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Un assomptionniste congolais assassiné en RD-Congo


Par La-croix.com | Mardi 22 Mars 2016 | Lu 752 fois | 0 Commentaire

Fondateur d’un site d’information sur les violences au Nord-Kivu, le P. Vincent Machozi a été tué dans la nuit du dimanche 20 mars, peu après avoir « posté » un article dénonçant l’implication des présidents congolais et rwandais dans ces massacres.



Serait-ce l’armée de la République Démocratique du Congo qui a assassiné le religieux assomptionniste Vincent Machozi dans la nuit du dimanche 20 mars, alors qu’il dormait chez sa mère, dans un village à 15 km de Butembo ?

« Des militaires sont arrivés en véhicule vers minuit, ont défoncé la porte et l’ont abattu sur-le-champ », résume le P. Emmanuel Kahindo, vicaire général de la congrégation des assomptionnistes à Rome, lui-même Congolais.

« Depuis deux ans, le P. Machozi était menacé et, par trois fois, avait réussi à échapper à la mort », poursuit le P. Kahindo en rappelant la demande de son confrère, en octobre dernier : « priez pour moi car je serai assassiné… »

Il luttait pour le peuple Yira

Le P. Machozi présidait en effet l’association « Kyaghanda Yira » – du nom de l’ethnie Yira (ou Nande), majoritaire dans cette partie du Nord-Kivu (1) – qui vise à défendre les droits et les terres de ce peuple.

Un peuple d’environ quatre millions de personnes qui, depuis 2010, est systématiquement chassé de ses terres, terrorisé et massacré par des groupes armés. Et ce, pour pouvoir exploiter le sous-sol riche en coltan. Lors de son assemblée générale en février, Kyaghanda Yira a qualifié ces massacres de « génocide de l’ethnie Yira ».

Selon le P. Kahindo, « le P. Machozi est parvenu à démontrer que Joseph Kabila (président de la RD-Congo depuis 2001), en lien avec Paul Kagamé (président du Rwanda depuis 2000), serait derrière tous ces massacres. Il réclamait une enquête internationale sur les exploitations illégales de coltan et l’implication des armées congolaises et rwandaises dans les massacres. »

Les assomptionnistes très présents dans le Nord-Kivu

Né en 1965 au sein d’une famille de sept enfants, orphelin de père à l’âge de 15 ans, Vincent Machozi avait décidé, à 17 ans, d’entrer dans la congrégation. Après ses études de théologie en France et son ordination à Angers en 1994, il avait été envoyé au séminaire de Kinshasa, capitale de la RD-Congo, pour y enseigner.

Présents au Congo depuis 1929, les assomptionnistes enseignent en effet dans les séminaires diocésains, et sont particulièrement implantés dans le Nord-Kivu.

À Butembo, où ils sont plus de 170, ils animent l’Institut supérieur Emmanuel d’Alzon (plus de 600 étudiants), trois établissements secondaires et un autre en construction pour les orphelins des massacres, ainsi que Radio Moto, très influente dans cette province.

Devenu supérieur de la maison de formation assomptionniste de Butembo, tout en enseignant au séminaire de Butembo-Beni, le P. Machozi avait ensuite passé sept ans (2003-2010) aux États-Unis.
« Il voulait que la vérité triomphe du mensonge »

Son expérience aux États-Unis lui avait permis de renouer avec la fibre journalistique qui sommeille en tout assomptionniste et de lancer le premier site francophone d’informations sur l’Est de la RD-Congo (www.benilubero.com).

« Depuis dix ans, nous avons été la mémoire et le thermomètre de cette province », déclarait le P. Machozi en janvier dernier, à l’occasion du dixième anniversaire de ce site.

Il se félicitait d’avoir informé sur « les 1 155 cas des martyrs dans toute la RD-Congo » et d’avoir dénoncé « les manœuvres actuelles d’occupation rwandaise du Kivu et de balkanisation » de la RD-Congo.

« Il voulait que la vérité sur le terrain triomphe du mensonge », évoque encore le vicaire général de l’Assomption à propos de son confrère.

Avant d’ajouter que d’autres assomptionnistes du diocèse de Butembo-Beni sont menacés, notamment « ceux qui travaillent dans les Commissions Justice et paix des sept paroisses » animées par la congrégation.

Claire Lesegretain

(1) Les trois assomptionnistes kidnappés en 2013 à Mbau (diocèse de Butembo-Beni), étaient aussi issus de l’ethnie Yira.
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