Dimanche 25 janvier dernier l’Ard, une des deux coalitions de l’opposition congolaise a officiellement investi au palais du parlement, à Brazzaville, son candidat, Mathias Dzon récemment admis à la retraite de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale

La mobilisation des militants et des sympathisants de l’Ard était impressionnante. Une bonne partie de la foule a dû suivre l’événement à l’extérieur de la salle où avaient été installés des écrans géants.

Le « Barack Obama du Congo» - ainsi l’ont surnommé ses partisans - au mieux de sa forme a concentré, lors de son discours d'investiture, ses attaques sur la fraude électorale, la mauvaise gestion pétrolière, dénonçant pêle-mêle le « népotisme, le clanisme, l’achat des armes et l’entretien des milices par le pouvoir de Brazzaville à la veille de la présidentielle ».


« Aujourd’hui, le Congo est à son niveau le plus bas. Tous les indicateurs sont au rouge. En dehors de la littérature où nos écrivains se distinguent par l’obtention de prix internationaux prestigieux, il n’y a plus de domaine où notre pays se rend positivement visible comme par le passé. Notre sport est mort ; notre musique a versé dans le bruit et dans l’obscénité.



Mathias Dzon


Notre pays a perdu tous ses ressorts et ne présente plus aucune capacité qui lui permette de suivre le rythme de l’évolution du monde. Il a besoin d’une autre politique et d’un changement en profondeur touchant les hommes, les mentalités, les pratiques politiques et sociales » a-t-il notamment déclaré.

« Je me propose de réinventer le Congo. Réinventer le Congo, c’est promouvoir une pensée qui remettrait l’humain au cœur de la vie, au cœur de tout, une pensée qui assignerait désormais comme but à la politique, le bien-être politique, économique, social et culturel de chaque Congolais et de tous les Congolais et non plus. le moyen pour les acteurs politiques de s’enrichir à des fins personnelles, une pensée qui œuvrerait à la moralisation de la vie publique et de la vie politique, à travers la restauration et la promotion des valeurs : celles de l’amour de la patrie, du sens de l’intérêt général, de l’intégrité et de la probité morale, du goût de l’effort et de l’amour du travail, du civisme, de la tolérance, du respect de l’autre et de la chose publique, du mérite personnel et de l’excellence » a-t-il promis.

A ceux qui lui font remarquer qu’il a « servi » pendant longtemps M. Sassou lorsqu’il fut son ministre des Finances M. Dzon a répondu plus tard, lors d’une interview à la presse, qu’il s’agit là d’une vieille conception de la politique. Il n’a pas « servi » M. Sassou mais le Congo. Il était le partenaire de ce dernier dans un gouvernement auquel il participait au titre de son parti, dans le cadre d’une alliance…

« Si l’élection présidentielle de juillet 2009 est organisée dans les conditions normales, il (Sassou Nguesso) ne pourra pas être élu et sera éliminé dès le premier tour », a soutenu encore M. Dzon, au cours d’une conférence de presse.

Pour le candidat de l’Ard, Sassou Nguesso au pouvoir depuis plus de vingt ans, est rejeté par près de 90% de la population congolaise.