Extrait
(...) Les élections législatives et locales dans le District de Ngo


La dictature est définitivement en place au Congo Brazzaville
J’ai choisi de parler du Département des Plateaux, parce que, c’est celui que je connais le mieux.

Les dernières élections législatives et locales de par leur organisation abjecte et ignoble ont considérablement contribué à noircir l’image de notre pays au point d’en faire une référence mondiale de médiocrité. Il arrive dans une élection qu’un candidat de probité morale peu recommandable fraude d’une manière ou d’une autre pour augmenter ses chances de battre son adversaire. Mais quand on n’a une conscience non troublé pour le faire, il faudrait quand même y associer un peu d’intelligence pour ne pas commettre un non-sens et paraître ridicule aux yeux des observateurs. Selon les normes internationalement admises un corps électoral dans un pays ou dans une circonscription est obligatoirement inférieur ou égal à la moitié de la population du pays ou de la circonscription. Comment, faisant fi de cette vérité mondialement validée aussi bien par les démographes que par les organisateurs des élections, la Conel de Ngo, composée uniquement des éléments fournis par le candidat Gongarad Nkoua Auguste Célestin, a pu arrêter le corps électoral du district de Ngo à 12.000 personnes pour une population de 14 à 15.000 habitants ?

Et pourtant l'on sait que cette circonscription a un corps électoral qui tourne autour de 7.000 personnes. On est en droit de se demander où le candidat du RMP est allé chercher les 5.000 électeurs supplémentaires ? Ce sont les morts de plus de 30 ans, ce sont les enfants de 4 ans, ce sont des Congolais partis de la circonscription depuis 20, 30 ans qui deviennent électeurs. Ainsi donc le corps électoral du village de Koumou qui ne compte qu’une centaine d’habitants selon les résultats du dernier recensement de la population et de l'habitat que le Ministère du Plan ne veut pas publier pour des raisons qui lui sont propres, est fixé par Gongarad et le RMP à 411 électeurs, soit quatre fois plus que sa population et huit fois plus que ce qu'il devrait être. Le gonflement est alimenté par les enfants, neveux, nièces du candidat Gongarad Nkoua Auguste Célestin habitant depuis des années en France, en Suisse, aux USA ou ailleurs dans le monde.

Il en est de même pour le village d’Onianva qui affiche 565 électeurs avec une population de moins de 150 habitants. La ville de Ngo est passée quant à elle de 2.200 à 5.000 électeurs pour une population de 4.500 habitants. Par ailleurs, les populations de cette petite ville ont eu pour le seul éléphant, trois couleurs (noir, jaune œuf, gris) imprimés sur place par un laboratoire local entretenu par le Curé de la paroisse et le Secrétaire Général du District, tous au service du candidat Gongarad et du RMP. Des milliers de procurations signées en blanc par le Sous-préfet ont été remises à tous les bureaux de vote pour être remplies sur les lieux au nom des personnes dont les cartes d’électeurs n’ont pas été retirées. Toutes ces opérations sont facilitées par la composition monocolore des membres de tous les bureaux de vote de la circonscription.

L’Achat des Consciences : Pour le RMP dont la campagne a été supervisée dans les plateaux par Gongarad Nkoua, lui-même illégalement candidat car inéligible en tant que Président du Conseil Économique et Social au terme de l'article 58 de la loi n°5-2007 du 25 mai 2007, la campagne n’a été clôturée qu’après le scrutin, donc le dimanche soir après la proclamation des résultats puisque les nuits de vendredi à samedi, de samedi à dimanche et même pendant le déroulement du scrutin, leurs agents de campagne visitaient tous les habitants influents des villages, maison par maison et ceci quel que soit l’état d’avancement de la nuit, pour y déposer dans chaque famille visitée 500.000, 700.000 voire un million de francs.

Pire encore est l’action antidémocratique du tristement célèbre, l’obscur Ngampo Emmanuel qui le jour du vote s’est enfermé toute la journée dans sa case avec des lots de cartes d’électeurs fictifs pour organiser un festival de distribution de cartes d’électeurs accompagnées chacune d’un billet de 500 francs. L’extrême pauvreté dans laquelle vivent les habitants de Ngo a facilité l’organisation au domicile de Ngampo Emmanuel d’un interminable défilé vu par les populations de Ngo, mais que la police aveuglée par le reflet des billets de banques miroités par le candidat de l’UPDP refusait de voir.

Enfin, c’est moralement répugnant et abject que le pouvoir en place s’obstine à faire venir à Ngo et à chaque élection 150 militaires armés jusqu’aux dents pour apeurer d’abord et mâter ensuite tous ceux qui oseraient contester la mauvaise organisation des élections et la fraude à grande échelle qui les accompagne. Ainsi, le Secrétaire général chargé de ramasser les résultats des différents bureaux de vote avait l’obligation de les traiter d’abord avec le candidat Gongarad à son domicile avant de les présenter à la Conel locale. Cette façon de faire a intrigué les militants de l’opposition qui, excédés par le comportement partisan du Secrétaire Général du district, ont décidé de le contraindre à déposer les résultats ramenés des différents bureaux de vote à la Conel et non chez Gongarad. D’où une course poursuite dans les rues de Ngo qui a fini par un accrochage physique entre le Secrétaire Général et un militant du RFD sous les regards hagards des agents de police.

Tout s’est passé comme si Gongarad était à la fois organisateur et candidat. Les résultats du village Ngo II qui au dépouillement donnaient la liste RFD vainqueur avec 172 voix n’ont-ils pas été inversés sur le procès-verbal en faveur de liste RMP qui pourtant n’avait obtenu au sortir des urnes que 74 voix ? Comment peut-on encore être surpris du tripotage et du spectacle honteux que Gongarad et son RMP viennent d’offrir aux populations de Djambala lors de la mise en place du Bureau du Conseil Départemental des Plateaux ? De Gongarad et de ses pratiques immorales, rien ne peut nous surprendre. Mais ce qui nous dérange, c'est l'attitude de Monsieur Obami Itou. En effet, comment expliquer que Monsieur Obami Itou, le plus grand des sénateurs congolais de par ses fonctions de Président du Sénat ait pu se faire berner et manipuler au point d’accepter un tel cafouillage méprisant la loi de la République en la matière. Peut-on être vice-président d’une institution dont on n’est pas membre ? Comment Monsieur Ngampo Emmanuel non élu conseiller aux dernières élections locales peut être vice-président du Conseil départemental ? Classé 5ème sur la liste de 5 personnes conduite par Monsieur Gongarad, une liste qui n’a obtenu que 3 élus, Monsieur Ngampo avait été éliminé et ne pouvait donc prétendre à une place quelconque au Bureau du Conseil. Si Monsieur Gongarad a démissionné comme on semble nous le rapporter, l’application de l’article 37 de la loi n° 7-2003 du 6 février 2003 portant organisation et fonctionnement des collectivités locales qui stipule qu’ « en cas de vacance pour les causes évoquées aux articles 33 à 36 de la présente loi, il y est pourvu par l’admission du candidat venant immédiatement après le dernier élu sur la même liste ». La vacance est prononcée par la démission de Gongarad tête de liste RMP qui a obtenu 3 sièges sur 5. Le dernier élu sur la même liste, c’est Monsieur Kouabala. Sur la même liste, celui qui vient immédiatement après Kouabala, c’est Monsieur Ampiri Michel. Monsieur Ngampo Emmanuel n’est en aucun cas concerné par la démission de Monsieur Gongarad. Il ne remplit pas les conditions imposées par la loi pour tirer profit de cette démission qui ne peut légalement profiter qu’à Monsieur Ampiri Michel.

Monsieur André Obami Itou a l’obligation morale et intellectuelle d’expliquer aux électeurs des Plateaux en général, de Ngo en particulier comment ont-ils fait pour cafouiller avec la loi de la République. Si un Président du Sénat qui demeure la haute chambre du Parlement ne peut plus appliquer une loi votée par l’institution dont il est le Président, on est alors en droit de se demander ce que devient la Démocratie au Congo.

Aux dernières élections législatives Monsieur Gongarad était candidat dans la circonscription unique de Ngo, malgré son inéligibilité en tant que Président du Conseil Économique et Social (Article 58 de la loi n°5-2007 du 25 mai 2007). Tous les autres candidats ont dû se retirer de la compétition, parce que démocrates, ils ne se retrouvaient pas dans ce désordre électoral sciemment voulu par le Tout puissant Gongarad et l'UPDP, que personne, ni le Président de la République garant des lois, ni le Président de la Cour Constitutionnelle juge de la régularité des élections, ni le Président de la Cour Suprême, dernière juridiction en matière de justice, moins encore un juge d’Instance, ne peut sanctionner pour ses pratiques qui le placent au-dessus de la loi. Peut-on conclure qu’au Congo, la loi n’existe que pour ceux qui acceptent de l’appliquer ? Si tel est le cas, peut-on encore marteler comme le fait le pouvoir actuel que le Congo est un Etat de droit, un Etat démocratique ? Les dirigeants congolais, de par leur manière de manipuler les lois démocratiques s’accordent alors avec Jacques Chirac pour conclure «que la démocratie est un luxe pour l’Afrique», et donc pour le Congo.

Le coussin électoral du candidat du RMP aux élections présidentielles


Dans le bilan de ses onze ans de pouvoir qu’il a dressé à l’occasion de la célébration du 48ième anniversaire de l’indépendance du Congo, notre Président a annoncé que le Congo comptait désormais 3.600.000 d’habitants. L’on sait par ailleurs que 42% de cette population est constitué d’Etrangers, soit 1.512.000; ce qui donne une population de nationaux de 2.088.000. L’application des règles universelles de détermination du corps électoral par rapport de la population d’un pays nous conduit à fixer approximativement le corps électoral pour les prochaines élections présidentielles à 1.300.000 électeurs. Puisque des actes de naissance et des cartes d’électeurs, ont été distribués aux Congolais de la RDC dont la population sur notre territoire est de 1.000.000, aux Rwandais, aux Centrafricains et Tchadiens, les pouvoirs publics projettent le corps électoral à 2.000.000 d’électeurs. Soit un supplément de 700.000 électeurs fictifs. Ces 700.000 électeurs fictifs constituent le coussin électoral du candidat du RMP.

Cela veut dire qu’il n’aura besoin que de quelques 300 000 voix du corps électoral réel pour se faire réélire dès le premier tour. Vous comprenez donc pourquoi ses adeptes proclament déjà sa victoire dès le premier tour. Pendant que ses concurrents partiraient donc de 0 voix, le candidat du RMP partirait lui avec une avance confortable de 700.000 voix. Où est alors la démocratie avec une telle magouille ? La machine à fraude est déjà en place et le RMP attend fiévreusement le jour J pour clamer la victoire de son candidat.

Tous les autres candidats, s’ils veulent aller au prochain scrutin présidentiel avec des chances de victoire égales, doivent refuser l’actuel fichier électoral qui a patronné les dernières législatives et locales et exiger à la place un nouveau fichier élaboré de manière consensuelle à partir du dernier recensement réalisé par le Ministère du Plan sous la supervision du PNUD. Et, ce dernier doit aider le peuple congolais à obtenir du Ministère du Plan la publication de ce recensement qui se fait trop attendre. Tous les démocrates congolais doivent comprendre cette situation dangereuse qui profile à l'horizon 2009 pour s'unir et exercer sur le Président une pression continue afin que les Congolais se retrouvent pour redéfinir ensemble la marche de notre démocratie. Une telle rencontre est un préalable à l'organisation consensuelle des prochaines élections présidentielles. La vie de la démocratie dans notre pays en dépend. Si l'opposition ne se ressaisit pas et continue à rêver dans des querelles stériles de leadership, elle aura contribué à signer l'acte de décès de la démocratie dans notre pays.

Joseph Hondjuila Miokono
Président du Rassemblement
des Forces pour la Démocratie
(RFD)
Source: Mwinda