Afrique centrale, (Quotidienmutations) - Dans un ouvrage, Ibrahim Ngouhouo montre que les investissements directs étrangers constituent 40% du Pib de cette communauté.

«On peut dire que les pays de la Cemac ne peuvent pas se passer des investissements directs étrangers (Ide)». C’est à cette conclusion qu’abouti Ibrahim Ngouhouo, docteur en Economie, dans son ouvrage intitulé «investissements directs étrangers en zone Cemac : attractivité et effets» récemment paru aux Editions universitaires européennes en Allemagne.


Cet ouvrage qui n’est autre chose qu’une version rénovée et complétée de la thèse de doctorat de son auteur, révèle que les investissements directs étrangers constituent 40% du produit intérieur brut (Pib) des pays de la Cemac. Au Cameroun, les Ide constituent, apprend-on, «entre 25 et 28% du Pib», contre 90% du Pib pour des pays comme le Gabon et la Guinée Equatoriale, puisque 70% des Ide sont destinés au secteur pétrolier, qui est en pleine expansion dans ces deux derniers pays, et en nette recul au Cameroun. De ce point de vue, le dernier rapport du comité de suivi de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Eiti) révèle que la production nationale a baissé de 9 millions de barils entre 2001 et 2008.

Selon cet expert des questions économiques, les Ide qui sont les «différentes opérations financières destinées à agir sur la marche et la gestion des entreprises implantées dans un pays différent de celui de la maison mère» sont restées «stables à un niveau de 35 millions de dollars [environ 16 milliards de Fcfa] par an et par pays entre 1960n et 1970, et ont augmenté graduellement avec la découverte du pétrole au Gabon, au Congo et au Cameroun. Cet élan s’est accentué à la fin des années 90 avec la découverte du pétrole en Guinée Equatoriale, faisant de la Cemac l’une des destinations privilégiées des Ide pour l’Afrique sub-saharienne». C’est que, apprend-on, si les 52 Etats [plus l’Erythrée] de l’Afrique revendiquent globalement 1% des Ide qui circulent dans le monde, les six pays de la Cemac reçoivent 0,48% des Ide mondiaux.
Au hit parade des pays destinataires des Ide dans la zone Cemac, le Gabon, autrefois en tête du peloton, est désormais devancé par l’émirat pétrolier qu’est devenu la Guinée Equatoriale. Le pays des Bongo qui est désormais le 4ème destinataire des Ide est également devance, par ordre décroissant par le Tchad et le Congo. Le Cameroun et la République centrafricaine ferme le classement à cause du ralentissement de l’activité pétrolière, pour le premier pays, et d’absence d’exploitation pétrolière dans le second pays.

Au demeurant, fait remarquer Ibrahim Ngouhouo, «les populations de la Cemac tardent encore à voir les effets de ces Ide. Car, beaucoup de pays de la Cemac utilisent les retombées des Ide pour l’achat des équipements militaires». Il en est ainsi du Tchad qui, apprend, «utilise 60% de ses revenus pour lutter contre les rebelles ? Le Congo n’est pas loin de ce montant». Aussi, l’auteur de «Investissements directs étrangers en zone Cemac : attractivités et effets» conseille-t-il aux dirigeant de la zone Cemac d’utiliser «les capitaux d’aujourd’hui pour produire les capitaux de demain», en investissant massivement dans les secteurs de l’agriculture, des mines, de l’exploitation forestière, du tourisme… C’est, selon lui, le seul moyen pour éviter l’instabilité économique qui guette les pays de la Cemac, si le robinet des Ide venait à s’assécher.

B. R. M.



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