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Vincent Kompany : « Si les multinationales occidentales payaient leurs taxes au Congo, ça aiderait le pays »


Par Adiac-congo.com | Dimanche 9 Mars 2014 | Lu 564 fois | 0 Commentaire

À l’issue du match amical opposant la Belgique à la Côte d’Ivoire, 2-2, le 5 mars à Bruxelles, Vincent Kompany s’est livré au micro des Dépêches de Brazzaville. Le défenseur belgo-congolais de Manchester City, capitaine des Diables rouges, est revenu sur ses liens avec le pays de son père, la RDC, qu’il confirme aimer autant que la Belgique, son pays de naissance. Et donne, sans langue de bois, un avis très tranché sur le conflit qui déchire l’est de la RDC depuis plus d’une décennie



Vincent Kompany clame et revendique son amour pour ses deux pays, la Belgique et la RDC. (© Adiac)
Vincent Kompany clame et revendique son amour pour ses deux pays, la Belgique et la RDC. (© Adiac)
Les Dépêches de Brazzaville : Vincent, en parlant de Benteke, Lukaku et vous, Samuel Eto’o a affirmé que le football africain avait besoin de joueurs de votre qualité. Venant d’un joueur du calibre d’Eto’o, c’est davantage un hommage qu’une critique ?
Vincent Kompany
: Oui, c’est flatteur. Après, il y a le footballeur et l’homme. Je le dis souvent, et sans détour, je suis 100% belge et 100% congolais. Il n’y a pas de division. On peut représenter l’Afrique en jouant au football, mais il y a d’autres manières, au travers d’autres actions.

Quand les Léopards jouent, vous êtes attentif, avec la télévision ou la radio allumée, à l’affût du résultat?
Bien sûr. Et j’espère de bons résultats lors des prochaines échéances, à commencer par la qualification pour la CAN 2015. J’ai toujours suivi le football congolais et africain. Vous savez mon père (Pierre Kompany a porté les couleurs du TPM au milieu des années 70 avant d’aller étudier en Belgique, NDLR) a joué pour le TP Mazembe et de fait, j’ai toujours été lié, d’une manière ou d’une autre, au football congolais. Et pour autant, je suis fier de représenter la Belgique où je suis né et où j’ai grandi. L’Afrique est dans mon sang, et je ne laisse à personne le droit de dire si je suis belge ou congolais, car je suis les deux et j’en suis fier. Il n’y a rien d’incompatible à cela, au contraire, c’est une richesse.

Maël Lépicier, un Diable rouge du Congo-Brazzaville disait : « De la même façon que j’aime mes deux parents, j’aime mes deux pays. » C’est la même philosophie ?
Oui, on parle d’amour, donc on n’a pas à choisir. Seulement, concernant le football, j’ai tout appris en Belgique, donc rejoindre les Diables rouges était une suite logique, qui n’enlève rien à l’amour que l’homme porte au Congo. Un Congo où je retourne dès que je peux, avec un immense plaisir. Et je sais que le Congo regorge de talents, dans tous les domaines, y compris le sport et qu’il progresse. D’autres jeunes Africains nés en Europe font un autre choix et contribuent à la progression du football africain.

Vous parliez de représenter l’Afrique autrement. Quelles actions menez-vous en Afrique ?
Je me suis investi dans l’association SOS Villages d’enfants, avec laquelle je suis allé dans l’est du pays, à Bukavu et Uvira, mais aussi à Kinshasa. Je suis aussi allé à Kigali pour soutenir l’association. J’aime retourner au Congo et en Afrique, c’est toujours un moment fort.

La situation dans l’est du pays vous touche donc particulièrement ?
Oui, je me sens concerné, comme homme et comme Africain. J’ai été à Kigali, comme je vous l’ai dit, et je sais comment s’explique le développement du Rwanda alors que l’est du Congo est dans cette situation. J’en connais les raisons. Je souhaite le meilleur à tout le monde, car des gens ont souffert des deux côtés de la frontière, mais tout le monde doit avoir le droit au développement.

Vous êtes optimiste quant à une amélioration de la situation ?
Je vois de plus en plus d’actions qui me font croire que le Congo aussi est sur la voie du redressement.

À l’image du concert pour la paix qui s’est déroulé récemment à Goma ?
Oui, cela encourage à la réconciliation. Maintenant, soyons honnêtes : si les multinationales occidentales payaient leurs taxes au Congo, ça aiderait le pays. Il y a une grande hypocrisie venant de l’Europe et des États-Unis, qui véhiculent des messages de paix alors que leurs grandes sociétés volent notre sous-sol. Je ne suis pas aveugle et je m’intéresse de près à tout cela.

Camille Delourme
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