La nouvelle grille et son impact sur les salaires des fonctionnaires
Economie Starducongo | Vendredi 4 Février 2011

La nouvelle grille et son impact sur les salaires des fonctionnaires
Congo, (Le Patriote) -La nouvelle grille de salaire des agents de l’Etat entrée en application ce 31 janvier 2011à la faveur de la paie des fonctionnaires, consacre une augmentation de salaire, en rapport avec le gain mensuel de chacun d’eux. Cependant, les effets financiers des avancements, des reclassements, des bonifications, des titularisations et des versements seront perceptibles dès février, avec un effet rétroactif sur le mois de janvier. A la veille du basculement automatique des salaires dans la nouvelle grille, Nicolas Okandzi et Josias Itoua Yoka, respectivement directeur général du budget et directeur général du travail et de la sécurité sociale ont eu un entretien avec le journal le Patriote pour dissiper les spéculations et les rumeurs aussi folles que fantaisistes distillées dans le milieu des fonctionnaires. Nous restituons en intégralité cet entretien.


Le Patriote : Comment se présente cette nouvelle grille salariale ?

Nicolas Okandzi : C’est une grille très simplifiée par rapport à l’ancienne. Son application est aisée et les gains perceptibles. Nous avons, dans le cadre du paiement des salaires du mois de janvier, mis en œuvre l’appli-cation de cette nouvelle grille. Cette grille ne ressemble en rien à la première. La mise en application du texte sur la revalorisation du point d’indice fait que la solde de tous les agents de l’Etat augmente en janvier. Mais, cette nouvelle grille doit être associée à l’ensemble des autres textes.

Le Patriote : Certains fonctionnaires relèvent que le point d’indice a baissé de quelques points dans cette nouvelle grille. Que dites-vous ?

Nicolas Okandzi :
Ils n’ont pas raison. La valeur du point d’indice est passée de 160 à 200. Un texte a été pris, pour sa revalorisation. Quand on calcule un salaire on tient compte de l’indice et la valeur du point d’indice. Le salaire ne peut pas baisser dès que la valeur du point d’indice a augmenté. C’est pourquoi, j’ai dit que tous les agents de l’Etat vont observer une augmentation dans leur fiche de paiement. Avant, le plus bas salaire de la fonction publique était de 50.400 francs. A la paie du mois de janvier, ce salaire passera à 64.000 francs. Le plus haut salaire était de 496.000 francs. Dans la nouvelle grille, il sera de 560 000 francs. Donc on ne peut pas dire que les salaires vont baisser. Ce n’est pas possible.

Le Patriote : Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi l’application progressive des avantages ?

Nicolas Okandzi :
La méthode émane de la commission sur la trêve sociale. Les mesures prises en 1994 étaient nombreuses. La procédure de la commission sur la trêve sociale était telle qu’on les fasse tomber une après une. Après la remise des 15% et des 12,5%, il restait les effets financiers des avancements et tout autre avantage. Mais l’évaluation faite par cette commission a donné une incidence échelonnée sur trois ans. En une seule année, le budget de l’Etat n’est pas en mesure de prendre en charge l’incidence globale de ces mesures. En ce qui concerne l’année 2011, il y a le basculement à cette nouvelle grille qui va être perceptible dès ce mois de janvier. A cette nouvelle grille, il faut associer la revalorisation du point d’indice. Si vous la prenez de manière isolée, les effets ne se feront pas trop sentir. C’est ainsi que les reclassements, les bonifications d’échelons, les titularisations, les échelons et les versements seront pris en compte à 100%. Les avancements seront exécutés à 20%.

Le Patriote : Voulez-vous dire que dès ce lundi, les agents civils de l’Etat vont constater ces pourcentages dans leurs salaires ?

Nicolas Okandzi :
La volonté du gouvernement était que toutes les mesures produisent des effets dès ce mois de janvier. Mais, la réalité nous a conduit à classer ces mesures en deux catégories. Une qui concerne l’ensemble des agents civils de l’Etat. C’est la nouvelle grille dont le basculement est automatique. Il y a d’autres mesures que nous considérons comme étant individuelles à chacun. Pour ce mois de janvier, nous ne tenons pas compte des ces dernières. Le guichet unique, mis en place pour la circonstance, regroupe tous les acteurs qui travaillent pour que ces promotions prennent effet dès le mois de février 2011, avec un effet rétroactif sur le mois de janvier. Nous nous organisons pour que cela soit traduit dans les faits à partir du mois de février. A condition que chaque fonction-naire puisse se rapprocher du guichet unique pour produire tous les textes le concernant.

Le Patriote : Pouvez-vous retracer aux Congolais, le contexte qui a conduit aux abattements de salaires, au blocage des effets financiers et à la trêve sociale ?

Josias Itoua Yoka
: Le blocage des effets financiers et des avantages des agents civils de l’Etat remonte aux années 1980, quand le Congo s’était engagé dans un plan de développement spécial échelonné sur cinq ans, pour faciliter son exécution normale sur fonds propres. Les difficultés des ressources conjuguées à la chute du prix de baril du pétrole ont conduit le Congo à recourir à l’endettement, aux services des bailleurs de fonds. En 1990, la situation s’est aggravée. Il n’était pas possible que l’on respecte de bout en bout tous les paramètres. En 1994, la mise en œuvre des programmes d’ajustement a conduit à la réduction du train de vie de l’Etat et par conséquent la réduction des salaires des fonctionnaires de 15% d’abord puis de 12,5%, soit un total de 27,5%. Les primes et indemnités ont été aussi réduites.

Le Patriote : Quand était amorcé le retour à la normale ?

Josias Itoua Yoka :
Le retour aux équilibres financiers a conduit au début des années 2000, à l’allègement des diffi-cultés des travailleurs. Dès 2006, le processus de rétablissement des 15% amputés a démarré et s’est exécuté sur trois ans, soit 5% chaque année. En 2008, les 12,5% consécutifs à la réduction du temps de travail ont été remis, sur décision du président de la République. Les conditions ayant conduit à l’abrogation des textes restant ont été au centre de la session de la commission ad’ hoc d’août 2010. Il restait le décret 94-769 du 22 décembre 1994 portant suspension des effets financiers et le décret 95-65 portant réduction des indemnités et primes. Tout était obtenu par consensus entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Le Patriote : Des années quatre-vingts à aujourd’hui un grand travail a été fait. Pouvez-vous nous édifier sur ce processus qui a présidé au déblocage des effets financiers ?

Josias Itoua Yoka :
De nouveaux instruments ont été adoptés par le gouvernement en accord avec les partenaires sociaux tels que la nouvelle classification, la nouvelle grille sa-lariale, une table de versement et d’autres mesures d’accompagnement.

Ernest Otsouanga


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