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Winan Mignon : «Wenge Bcbg est un orchestre qui demeure cohérent et c’est la tradition musicale venue de Zaïko Langa – Langa»


Par Digitalcongo | Dimanche 13 Mai 2012 | Lu 1193 fois | 0 Commentaire



Winan Mignon : «Wenge Bcbg est un orchestre qui demeure cohérent et c’est la tradition musicale venue de Zaïko Langa – Langa»
L’autrefois un confrère disait de lui qu’il connait l’histoire de Zaïko plus que Nyoka Longo lui-même le patron de ce groupe. Il est possible que ce chroniqueur de musique se soit trompé. Mais ce qui est vrai, Winan Mignon peut être compté parmi les personnes qui peuvent écrire cette histoire… dans un livre.

Il l’a déjà fait dans la musique, non seulement en composant dans les styles Zaïko, en interprétant la voix de Jossart et d’autres mais en dédiant tout un album «Mémoire c’est la Zaïkologie». « Zaïkoman» pur sang, ce friand de la bonne musique notamment celle de la première heure, je voulais dire époque de cet orchestre de tous les âges et le plus populaire de la Rdc jusqu’à preuve du contraire, ne cache portant pas son admiration pour la jeunesse montante, pour les musiciens dits de la 5ème génération. Flatté par leur talent, il envisage même de réaliser des featurings avec beaucoup d’entr’eux.

Il était un habitué de Digitalcongo.net mais ses multiples occupations au Conseil supérieur de l’Audiovisuel français où il est fonctionnaire mais aussi quelques ennuis de santé l’ont contraint à ne plus le faire régulièrement. Mais l’homme rejaillit. A travers cette interview, il parle de l’influence (de l’héritage ?) de la musique de Zaïko sur les « musiques jeunes » de la Rdc, sur « Bande Annonce », l’album de ce groupe et ses projets…

Multi Média Congo (MMC) : Salut Winan Mignon. D’abord quid de cette pensée pieuse que vous avez souvent pour JB Mpiana. Puis -je comprendre par là que vous êtes parmi ses inconditionnels alors que l’on vous connait comme un «Zaïkoman » pur sang… Et puis j'aimerai avoir votre petit commentaire sur "Bande Annonce" de Zaïko et enfin qu'en est-il du projet sur la « Zaïkologie » ?

Winan Mignon
: Outre mes idoles de jeunesse, JB Mpiana, Fally Ipupa, Ferre Gola et Jus D’Eté, Sam Tshintu, Modogo Abarambwa et De Souza sont les chanteurs avec qui j’aimerais chanter en duo. Ce sont de bons chanteurs. Au sujet de " JB Mpiana, il est un bon passage à témoin."

De plus, quoique l’on dise, Wenge Bcbg est un orchestre qui demeure cohérent dans sa musique. C’est la tradition musicale venue de Zaïko Langa – Langa que je chéris encore.

No comment sur « Bande Annonce » de ZLL car à ce sujet, bien que mes rêves d’adolescent ont évolué avec l’âge, l’inconditionnel que je suis de cet orchestre, doute très fort de son objectivité. Comprenez, « je suis fan ». No comment une seconde fois, parce que dans cette « Bande Annonce » figure un talentueux auteur compositeur et grosse pointure de la Rumba congolaise qui me fait aussi confiance. C’est Tony Dee Bokito Bokoma. Comprenons-nous, « Je ne peux pas être juge et partie ».

MMC : Comme je l’ai dit ci-dessus, on vous connait comme un « Zaïkoman » pur sang. Vous avez même dédié au groupe Zaïko tout un album, un petit commentaire s’il vous plaît

WM
: Avec « Zaïkologie », mon 4ème album, je ne fais que l’apologie de ZLL. C’est un honneur que je rends à mes idoles, les « Zaïkologues ». Ils ont fait naître en moi la passion et l’art de faire la chanson. La Zaïkologie est l’art de faire de la musique dans le style « ZLL » pour que ce style demeure Ad vitam Aeternam. C’est une vaste idéologie culturelle dont Nyoka Longo est, ipso facto, le leader en sa qualité de Patron et Président de l'orchestre ZLL. Cependant, cette idéologie ne se limite pas à une personne ou à un orchestre. Mes hommages les plus respectueux à Manuaku Pépé Felly, Antoine Evoloko Lay Lay, Jules Shungu Wembadio, Jean Gina Gina Efonge Isekofeta, André Bimi Ombale, Benz Bozi Boziana, Rédo Likinga Mangenza, Roxy Tshimpaka Kabeya, Popolipo Beniko Zangilu, Damien Ndebo . . . Excusez moi du peu.

MMC : Si certains anciens musiciens de Zaïko sont entrés dans les oubliettes parce que devenus aphones, (ils sont nombreux : Redo Likinga, Roxy Tshimpaka, Popolipo), beaucoup ont trouvé la mort - Paix à eux-, d’autres se battent pour ne pas connaître la noyade. .. Mais souvent la plupart sont loin de convaincre avec leurs réalisations. Vous êtes d’accord que contrairement à Papa Wemba, Jossart- qui, actuellement incarne seul ce groupe- ces musiciens sont finis. Pour eux la carrière solo ne peut plus tenir. Alors ne feraient-ils pas mieux de retourner au bercail pour rebâtir la maison Zaïko avec son ancienne fondation

WM
: Ces dernières années, j’ai observé une tendance nostalgique, de la part des ténors qui sont à l’origine de cette idéologie culturelle.

Cette nostalgie s’exprime par nombre de collaborations et plusieurs autres marques de sympathie pour leur orchestre mère. A croire que certains d’entre eux verraient d’un bon œil le retour au bercail. Cette tendance nostalgique se remarque aussi par la préférence de l’ancien répertoire face au nouveau. « La Zaïkologie » que je défends becs et ongles, existe bel et bien. « On éteint pas une étoile qui vient de DIEU ».

Cette idéologie culturelle ratisse large. Regardons son arbre généalogique. En amont, nous trouvons l’orchestre Thu Zaïna et Les Belgicains (Los Nickelos, Yeye National, Africana de Bruxelles, Afro Negro, Chopa Chopa de Bruxelles, et etc . . .). Elle est une cellule mère de la troisième école musicale à résonnance universelle de la République Démocratique du Congo.

Aujourd'hui, parmi pléthore d’artistes que regorge la RDC, beaucoup sont issus de cette idéologie. Certains s’y reconnaissent clairement et d’autres implicitement à visages masqués.

De ZLL découlent les orchestres : Isifi, Yoka Lokole, Viva la Musica, Grand Zaïko Wawa, les Casques Bleus, les Casques Verts, Orchestre OKA (pépinière de ZLL), Choc Stars, les Langa Langa Stars, Victoria Eleison, La Casa DO Canto, Kawara Musica, La Muchacha ; et Yoka Choc du Japon et etc. . .

MMC : Finalement vous voulez-faire croire aux gens que tout est Zaïko dans la musique jeune de la Rdc, même au-delà de frontières de ce pays comme en Côte d’Ivoire dont d’aucuns disent «Le coupé décalé est une forme déguisé du ndombolo » et notre pays en est le dépositaire

WM
: Sont aussi dans la Zaïkologie, Koffi Olomide, Fally Ipupa, Werrason, Ferre GOLA, Félix Wazekwa, Le Karmapa, pour ne citer que ceux là. Koffi Olomide vient de Viva la Musica qui vient de Zaïko. Koffi a joué un certain temps dans Zaïko avant son Quartier Latin. Quartier Latin qui vient de Viva la Musica. Fally Ipupa et autres viennent de Quartier Latin.

Ils sont tous dans la Zaïkologie. Les Wenge quels qu’ils soient, y sont aussi car à leur début, ils jouaient le Style Zaïko L- L. Je souligne aussi que de la Zaïkologie est née la Koffi - Olomideologie en passant par la sape du village Molokai.

Avec son Quartier Latin, Ô, L’Homme Idee a fait émerger beaucoup de jeunes artistes. L’ «Olomideologie » est l’art d’écrire des textes romantiques enrobés d’une mélodie s’adressant d’abord à un public féminin.

MMC : Donc Zaïko a entrainé ou mieux, a envoûté tout le monde dans ses rythmes que l’on retrouve dans la musique dite chrétienne

WM :
Que des wagons derrière la locomotive ZLL . . . Wagons et locomotive qui à ce jour contribuent à l’essor et l’épanouissement de la Zaïkologie. Cette idéologie culturelle est donc née de ces artistes.

Toutes mes vives félicitations aux 43 ans de carrière de ya N’Yoch qui nous donne toujours le tempo et le La indispensables aux les lettres de noblesse de la rumba Congolaise. Un artiste ne meurt Jamais.

MMC : Si on a bonne mémoire, votre dernier album totalise bientôt 5 ans. On dirait que Winan est à bout d’inspiration. Avez- vous encore à donner. Et si oui, les projets tourneront toujours autour du patrimoine ou de l’héritage Zaïko

WM
: Oui, vous avez raison de ne pas m’enfermer dans la Zaïkologie. Je ne fais que passer. Dans une autre dimension, je vous dirai que « Zaïkologie» n’est que mon quatrième album. Le cinquième portera certainement un autre nom et il sera à coup sûr, tout en restant moi, orienté autrement dans le but de varier et de ne pas tomber dans la monotonie.

Un artiste n’est jamais fait pour un seul style de musique. Surtout lorsque, comme moi, il a la chance d’avoir une double culture Afro-Européenne. Je suis constamment en quête de nouvelles inspirations et d’autres formes de musique. Plutôt spirituel, mes neurones ne sont jamais en repos. Seule ma muse me pose là elle veut bien et quand elle le veut bien.

MMC : On dirait que vous êtes limité. D’ailleurs on dit de la musique congolaise qu’elle monotone, c’est la monotonie qui la tue

WM
: En musique il n’y a que sept notes mais avec ces sept notes on peut faire des milliers de combinaisons pour produire un style, un genre, une coloration musicale ou des mélodies très variées pour le bonheur des mélomanes.

Rebondir là où on ne m’attend pas est un jeu qui me tient en haleine. Des nombreuses voies restent encore à explorer. C’est dans cet esprit qu’en 2009 j’avais, volontiers, apporté ma participation dans la chanson « Darfour » de l’album « Ouvrir son cœur » du chanteur Francis Lalanne.

Album dans lequel la République Démocratique du Congo était à l’honneur car y ont participé aussi (dans le chœur chanté en swahili) les chanteuses Abby Surya, Mimi Mavatiku, -la fille du guitariste Michelino Mavatiku, ancien des orchestres Festival des Maquisards, Afrisa et OK Jazz, Bijoux Makelele Sinda ( la nièce du footballeur Claude Makelele) et autres. Fally Ipupa avait aussi contribué dans la chanson « L’égalité en droit » du même album.

MMC : Ah bon vous avez participé à la réalisation de cette œuvre. Bon quelle menu pouvez-vous proposer à vos admirateurs au –délà des rythmes Zaïko

WM
: Ma quête de fusion des musiques s’exprimait déjà en 1985 à Bruxelles lorsque j’enregistrais plusieurs chansons avant-gardistes.

Je les avais bossées tantôt avec Thierry Van Roy (musicien et ingénieur du son Belge), ou avec Guy Waku (Musicien-Arrangeur d’origine congolaise-RDC). Ces chansons sont restées inédites car je pense qu’elles ne correspondaient pas à l’air du temps.

Tout comme chez moi à la maison je possède un studio d’enregistrement où je compose des musiques expérimentales revendiquant ma double culture tout en mettant l’accent sur mon Africanité c.à.d. mes origines. Plusieurs albums sont déjà prêts et le moment venu, je me ferai le plaisir de les partager avec vous car sans vous, public, femmes et hommes de presse les artistes n’existent pas.

A travers leurs œuvres, ils vivent dans la maison de tout le monde. Donc, quelque part, c’est à vous «public», que les artistes, doivent leur existence. Nous vous en sommes infiniment reconnaissants.

MMC : Quels sont les artistes qui vous ont influencé dans l’art d’Orphée, notamment dans la famille Zaïko

WM
: En moi se retrouvent deux types d’influences. Dans l’art de chanter, d’emmener, de conduire une mélodie et de pousser la voix, d’écrire une chanson ? Les influences subies. Ici nous retrouvons les émanations de Evoloko Lay Lay, Papa Wemba, Vicky Longomba, Josky Kiambukuta, Ntesa Dalienst, Mbilia Bel, Kester Emeneya, Gina wa Gina,Bozi Boziana, Likinga Redo, Lengi Lenga, Lokua Kanza, Djo Mpoyi, Abby Surya et excusez du moi du peu. Ce sont là quelques virtuoses de la voix qui me font vibrer lorsque je les entends.

Dans les influences choisies, ce sont mes maîtres et modèles qui s’y retrouvent. Je cite : Max Mongali, Bimi Ombale, Nyoka Longo, Zizi Nganga, Tony Dee Bokito et Teddy Kinsala. Quoique je fasse, où que j’aille dans une chanson, il y a toujours une seconde où je passe par eux pour retomber sur mes pattes. Toutes influences confondues, ce sont des chanteurs qui me donnent la chair de poule.

A force d’admirer celles et ceux qui réussissent, nous finirons par les imiter. Admirons, adorons. Il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Dans nombre de domaines, toute personne qui débute s’identifie forcément à un modèle, une référence et source d’inspiration. Puis vient l’âge de la maturité où l’on essaye de peaufiner, d’aller plus loin que le maître et devenir enfin, soi-même, un repère pour les générations futures. C’est le démarrage de l’immortalité, empreinte de notre voyage sur la planète. Ne pas savoir transmettre ses connaissances, c’est s’orienter vers le vide.

MMC : Peut être un mot pour conclure

WM
: Enfin, reçois mes sincères remerciements pour ton indéfectible soutien et je reste à ton entière disposition. A très bientôt. Fraternellement, Ton frère Winan Mignon est joignable au téléphone au numéro 00 33 6 71 96 02 10. Mon adresse e-mail est restée la même : mignonwinan@yahoo.fr. Merci une fois de plus.

Boni Tsala Thamba/MMC
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