le docteur GUITOUKOULOU
Démocratie confisquée, libertés surveillées, le Congo Brazzaville n’arrête plus de souffrir des querelles entretenues par ses politiciens. Pendant ce temps, le peuple attend encore et toujours une vraie réconciliation nationale, pour enfin trouver des solutions concrètes aux problèmes de démocratie, d’infrastructures, de chômage, d’éducation et de santé, qui se posent avec acuité au sein de la nation.
Situé au cœur de l’Afrique centrale, le Congo est un petit pays en terme de superficie : 342.000 km2, pour une population de près de 3.000.000 millions d’habitants. Le taux d’analphabétisme extrêmement bas pour la région : 24 %, constitue une valeur ajoutée dans la mise en œuvre de politiques de développement. En effet, l’action conjuguée de la richesse de son sous-sol et la qualité de ses élites, devraient pourtant projeter ce pays au hit-parade des nations leaders de la sous-région. Cependant, après bientôt 50 ans d’indépendance, le Congo est aujourd’hui tourné vers l’abysse du néant. Et, comme grand nombre de pays africains au sud du Sahara, ce pays est très instable. Les années SASSOU NGUESSO et LISSOUBA, ont été marquées par des crises institutionnelles, lesquelles ont entraîné d’autres maux comme la mauvaise gouvernance, la dilapidation des fonds publics, la corruption à grande échelle, la gabegie au sommet de l’Etat, etc. À cela se sont ajoutées les luttes ethniques, utilisées comme moyens de conquête ou de conservation du pouvoir politique, résultant d’une dérive ethnocentriste. L’INCONSEQUENCE DES POLITIQUES Le Congo connaît aujourd’hui un retard considérable dans son développement socio-économique par la faute des politiques. Depuis 1960, année de l’indépendance jusqu’en 1997, ce sont les mêmes acteurs : SASSOU NGUESSO, LISSOUBA, KOLELAS, qui ont dominé la scène politique, porteurs d’idéologie de gauche pour les deux premiers et d’un projet capitaliste pour le dernier. Chef du parti unique, le Parti Congolais du Travail (PCT), SASSOU NGUESSO, va diriger le pays de 1977 à 1992. Il est battu aux élections présidentielles démocratiques de 1992 par Pascal LISSOUBA, président de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS). Bernard KOLELAS, arrivé second à ce scrutin va s’atteler à l’installation de son parti, le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral (MCDDI) pour constituer la deuxième force politique du pays. Toutefois, la rivalité entre ses trois protagonistes, va plonger le pays dans des guerres civiles à répétions. En 1997, de violents combats opposent les miliciens de Denis SASSOU NGUESSO aux partisans du président élu Pascal LISSOUBA. Après avoir chassé du pouvoir le président LISSOUBA, le seigneur de guerre SASSOU NGUESSO s’est auto proclamé chef de l’Etat. En 2000, il se fait élire dans une parodie d’élections, pour donner une légitimité à son pouvoir conquis par les armes. Ce sont donc ces luttes qui ont engendré la destruction du socle de l’économie congolaise naguère florissante, comparativement aux économies des pays de la région. UNE ECONOMIE EN PLEINE DELIQUESCENCE L’économie congolaise a été porteuse d’espoirs au lendemain des indépendances jusqu’au début des années 70. Malheureusement, les efforts consentis pour l’ébauche d’une industrialisation maîtrisée et d’une agriculture intensive seront mis à mal par une économie planifiée, calquée sur les démocraties populaires d’Europe de l’Est. Également l’antagonisme, né des intérêts économiques de l’ancienne puissance coloniale française avec les impératifs de l’idéologie importée, va accoucher d’une gestion chaotique des nombreuses ressources du pays. Entre temps, le Congo devient un terrain d’affrontements entre pays européens du Nord et de l’Est, pour le contrôle des matières premières : pétrole, phosphate, bois, diamant, etc. Cela étant, quarante ans après, les caisses du Congo sont encore dans le rouge. Obligeant les autorités, gagnées par la corruption de négocier l’obtention de statut de Pays Pauvre Très Endetté (PPTE), afin de bénéficier des avantages octroyés par les institutions de Bretton Woods. Cette situation rejaillit sur l’ensemble de la société, car 70 % de la population congolaise vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 1 dollar par jour. Pourtant, l’exploitation du pétrole dont le prix du baril vient d’exploser, devrait apporter une grande bouffée d’oxygène à l’économie nationale devenue exsangue. Mais, au lieu de s’attaquer à la pauvreté, de bâtir de nouvelles infrastructures et d’entreprendre le développement de la nation Congolaise, les autorités de Brazzaville s’emploient à dilapider la manne ainsi reçue, par l’achat des consciences, la corruption, l’acquisition des villas et appartements de luxe à l’étranger. Ces biens mal acquis ont été dénoncés par le journal le Monde Diplomatique dans sa parution du 31 janvier 2008 et par le journal télévisé de France 2 le 4 mars dernier. Il en résulte à l’intérieur du pays une société à deux vitesses : d’un côté les riches minoritaires proches du pouvoir, et de l’autre, la grande majorité, qui peinent à se nourrir, s’habiller, se soigner et se loger. Faut-il aussi rappeler l’incapacité des pouvoirs publics, à assurer la distribution de l’eau et de l’électricité sur l’ensemble du territoire nationale, denrées pourtant nécessaires à un développement harmonieux ? Sur place, aux délestages réguliers se succèdent les coupures générales aussi bien à Brazzaville, Pointe-Noire qu’à Dolisie, les grandes villes du pays. Un véritable casse-tête chinois pour les responsables de la Société nationale d’Electricité (SNE) et de la Société Nationale de Distribution d’Eau (SNDE, qui réclament davantage de moyens pour mettre fin à une situation récurrente. Le gouvernement congolais gagnerait à développer une politique ambitieuse, pour mettre fin par exemple à l’importation d’électricité des pays voisins, notamment la République Démocratique du Congo. Une volonté politique affirmée suffirait pour mettre en valeur le bassin d’eau de 3.800.000 km2 dont dispose le pays, pour construire et réhabiliter des barrages hydroélectriques. Mais est-ce là une priorité pour un pouvoir qui se préoccupe moins de l’utilité publique et dont l’action consiste surtout à entretenir ses partisans et une partie de l’élite, afin d’assurer son maintien au pouvoir ? L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE PAR LES URNES ET NON PAR LES ARMES ! Le peuple congolais a payé depuis deux décennie un lourd tribut des crises politiques entretenues par des dirigeants cyniques et irresponsables. Dans un an, un rendez-vous capital se dessine à l’horizon, avec l’élection présidentielle. La rue congolaise se met à rêver d’un changement en douceur. En effet, le train de l’alternance s’est emballé au Botswana, tandis qu’au Kenya et au Zimbabwe, les fondements de la dictature semblent ébranlés. Au Congo, la jeune génération en appelle à un renouvellement de la classe politique et ne souhaite plus le retour des vieux démons. L’espace politique est en effet encombré par un cartel de près de 70 partis et associations qui pour la plupart sont dirigés par les enfants, neveux et cousins de Denis SASSOU NGUESSO. Ce cartel forme le Rassemblement pour la majorité présidentielle, chargé de le reconduire au pouvoir. Et, en face du monarque congolais, on a une opposition sans chef charismatique, désorganisée et sans véritable projet alternatif. Dans ce désert politique, un certain nombre de quadragénaires s’apprêtent à jouer un rôle de premier plan dans le futur immédiat du Congo. Parmi ces jeunes loups, le docteur Marcel GUITOUKOULOU, président d’une nouvelle formation politique : le Congrès du Peuple. Bien qu’on lui prête un destin national, le docteur GUITOUKOULOU et certains de ses collègues, s’emploient dans un premier temps, à la réunification de l’opposition congolaise autour d’un idéal afin de remettre en cause le scénario déjà écrit, à savoir : l’élection dans un fauteuil ou mieux le plébiscite de monsieur Denis SASSOU NGUESSO. Les qualités d’homme d’Etat du docteur Marcel GUITOUKOULOU sont indéniables. Ses efforts pour la restauration de la paix au Congo sont bien connus. Sa médiation nationale de fait, auprès des présidents Denis SASSOU NGUESSO, Pascal LISSOUBA, du premier ministre Bernard KOLELAS et nombre de protagonistes congolais à contribuer à l’organisation du dialogue nationale sans exclusive en avril 2001 à Brazzaville. Récemment, il s’est personnellement investi avec succès, dans le règlement de la guerre du Pool, théâtre d’affrontements entre les milices du pouvoir et les partisans du révérend pasteur NTUMI. Son implication personnelle dans cette médiation a abouti à l’arrêt des combats dans cette région. Grâce à Marcel GUITOUKOULOU, l’entrée au gouvernement du révérend pasteur NTUMI en qualité de Délégué-Général à l’Action Humanitaire, chargé de la Réparation des Dommages de Guerre a été possible. De ce point de vue, ce jeune médecin devient l’un des rares hommes politiques congolais à avoir discuté avec tous les belligérants de la crise politique congolaise. Ce statut lui vaut l’animosité de la part de certains dignitaires congolais. Dans l’absolue, le docteur GUITOUKOULOU plaide, pour un renouvellement générationnelle de la classe politique et pour une rupture totale avec le régime de Brazzaville. Un régime déjà tourné vers la fraude électorale, qui, comme pour les élections locales de 2007, refuse la mise en place d’une Commission Nationale Indépendante pour gérer les élections. C’est en cela que le président du Congrès du Peuple, animateur du Consensus Citoyen ainsi que du Conseil Représentatif de la Diaspora du Congo Brazzaville en France, recommande à ses collègues de l’opposition, la “ mutualisation “ des moyens tant physiques que matériel. “La dispersion des énergies, selon le docteur GUITOUKOULOU, ne profitera qu’au pouvoir clientéliste de Brazzaville“. Dans cette perspective, les grandes manœuvres, les négociations en coulisses ont commencé, pour définir une stratégie permettant de réussir l’alternance politique sans violence et effusion de sang. Quarante huit ans révolus, le docteur Marcel GUITOUKOULOU exerce en qualité de praticien hospitalier en anesthésie et réanimation au CHU de la Conception à Marseille depuis 1994. Actuellement, il symbolise cette nouvelle élite politique africaine, formée et décomplexée qui aspire à voir le continent noir rompre avec les clichés traditionnels : élections tronquées, corruption, famines, guerres, bref, le cercle vicieux qui caractérise la mauvaise gouvernance des biens publics par des dirigeants actuels africains. Son discours est celui d’un changement dans la rupture et non dans la continuité. Depuis 1998, au lendemain de la guerre, le docteur Marcel GUITOUKOULOU organise avec des collègues français de l’Association RHEATERRE d’Echanges, des missions médico-chirurgicales au profit des blessés et victimes de guerres. Malgré son éloignement, le docteur Marcel GUITOUKOULOU, n’a jamais coupé le cordon ombilical avec les opprimés du Congo. Homme sensible aux problèmes des autres, il crée une Fondation humanitaire pour aider les plus démunis. Pragmatique et réaliste, le docteur GUITOUKOULOU pense que : “ le monde bouge. Le Congo ne peut se marginaliser, il doit enfin s’ouvrir au bien-être de son peuple. Ce changement est avant tout politique d’autant qu’il influe sur le social et l’économie. “ Farouche partisan d’une nouvelle éthique politique, le président du Congrès du Peuple souhaite pour le Congo une alternance politique qui vient uniquement des urnes et non des armes. C’est un homme politique de conviction, porteur d’un nouveau discours, qui invite ses compatriotes à la mutation devant induire un changement dans les mentalités, pour enfin chasser les peurs et réveiller les consciences des Congolais. Le docteur Marcel GUITOUKOULOU, veut promouvoir une autre vision de l’opposition dans son pays : constructive sur la démocratie et l’alternance, frontale sur la rupture. G. Baron Source : Imagazine.fr |
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Y a t-il des chances pour une alternance démocratique au Congo ?
30/11