|
Le colonel David Mountsaka est mort le 14 mars 2010 à Brazzaville, dans sa 78ème année. Au moment de l’indépendance de notre pays en 1960, David Mountsaka est capitaine parmi les rares officiers les plus gradés des Forces Armées Congolaises, comme Félix Mouzabakani, Ebadep. A ce titre, il est le premier Chef d’état-major de la jeune armée congolaise.
mountsakaaTout de suite, le nom de David Mountsaka va se lier au destin et à l’histoire politique de la nation congolaise naissante des années 1960. Il est en effet associé, avec le capitaine Félix Mouzabakani, aux événements des 13, 14 et 15 Août 1963 qui emportent l’Abbé Fulbert Youlou, l’un des pères de l’indépendance du Congo. En tant que Chef d’état-major, David Mountsaka refusa d’envoyer l’armée tirer sur la foule des travailleurs et autres badauds partis de la Bourse du Travail vers la maison d’Arrêt où étaient détenus les syndicalistes arrêtés. Il refusa également de garder le pouvoir par devers lui (" l'empocher " avait-il dit lors du procès Marien Ngouabi) ou de le confier aux militaires pour le remettre aux civils, en l’occurrence au Premier ministre Alphonse Massamba-Debat, qui devint Chef du gouvernement provisoire, dit gouvernement des technocrates, chargé d’élaborer une nouvelle constitution et d’organiser de nouvelles élections législatives, municipales et présidentielles, dans les trois mois qui suivaient les événements des 13, 14 et 15 Août 1963.
Pour nous qui avons eu la chance de l’approcher et de le connaître, ce n’est ni son intelligence, ni l’acuité de son esprit, ni l’ampleur de sa culture, toutes réelles qu’elles fussent, qui frappaient d’abord, mais plutôt sa modestie, sa courtoisie et sa discrétion, le sens de l’honneur et de la dignité, le sens du devoir et de l’Etat, autrement dit son patriotisme. Sa foi forte, aussi, celle d’un chrétien très profondément croyant qui consacrait toute sa vie à Dieu. De sorte que la mode marxisante du Congo ne put le déterminer, non sans risques pour sa vie et pour sa carrière, à se convertir à cette idéologie comme de nombreux officiers de la jeune armée congolaise devenue Armée Populaire Nationale. Nommé Colonel en 1974, David Mountsaka l’est resté jusqu’à sa retraite et à sa mort. Tandis que de jeunes Officiers, enrôlés des années après lui, devinrent des Généraux. Mais certaines de ces promotions faites parfois en marge des critères de mérite et violant toute norme hiérarchique, n’ont jamais pu entamer la bonne humeur et la dignité de l’officier qu’il fut. En revanche, loin de l’humilier, elles ont forgé en lui, un homme de caractère, mais aussi d’engagement et de liberté d’esprit. De mes contacts avec David Mountsaka, j’ai toujours apprécié en lui, un grand militaire, un défenseur des veuves et des orphelins : un grand patriote. Sa carrière militaire le prédisposait au respect de la vie humaine et de ses concitoyens, au respect de la légalité républicaine et à la défense exclusive du territoire national et des intérêts du Congo. Il ne dissimulait pas ses convictions qui imposaient respect et admiration de son entourage et dans l’armée. Sa liberté de ton était pour moi, un signe du respect et des attentes qu’il avait à l’égard de nous qui avions eu et assumé des responsabilités publiques. Dommage qu’il soit parti sans nous laisser par écrit son témoignage sur l’histoire de notre pays. Toutefois, il me laisse l’image d’un homme qui a aimé notre pays, le Congo. Il aura été ainsi jusqu’au dernier moment, un aîné, un homme dont la raison éclairait la foi et le sens du devoir d’Etat. Dieudonné Antoine-Ganga. (Mwinda) |
|||||
|
|||||

Actualités











Le colonel David Mountsaka est mort
24/03