Dans nos précédentes éditions, nous élucidons la guéguerre voilée entre deux ministres de la présidence de la république et la directrice de l’autorité de régulation des marchés publics autour de la suspension de M. Bernard Olloye qui devrait être suivi de l’ouverture d’une information judiciaire.

Des sources sures, nous apprenons qu’aussitôt rentré d’une mission de Pointe-Noire, M. Bernard Olloye a été placé à la Maison d’Arrêt de Brazzaville par le doyen des juges, le colonel Oko Ngakala depuis bientôt 10 jours.

En effet, il y a quelques mois, le ministre d’Etat, directeur de cabinet du chef de l’Etat, M. firmin Ayessa, suivant la correspondance n° 108/PR-CAB du 5 mai 2010, avait demandé au coordonnateur du pôle de la souveraineté, ministre d’Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Me Aimé Emmanuel Yoka, d’ouvrir une information judiciaire contre M. Bernard Olloye, qui venait d’être nommé directeur de la formation et des appuis techniques auprès de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).

Le ministre d’Etat Firmin Ayessa avait également sollicité, dans la correspondance n°109/PR-CAB du 5 mai 2010, auprès du président du conseil de l’ARMP, M. Gabriel Longobé, la suspension de M. Bernard Olloye des fonctions qu’il exerçait au sein de cette structure, en attendant l’aboutissement d’une information judiciaire qui devrait être ouverte à son encontre.

A cet effet, le président du conseil de l’ARMP, M. Gabriel Longobé avait, de son côté, rendu public la décision n° 008 du 6 mai 2010 portant suspension de M. Olloye des fonctions qu’il assumait au niveau de cette institution.
Cependant, malgré toutes ces actions, Me Anick Mongo, directrice générale de l’autorité de régulation des marchés publics, n’avait pas suspendu ce dernier certainement parce que cela était en adéquation avec les textes qui régissent l’ARMP.

D’après les correspondances ci-dessous, M. Olloye est soupçonné d’avoir commis des malversations financières et pratiques frauduleuses au moment où il était responsable administratif et financier du Projet de développement rural-Nord (PRODER-Nord). Ces malversations financières et pratiques frauduleuses avaient été découvertes en décembre 2009 lors d’une inspection faite par les services de l’inspection générale d’Etat auprès de ce projet.

Une enquête judiciaire est donc ouverte contre M. Bernard Olloye afin de déterminer la véracité des faits qui lui sont reprochés. Mais comme le dit la Constitution du 20 janvier 2010, toute personne accusée pour tel ou tel motif, bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’elle ne sera pas déclarée coupable.
Ce qui est grave, c’est de constater la paralysie de l’autorité de régulation des marchés publics actuellement puisque, M. Bernard Olloye, qui assure l’intérim du Directeur général de l’ARMP est aux arrêts.
Nous y reviendrons en long et en large dans notre prochaine édition.

Amos COLOMBE & Rufin TOFFE (Talassa)