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La problématique de l’attractivité du territoire congolais
Congo, (Basango.fr)-De puis plusieurs années, le Congo-Brazzaville multiplie les initiatives pour attirer et maintenir des investisseurs sur son territoire. Sont visés, non seulement les congolais de la Diaspora et les nationaux, mais aussi des ressortissants d’autres pays et surtout des ressortissants de pays occidentaux.

Parmi ces initiatives, on peut citer entre autres : la refonte du code des investissements, l’adhésion du Congo à l’Organisation pour l’harmonisation du Droit des affaires en Afrique (OHADA), la mise en place d’un guichet unique des formalités des entreprises…Toutes ces initiatives, il faut le rappeler, ont pour but principal d’inciter toute personne physique ou morale à investir au Congo-Brazzaville.

Dans le contexte actuel d’une économie mondialisée et globalisée, marquée par une lutte acharnée vers la conquête des marchés, la question de l’attractivité du territoire congolais présente sans aucun doute un intérêt majeur. Cette problématique présente plusieurs enjeux : économique, social, humain et même géostratégique. L’ambition de promouvoir des investissements sur le territoire congolais est bonne. L’initiative est louable, le résultat final recherché c’est-à-dire celui d’assurer le développement économique du pays noble et justifié.

Mais, faut-il pour autant dire que le Congo constitue à ce jour un site attractif ? Suffit-il de mettre en place un centre unique pour les formalités de création d’entreprises ou d’adhérer à telle ou telle organisation aussi internationale soit-elle ou même de repenser la réglementation des investissements pour affirmer que le Congo est un pays attractif ? Le Congo remplit-il les conditions ou les critères fondamentaux d’attractivité pouvant capter des investissements massifs afin d’atteindre l’objectif de développement économique qu’il s’est assigné ? Autant de questions qu’on peut légitimement se poser au sujet de l’attractivité du territoire congolais.

Ainsi, l’attractivité a été définie par certains auteurs comme la capacité à attirer et à retenir les meilleurs talents, les activités stratégiques, les entreprises les plus performantes et les capitaux. D’autres, comme la capacité à attirer et à retenir les entreprises et les populations les plus dynamiques.

Ces deux acceptions de l’attractivité sont complémentaires, car les entreprises doivent leurs existences grâce aux capitaux. L’attrait des populations en revanche fait allusion à l’intelligentsia étrangère très utile pour les échanges scientifiques et professionnels.

La performance de l’attractivité se mesure à partir d’un certain nombre d’indicateurs tels que : les flux d’IDE (investissements directs étrangers). Les flux (commerce international, matières premières, transport de marchandises et transports de passagers, migrations des travailleurs, Télécommunications, Internet…) constituent un indicateur non négligeable. Ce qui a conduit la CNUCED à créer en 2001 l’indice dit d’entrée d’investissements directs étrangers (IDE) pour mesurer la performance des pays à attirer des investissements directs étrangers par rapport à leur poids mondial.
En tout, six critères essentiels ont été dégagés par la doctrine pour évaluer l’attractivité d’un pays à savoir : la taille et le dynamisme du marché, les ressources humaines, la recherche et l’innovation, les infrastructures, les coûts et l’environnement administratif. Chacun de ces critères donne lieu aux indicateurs d’évaluation qui permettent de mieux mesurer l’attractivité. Six facteurs d’attractivité ont été dénombrés par les CESR (conseils économiques et régionaux): l’environnement économique, les ressources humaines, le dynamisme et la réactivité des acteurs économiques, les réseaux de transport, la qualité et l’image des régions. Les volontés politiques, la suppression des barrières, le développement des transferts de technologies sont aussi autant de facteurs d’attractivité qui facilitent les communications et donnent une plus grande accessibilité aux marchés internationaux.

Les spécialistes en sciences de gestion diront que les indicateurs d’attrait des marchés les plus utilisés sont : la pénétrabilité, les critères financiers, l’accessibilité physique, la structure concurrentielle et le potentiel du marché, la réceptivité du marché en tenant compte de l’effet de prisme de l’international et la stabilité du marché.

Au regard de tous ces critères, le Congo-Brazzaville est loin d’être un site économique attractif.
En effet, si notre pays dispose de nombreux atouts majeurs comme : le territoire, la qualité des femmes et des hommes, un positionnement géographique enviable, des ressources minières et minéralogiques à profusion, il n’en demeure pas moins qu’il accuse un retard important et handicapant en matière d’infrastructures de base : l’accès à l’eau et à l’électricité est aléatoire et leur coût exorbitant ; le réseau des transports est presque inexistant, le système administratif lourd et décourageant.

Aucune structure de recherche digne de ce nom n’existe au Congo en dépit de l’existence aujourd’hui de cadres compétents…
Pour être pleinement attractif, le Congo devrait valoriser ses atouts et transformer ses faiblesses en atouts majeurs. Ainsi, notre pays devrait se préoccuper de la création des clusters qui jouent un rôle primordial dans l’attractivité des territoires, de bâtir des stratégies d’attractivité, d’engager un mouvement de simplification des formalités nécessaires à la déclaration de création d’entreprises en allégeant les formalités, en permettant la création des fonds d’investissements de proximité et l’institution des conditions de prêts assouplies.

Le Congo devrait aussi développer des infrastructures de transport, de télécommunication, de production énergétique en tant que composantes majeures de la politique de compétitivité économique. Un accent particulier devrait être mis sur le développement des infrastructures transrégionales (ou trans-départementales) pour favoriser les échanges et donner à toutes les régions (ou départements) les mêmes possibilités d’accès au marché national et international. Pour cela, il faut créer, dans des zones enclavées, des infrastructures importantes pour la réussite des entreprises dans un environnement compétitif.
En somme, le Congo devra mettre en place un environnement global incitatif avec la mise en place d’un environnement macroéconomique stable et d’un environnement institutionnel porteur qui sont, des catalyseurs et des accélérateurs du développement de notre beau Congo.

Par Nzamba Charles