la Constitution par voie référendaire a fait l’objet d’une analyse critique de la part du Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S. Ce dernier a indiqué que la Constitution en vigueur n’accorde pas au Chef de l’Etat l’initiative de la changer, mais simplement d’organiser les pouvoirs publics existants. Cela veut dire que la Constitution peut être révisée sur initiative du Chef de l’Etat ou du Parlement, sans toucher aux articles portant sur le nombre de mandats, sur l’âge des candidats à la présidentielle et sur le caractère laïc de l’Etat. La seule possibilité qui s’offre au Président de la République, c’est d’obtenir un large consensus national que ne lui garantit pas l’U.PA.D.S dans le contexte actuel.

Après avoir déploré la mise en quarantaine des conclusions de la concertation politique de Dolisie et du consensus de Brazzaville entre les partis de la majorité, de l’opposition et du centre dans la conception de la nouvelle loi électorale, le Premier Secrétaire de l’U.PA.D.S s’est refusé de présager l’attitude de son parti aux prochaines élections locales avant la tenue des sessions du Bureau Politique et du Conseil National.

Pascal Tsaty-Mabiala a terminé son propos par un appel à la cohésion nationale - en dépit des velléités de division du pays par des nominations à caractère clanique et ethnique dans l’appareil d’Etat, orchestrées par le Président de la République - et au rassemblement de toutes les forces démocratiques favorables à la survie de la norme constitutionnelle du 20 ,janvier 2002, en vue d’assurer au pays une alternance politique crédible.

Fait à Brazzaville, le 24 août 2014

Le Secrétaire National chargé de la Communication,
Daniel TSOUMOU-NGOUAKA
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