FEMME NIGER: La beauté dangereuse !
La dépigmentation de la peau ou ‘’Toussou-toussou’’ en langue locale reste une réalité dans la société nigérienne. Pour avoir une peau plus claire ou bronzée, les femmes ont recours à des produits qui, au lieu d’entretenir leur peau, la dégrade et par la suite provoquent des maladies.

Top gel, Body light, Movate, Lumière, Skin Light, Peau claire, l’abidjanaise, Dop, tous ces produits aux noms charmeurs, provenant du Pakistan, du Nigeria, des Etats-Unis, de l’Europe, notamment la France et l’Angleterre, pullulent dans les boutiques, magasins et marchés du Niger.

Beaucoup de femmes mariées et de jeunes filles, de toutes les catégories socioprofessionnelles se ruent sur ces produits à base d’hydroquinone, une substance qui colorie la peau. « Mais très dangereuse pour la santé, d’après le chimiste Salissou Amadou.

« Les plus grands adeptes de ce blanchiment de la peau se recrutent dans la catégorie des femmes divorcées ou mariées âgées de plus de 35 ans », confie Abdoulaye Saley, vendeur des produits cosmétiques au grand marché de Niamey.

De l’avis de plusieurs personnes interrogées, ce phénomène daterait au Niger, des années 1985, mais c’est surtout pendant ces dix dernières années que la dépigmentation artificielle a connu une explosion dans notre pays. Au début, citadine, la dépigmentation s’est aujourd’hui répandue dans toutes les campagnes du Niger.

« A moyen terme un sérieux problème de santé publique va se poser. Car les éclaircissants à base d’hydroquinone sont plus répandus sur les marchés et sont moins chers et très malheureusement sont les plus utilisés par la grande majorité des femmes qui pratiquent la dépigmentation. Leur utilisation ne nécessite pas de grands moyens financiers - moins de 1000 FCFA la boite- », a alerté Salissou Amadou.

Certaines femmes pour accélérer la dépigmentation et obtenir un teint plus clair et uniforme procèdent à une préparation préalable de la peau. « Par le passé, j’utilisais de l’eau de javel pour se frotter la peau, avant d’appliquer le produit », raconte Habsatou Abdou, adepte de Top gel pendant plus de 7 ans. Aujourd’hui elle souffre des taches sombres sur sa peau.

Souleymane Maâzou (Koaci)



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