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La Nuit du Congo contribue-t-elle à promouvoir notre musique?

Casablanca,(Starducongo.com)-Roga Roga compte parmi une poignée de musiciens congolais à rencontrer un succès international. Grâce à un style original et très prisé, il a pu s’imposer sur la scène nationale comme la locomotive de la musique congolaise.


Entretien avec le boss des boss, Roga Roga - «La musique congolaise n’est pas encore structurée »
Propos recueillis par ALAIN BOUITHY

Les Africains subsahariens du Maroc apprécient Extra Musical et jouent fréquemment vos morceaux lors des manifestations qu’ils organisent. Qu’avez-vous envie de leur dire ?

Je suis très content de l’apprendre et de savoir que la musique congolaise est très appréciée au Maroc. Cela nous donne la force d’aller de l’avant. Car, nous avons besoin de porter haut les couleurs du Congo partout dans le monde. J’invite les amateurs de bonnes musiques à continuer à soutenir Extra Musica.

Vous êtes considéré comme la grande star congolaise du moment. Comment gérez-vous cette responsabilité?

C’est d’abord le fruit d’un travail bien fait. Ensuite, j’aime ce que je fais et assume mes responsabilités. Le fait d’être à la tête de la musique congolaise m’incite à m’impliquer davantage pour répondre aux attentes de tous les fans de la musique congolaise et représenter valablement notre musique qu’on espère hisser au niveau qui est le sien. Enfin, il faut savoir qu’avant moi, d’autres ont porté le flambeau de la musique congolaise. Et que demain, ça sera un autre.

Avez-vous le sentiment que la musique congolaise évolue ? Que la relève sera à la hauteur?

Le Congo compte de nombreux artistes de talent. Ce qui manque, ce sont des structures pour asseoir notre musique. On est encore loin des Etats-Unis, de l’Europe où des professionnels s’organisent autour des structures qui gèrent comme il se doit les droits d’auteur des artistes et organisent la distribution dans de meilleures conditions. Cette mobilisation laisse à désirer au Congo où la situation est peu reluisante. Les musiciens ont beaucoup de mal à émerger et tirent peu profit de leurs efforts.
On est déjà fier d’avoir des producteurs comme Beethoven Yombo qui a réussi à emmener des artistes congolais à l’étranger. Mais on a aussi besoin de distributeurs, de mécènes pour soutenir notre musique afin qu’elle aille de l’avant

Votre prestation au Maroc vous incite-t-elle à revenir au Royaume ?

Nous reviendrons au Maroc dans le cadre d’un concert spécial Extra Musica où nous jouerons plus de morceaux et danserons jusqu’à l’aube.

Vous chantez en lingala et dans votre langue maternelle. Avez-vous l’intention de vous exprimer à l’avenir dans une autre langue ?

La mondialisation nous incite à penser à tout le monde. La musique ne devait pas être seulement comprise au Congo. Si les Américains arrivent à vendre leurs disques à travers le monde, c’est parce que l’anglais est écouté quasiment partout.

Une langue que vous parlez couramment, me semble t-il ?

Non, j’essaie juste de m’y mettre (rire). En fait, le lingala n’est parlé que dans les deux Congo. On essaie de faire une symbiose entre le lingala et le français pour permettre à d’autres communautés de savourer comme il se doit Extra Musica et apprécier nos messages. D’autant plus que nous avons pris la résolution d’éduquer les masses à travers la musique.

Y a-t-il un pays ou une scène où vous rêvez un jour de vous produire ?

L’Asie. Puisqu’on a déjà joué en Amérique, en Europe et en Afrique et, grâce à Beethoven, au Maghreb. Et certainement un jour en Tunisie et Egypte.

Votre dernier album « La main noire » connaît un succès sur la scène congolaise et africaine. Pouvez-vous nous en parler?

L’album « La main noire » est sorti il y a 7 mois. On finalise le clip qui accompagnera sa promotion sur la scène nationale et internationale. On a déjà fait une tournée de promotion notamment au Zimbabwee, Ouagadougou, Cotonou, Congo et aujourd’hui à Casablanca. L’album se porte bien. Et puisque vous voulez tout savoir, notre prochain album s’intitulera « Sorcellerie ki ndoki ».

Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai recruté de jeunes musiciens dont le public casablancais a d’ailleurs apprécié le talent et le timbre. Le groupe, qui existe depuis 14 ans, entend donner la chance aux nouvelles recrues afin qu’elles expriment leurs talents dans le prochain album. Ça sera l’album fait par des jeunes pour les jeunes. Et je vous rassure qu’ils seront à la hauteur, car Extra Musica recrute les meilleurs talents.

Avez-vous un message à adresser aux Congolais qui n’ont pu assister au concert de « La Nuit du Congo à Casa »?

C’est dommage qu’ils n’aient pas pu assister tous à ce concert. Certes, il y avait du monde ce soir, pour autant on aurait aimé danser avec tout le monde. Mais ce n’est que partie remise, Extra Musica reviendra prochainement au grand complet et j’espère que cette fois-ci tous les Congolais de Casablanca, Marrakech, Rabat, Fès, Tanger et les autres villes, viendront danser et montrer au monde que nous sommes unis. En attendant, qu’ils sachent que tout le plaisir était pour nous de jouer à Casablanca.

Y a-t-il une tournée en vue, à part le retour à casa ?

Après Kigali, Ouganda et l’Afrique du Sud, Extra Musica se rendra aux USA pour y enregistrer son prochain album.

Un dernier mot ?

Que la paix règne au sein de la communauté. Les divisions ont beaucoup fait du tort au Congo. Il faut maintenant donner à notre pays les chances d’avancer. Et pour cela, nous devons préserver la paix, « peace » comme disent les Américains.
Propos recueillis par ALAIN BOUITHY (www.starducongo.com)
Rédigé par Alain Bouithy le Mardi 15 Janvier 2008 à 06:08 Alain Bouithy | Commentaires (1) Notez Fuzz Digg Del.icio.us Blogmemes Tape-moi Nuouz Blinklist Furl Reddit Smarking Newsvine Pioche Spurl Y! Simpy Wists Blinkbits Co.mments Connotea Blogmarks Del.irio.us Technorati Meneame Wikio Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo Scoopeo WikioEs


Le Mégarama a servi de décor à La Nuit du Congo-Edition 2007

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