Kimpwanza - Les anciens membres de l’Upads vont s’expliquer
L’Upads, le parti de Pascal Lissouba se prépare d’aller en congrès, le 27 février 2009.

Cette grand’messe politique interne permettra aux membres de ce parti politique de regarder tous les contours de la gestion de ce parti sans oublier les grandes lignes de l’échec de leur pouvoir en 1997.

Du haut de cette tribune, devront donc s’expliquer tous ceux qui avaient la charge de diriger les instances de ce parti et du pouvoir lissoubien.

C’est ici de dire que tous ceux qui formaient la fameuse bande des quatre auront la lourde charge de s’y expliquer. Victor Tamba Tamba, Christophe Moukoueké, Martin Mberi et bien d’autres gros bonnets du pouvoir défunt seront, comme qui dirait, à la barre pour la synthèse générale de la gestion globale du pouvoir de Pascal Lissouba.

Ce qui est vrai, il y a des dissensions au sein de ce parti. Les uns et les autres se bouffent le nez pour la chefferie de ce parti et tous les grands noms de la bande des quatre qui gesticulent aujourd’hui pour la gouvernance de l’Upads sont traités par Moungounga Nkombo Nguila de « vendus politiques », de « corrompus » et « d’usurpateurs » de l’Upads alors qu’il est lui-même le dernier-né de cette bande des quatre, conduit chez Pascal Lissouba par Martin Mberi.

Et, pour Moungounga Nkombo Nguila, s’il y a lieu de couper les « couilles » de ses trois camarades, il en serait certainement signataire. Car, il a envoyé Gilbert Tsonguissa Moulangou « pour récupérer le parti et le rendre chez les militants » mais cet envoyé spécial a été mis aux arrêts par le pouvoir de Brazzaville.

Comme on le constate, de nos jours, la vie générale de ce parti de Pascal Lissouba est scindée en trois modules Upads à savoir : Upads fond blanc, Upads fond jaune et l’Upads sans fond.

Pour marquer donc la présence effective de ce parti sur le terrain politique congolais, chacune de ces branches politiques va donc présenter son candidat à l’élection présidentielle. Ainsi, le module Upads avec fond blanc a trouvé comme candidat Ange Edouard Poungui et le module fond jaune recherche encore le sien…

Quant au groupe de Nguila Moungounga Nkombo, il est entendu qu’il ne participera pas à cette élection « gagnée d’avance » par le RMP qui voudrait élire son candidat « dès le premier tour ». Donc, le module Moungounga est sans candidat à lire l’intervention de Tsounguissa Moulangou (avant d’être emprisonné) paru dans le journal MAINTENANT n° 054 de novembre 2008.

Au regard donc de ce qui précède, il y a lieu de dire que le Congrès de l’Upads présente une image sombre, car chacun arrivera avec sa philosophie et son vocabulaire politique.

Toutefois, pour ne pas se détourner de la logique cardinale d’un congrès du parti, il reviendra à Christophe Moukoueké (secrétaire général sortant) de faire un rapport complet sur la gestion du pouvoir de Lissouba pour éclairer la lanterne des militants et sympathisants.

Il aura donc la charge d’expliquer pourquoi Pascal Lissouba a t-il lamentablement échoué au pouvoir ; Pourquoi n’a-t-il même pas fait construire une petite manufacture durant son mandat ; Sur quel carreau du palais présidentiel Lissouba avait-il glissé pour terminer sa course politique sur la perte du pouvoir ?

En somme, tous les contours seront mis à la loupe et Christophe Moukouéké devra aussi s’expliquer sur le sens réel de l’écriture d’un [de son] livre « contre Pascal Lissouba » dans lequel il révèle « 25 ans de révolution pour rien ». Lissouba et Moukouéké avaient-ils des antécédents ?

Tous les upadsiens, (toutes tendances confondues) attendent de lui, fébrilement, ce rapport à ce congrès pour redresser les trois palmiers tordus par le grand vent de l’histoire.

C’est ici le sens de dire que sa veste de secrétaire général du parti ayant pris une autre coloration (écrivain) a fait aussi que l’Upads s’éclate en plusieurs morceaux. Car, à partir de son livre, il est de bon aloi de dire que les militants et sympathisants n’avaient plus d’aiguilleur, d’éclaireur ou de guide…

Un autre homme qui a droit de se justifier sur la gestion de ce parti à ce congrès, c’est Martin Mberi.

Cet homme pourtant n’avait pas la décision au sein du parti, mais cité parmi les membres de la bande des quatre avait une voix prépondérante auprès de Lissouba.

Etant au moulin de ce pouvoir, l’odeur du chavirement du pouvoir devait donc lui permettre de conseiller son président sur la conduite à tenir pour sauver les meubles. Or, n’ayant rien entendu sur ce fait, la question qui se pose est de savoir si « Kitat’na nga kio » avait-il agi dans le sens de ce devoir. S’il l’avait fait, quelle était donc la décision de Lissouba sur la question ?

Ce n’est pas tout. Martin Mbéri a également le devoir de s’expliquer sur le sens réel de son revirement politique au côté de Denis Sassou Nguesso cinq mois après la chute Pascal Lissouba, et de sa démission du gouvernement de l’homme fort de Mpila. Est-il traître, conspirateur ou fourbe politique ? Le Congrès élucidera.

Un autre homme à ne pas oublier au cours de ce congrès, c’est Victor Tamba Tamba. Météorologue de profession, on s’interroge s’il a appliqué cette profession pendant son règne dans la bande des quatre. Si oui, on dirait tout simplement qu’il a donc vue venir l’échec du parti et du pouvoir. Si non, la question qui vient tout de suite à l’esprit est de connaître son rôle réel au sein de l’Upads et du pouvoir quand on sait qu’à Brazzaville lors du congrès de décembre 2006 de l’Upads Tsaty Mabiala, il a observé le silence. Mais, pendant les législatives de 2007, il s’est mis en ordre de bataille dans les rangs de Tsaty Mabiala avant de claquer la porte par la suite.

A entendre certains observateurs, il est difficile de cadrer Tamba Tamba dans une moule politique. On se rappelle que malgré son étiquette de membre de la bande des quatre, Victor Tamba Tamba s’est affiché comme un comparse au sein de la famille présidentielle en exil. Pas de déclarations ni de réactions en faveur de son parti défunt, il est resté le même jusqu’à son retour au Congo où il observe toujours un mutisme sans précédent.

Qu’à cela ne tienne, il a droit de dénoncer l’épine de l’échec de leur pouvoir et ce qui a mine leur ménage politique.

Une autre personne qui avait droit de s’expliquer du haut de cette tribune du congrès de l’Upads, c’est Claudine Munari, la Dircab de Pascal Lissouba. Mais, ayant trouvé un autre créneau politique en créant son parti, le MUST, cette Mata Hari capable de terrasser un éléphant, échappe de justesse à cet interrogatoire public.

Vu ce lourd passé, l’Upads devrait avoir un secrétaire général « titan », sans passé lugubre. Le changement devra se faire au niveau des hommes, des idées et des méthodes. Mais, ce congrès ne doit pas être un lieu de bagarre et surtout qu’il ne doit pas ressembler à ce congrès inaugural de la JMNR (1964) qui n’a jamais été clôturé.

Les anciens de l’Upads devraient se comporter comme les éléphants du parti socialiste français (PSF). Là-bas, les Michel Rocard, Lionel Jospin, Laurent Fabius… les anciens du parti sont dans les rangs sans bruit mais respectent les nouveaux qui gèrent l’instance dirigeante.

A l’Upads, un collège des anciens est nécessaire afin de bloquer le contre vent de tous les mammouths et dinosaures animés par la volonté de bloquer le parti.

Marcel Louzolo-Ouenabio(Kimpwanza)