«Une autre politique avec des hommes nouveaux est notre seule chance»

Candidat à l’élection présidentielle de juillet 2009, Mathias Dzon a adressé ses vœux de nouvel an à ses compatriotes, dans un message dans lequel il dresse un tableau sombre de la situation socio-économique du pays. En voici un extrait.


«A l’orée de l’année qui s’achève et au seuil de l’année qui commence, comme la tradition le commande, j’adresse, à toutes les Congolaises et à tous les Congolais, mes vœux les meilleurs de santé, de prospérité et de réussite. L’année 2008 a été extrêmement difficile pour les Congolais. Tous, nous l’avons, hélas, constaté:
- la maladie a gagné du terrain, en raison de l’inefficience des systèmes de santé, les quelques structures sanitaires (hôpitaux et dispensaires) connaissant un dénuement et un délabrement sans précédent;
- la pauvreté n’a pas arrêté de s’élargir et de s’approfondir, du fait de l’atonie de l’économie, de la chute drastique des pouvoirs d’achat sous le double effet de la modicité des rémunérations, par ailleurs bloquées depuis des années, et de l’envolée effroyable des prix des biens de consommation. Brazzaville, par exemple, connaît une inflation de plus de 12%;
- le manque d’eau potable, d’électricité, l’insuffisance d’approvisionnement en produits de qualité, l’enclavement insupportable des régions entières (à l’instar de la Cuvette-Ouest), etc, ont aggravé la dégradation générale des conditions de vie déjà précaires.

La décrépitude de l’école, complètement défaite dans son fondement et dans ses infrastructures, à tous les niveaux, le développement exponentiel du chômage, notamment celui des jeunes diplômés, complètent ce tableau qui n’a fait que s’assombrir de jour en jour, pendant que les énormes ressources engrangées à la faveur de l’envolée des cours du pétrole constituent pour les Congolais un véritable tabou encore aujourd’hui, ceci au moment où, dans le monde, la transparence, la bonne gouvernance, s’érigent en règles incontournables. Les Congolais n’ont pas arrêté de s’interroger. Ils s’interrogent, bien évidemment, sur la sortie de cette passe difficile, parce qu’il faut bien en sortir pour éviter de plomber l’avenir du pays et de compromettre celui des milliers de jeunes.

Assurément, une autre politique avec des hommes nouveaux est notre seule chance, la chance de ne pas céder à la fatalité, la chance de croire et d’espérer. La clé, c’est le scrutin présidentiel de juillet 2009 qui, pour répondre à l’attente et aux vœux de l’écrasante majorité de notre peuple, doit se préparer de façon consensuelle et se dérouler dans la transparence, permettant ainsi au meilleur de gagner loyalement.

En nous mobilisant effectivement, nous rendrons cela possible et l’alternance démocratique se réalisera dans notre pays sans heurt».


La Semaine Africaine