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Maroc, (Starducongo.com)-Le griot congolais Jean-Pierre Ngampika-Mperet a ouvert le bal de la 2ème édition du méga-concert intitulé « La Nuit du Congo à…» qui s'est tenu récemment à la salle de spectacle du Mégarama de Casablanca.
Starducongo.com : Vous vous êtes produit pour la première fois au Maroc dans le cadre du spectacle « La Nuit du Congo à Casablanca ». Quelles sont vos impressions ?
J.P.N.M: Mes impressions sont très bonnes. Je suis très content d'être au Maroc qui est un pays convivial. C'est important pour moi et tous les artistes congolais de jouer à ce spectacle qui nous offre l'occasion de présenter la musique congolaise (traditionnelle et moderne) aux Marocains. Je suis d'autant plus heureux que notre musique n'a jamais été autant produite à l'étranger. Alors que plusieurs pays africains comme le Congo Kinshasa le font depuis des années. Le concept « La Nuit du Congo à… », c'est la musique de proximité. Une vitrine, une porte ouverte sur l'Afrique et le monde. C'est pour davantage valoriser notre musique et la repositionner à l'étranger qu'il a été créée. De ce point de vue, je peux dire que je suis comblé, en plus d’avoire retrouvé une grande communauté congolaise au Maroc. Vous avez eu l'honneur d'ouvrir ce spectacle. Un commentaire ? J'ai la chance d'ouvrir le bal dans la langue téké, puisque je suis particulièrement inspiré par la langue maternelle. Me produire dans un Royaume a une signification particulière d'autant plus que je viens d'un Royaume (téké). C'est dire que je suis chez moi. Je pense que les manas bénéfiques du Royaume du Maroc se sont joints à ceux du Royaume téké pour que cette fête soit une réussite. Si je m'interromps de temps en temps sur la scène, c'est pour communiquer avec le public. Parce que le griot c'est le Ndzingi, l'historien, le poète de l'oralité, l'évocateur généalogiste... Votre musique associe tradition et modernisme. Pouvez-vous brièvement nous en parler? Je pratique le Ndzimi griot depuis 27 ans. C'est un mélange de musique traditionnelle et moderne. Je compte à mon actif six albums dont le dernier sera disponible sur le marché à partir de décembre prochain. C'est un style qui me convient d'autant qu'il me permet de m'extérioriser, faire connaître ma musique et plus généralement celle de mon pays à l'étranger. D'une certaine manière, mon travail contribue à vendre davantage l'image du Congo au-delà de ses frontières. Qu'est-ce qui empêche aujourd'hui la musique congolaise de se hisser au rang qu'elle mérite? Le problème est que les pouvoirs publics ne s'intéressent pas assez à leur musique. Je me demande même s'ils la consomment. Ils sont à mon goût plus portés sur l'extérieur. Et comme nous avons la chance ou la malchance d'être voisins du Congo démocratique, on en est arrivé à croire que consommer la musique d'en face, c'est consommer la nôtre. Car, nous partageons plusieurs affinités, notamment les mêmes langues. Le mérite de Beethoven Yembo (initiateur de « La Nuit du Congo à… »), s'est d'avoir pris l'initiative d'accompagner nos artistes à l'étranger. Après avoir longtemps produit des artistes de la RDC, il s'est aperçu qu'il y avait un vide qu'il fallait combler au Congo-Brazzaville. Aujourd'hui, c'est chose faite. Le concept « La Nuit du Congo à… » contribue désormais à promouvoir notre musique à l'étranger. C'est une bonne chose aussi bien pour les artistes congolais que pour les différents styles de musique qu'ils jouent. Certes, nous en sommes qu'à la deuxième édition de cet événement, mais on peut déjà apprécier son intérêt. Aussi, il n'y a pas mieux que soi-même pour se faire connaître. Propos recueillis par ALAIN BOUITHY (Starducongo.com) |
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