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L'échos des stars et starlettes d'Afrique et d'ailleurs





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Quand Michelle Obama impose la beauté Ebène à la Maison Blanche : Regard sur les cent premiers jours de la First Lady
Le 5 novembre 2008, grâce à une bourse d’une chaine de télévision française j’ai pu vivre la victoire de Barack Obama aux présidentielles américaines. J’étais là, avec de nombreux consultants et journalistes, dans cette place qui nous avait été réservée en hauteur dans le Grant Park Stadium de Chicago. Entre les larmes du pasteur Jesse Jackson et le regard lointain d’Oprah Winfrey, j’avais, moi aussi, laissé l’émotion prendre le dessus sur tout et dans les bras je portais comme un gant d’hévéa les malheurs de mon peuple.

Quand Michelle Obama impose la beauté Ebène à la Maison Blanche : Regard sur les cent premiers jours de la First Lady
Il me parvenait, dans ce lieu où tout invitait à la fête, les voix de mes collègues de France et du Canada, (ce sont les seuls que j’ai rencontrés avant mon voyage) et cette éternelle question que l’on vous pose sans cesse dans les rues de Paris, de Montréal, de Québec ou d’Ottawa ! Qu’est ce que Barack Obama va changer à la misérable vie de l’Afrique ? Cette question, j’en suis à présent persuadé, n’était posée ni dans la méchanceté ni avec animosité ni même par ignorance. La question semble sincère pour qu’on s’y attarde aujourd’hui, soit 100 jours après l’investiture du premier président Africain-Américain à la Maison Blanche avec, à ses côtés, Michelle Obama. Dans un souci de nous approprier la First Lady, il ne serait pas de trop de la considérer comme une Africaine-Africaine par opposition à Africaine-Américaine, tellement elle ressemble à nos sœurs et à nos épouses. C’est de Michelle Obama que je voudrais parler pour ces 100 premiers jours comme épouse d’un homme à la tête des États-Unis. Elle, si effacée depuis la fin de la campagne, mais dont la côte de popularité ne cesse d’augmenter auprès des Américaines et des Américains. Qu’a-t-elle donc fait de si extraordinaire depuis son arrivée à la Maison Blanche ?

Elle a installé sa famille, Barack en premier, à la Maison Blanche, sa maman, ses filles, des balançoires dans le jardin, lancé un potager, adopté un petit chien. Rien vraiment qui vaille la peine d’être retenu par l’Afrique me direz-vous. A-t-elle dit quelque chose de vraiment frappant ? À Londres, elle est allée dans un hôpital rencontrer les malades du cancer, elle a discuté avec des jeunes d’un lycée et leur a lancé un vigoureux « Yes, you can » avec sa voix de méso. Au G20, aux côtés de son époux à qui elle dispute la vedette, on a plus parlé de sa garde-robe, de sa main sur le dos de la Reine et voila le monde entier pris par la fièvre de la MichelleObamania et comme pour ne parler d’elle à la MichelleOmania. Pourtant, dès son retour aux États-Unis, un sondage est lancé par le Washington Post/ABC New – le résultat est sans appel et prend les allures d’un plébiscite. Sa côte de popularité est de 76 %. Les gens l’aiment et n’hésitent pas à dire qu’ils l’adorent – une Diva, une Madone ? Chacun y trouve son compte et y va de son petit commentaire. « Les gens voient en elle ce qu’ils souhaitent voir » rapporte Rebecca Traister, journaliste au magazine Salon.com qui se penche sur la place des femmes dans la société américaine.

Quand Michelle Obama impose la beauté Ebène à la Maison Blanche : Regard sur les cent premiers jours de la First Lady
Et si c’est là ce qu’elle a apporté ?

Michelle Obama est perçue et aimée de façons différentes selon les gens qui voient en elle ce qu’ils veulent aimer. Nous ne perdons cependant pas tous le Nord – regardons grâce à l’objectif d’un appareil photo cette femme de 1m 82 qui ne saurait passer inaperçue, les cheveux au vent dans une Afrique où la greffe a élu domicile depuis de nombreuses années reléguant au placard les tresses de nos mamans, véritable chef-d’œuvre dans un monde où l’on découvre tous les jours que le génie d’un peuple réside essentiellement dans sa tête et dans ses mains. N’est-ce pas pour cette raison que cette diplômée de Princeton avec un sujet sur le racisme, de Haward, avocate féroce et indépendante a inventé aux côtés de son époux le fameux fist bump (le poing à poing) que nous avons tous vu lors de leurs apparitions en public tout au long de la campagne avant que son candidat d’époux ne prenne la parole ? Toutes les femmes ont pu se reconnaître dans les deux mains qu’elle tend pour saluer la Reine d’Angleterre, geste d’une immense politesse et d’une grande sincérité.

Après l’annonce des résultats de la présidentielle, tous les grands couturiers de la planète, selon Le Point, ont proposé une tenue à Michelle Obama pour l’investiture et le gala qui devait suivre dans la nuit. Surprise ! Michelle annonce aux médias qu’elle s’habille chez J. Crew, marque de moyenne gamme typiquement américaine et n’hésite pas à déclarer commander parfois ses tenues sur Internet comme le font plusieurs Américaines de classe moyenne. Le jour de l’investiture, c’est à Isabel Toledo, une Américaine d’origine cubaine, qu’elle fait honneur. Peut-être la comparaison n’est pas de mise, mais il serait intéressant de savoir, par exemple, combien de couturiers de la Briqueterie, quartier populeux de Yaoundé au Cameroun, ont reçu des commandes de la jet-set féminine camerounaise lors de la dernière visite du Pape Benoît XVI au Cameroun. Michelle Obama impose son style ; finie donc la promotion des grands créateurs qui n’ont plus besoin de se faire un nom ! C’est des noms inconnus qui surgissent tels des bourgeons de printemps à la Maison Blanche. On découvre que les robes à 35 dollars sont belles et se portent avec élangance.

Non, elle n’est pas la Jackie Kennedy noire

Le monde manque cruellement de mémoire, sommes-nous tentés de dire, avant de constater qu’il souffre aussi de myopie car, depuis le début de la campagne pour les primaires jusqu’aux 100 premiers jours du couple Obama à la Maison Blanche, tous ceux et toutes celles qui écrivent sur Michelle veulent la comparer à Jackie Kennedy ! Si Cléopatre avait un nez, force est de constater que Michelle Obama a un derrière d’Africaine qui ne laisse aucun observateur indifférent. Rien ne devrait pourtant nous amener à une telle comparaison au regard des origines des deux first ladies, de leurs garde-robes. Michelle Obama, puisqu’il s’agit d’elle, n’hésite pas à présenter au public ses bras musclés qui nous rappellent, peut-être, ses origines modestes et qui sont la preuve qu’elle a toujours travaillé dur et fort pour y arriver. En ce sens il serait peut-être plus compréhensif de penser à Serena Williams en voyant les bras de la First Lady. Elle a une démarche majestueuse qui attaque le sol avec fermeté et en ce sens elle nous fait penser à la princesse Diola Aline Sitoé Diatta de la Casamance, aux Amazones du roi Béhanzin.

Devrions-nous nous priver de cette belle analyse sur le derrière de Michelle Obama faite par notre amie et collègue Erin Aubry Kaplan, texte repris en français dans le Courrier International ? Vous avez peut-être deviné qu’elle nous parle de l’arrière-train de Michelle Obama « en forme de mini révolution » qui assiège la Maison Blanche et bouscule toutes les conventions tout en redonnant toute sa dignité à la femme noire. Oui, pourquoi ne pas le reprendre ici quand on sait qu’en ce début de siècle, « le derrière indique la classe et la position au sein de la société ? » Le fait de mettre en valeur ses fesses ou non « différencie la pétasse de la femme convenable, la minette fêtarde de la femme active compétente, le hip-hop de ce qui est sérieux. » Erin Aubry Kaplan finit par vaincre tous les irréductibles maîtres de la comparaison : Michelle Obama n’est pas Jackie Kennedy, tout au moins, c’est le point qui nous intéresse. « Pour dire les choses brutalement, Jackie n’avait pas d’arrière-train (…) et engageait la féminité américaine sur la voie traîtresse du petit et menu ». Avec Michelle, comme première dame, gloire aux derrières proéminents –ou simplement existants ?- Occasion de revisiter la poésie de Senghor et son tout premier poème dédié à la femme noire – Cette femme qu’il voit nue alors qu’il est en prison. Michelle Obama apparait donc dans ce son aigu qu’est la nuit nègre, elle y apparaît comme : « Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémit aux caresses ferventes du Vent d’Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée »

En ce sens elle rejoint Joséphine Baker au Panthéon nègre, elle rejoint la femme palmier dont l’élégance toise la cime des arbres et dont les cheveux, comme des fibres de liane, s’entrelacent pour redonner goût au combat de la vie comme cette nuit là, au New Hampshire. Michelle avait, un instant glissé ses bras autour de la taille de son homme, s’était appuyée contre son dos et avait fermé les yeux. Comme deux amoureux, ils sont restés là, l’un contre l’autre. À écouter le déferlement d’enthousiasme autour d’eux. Le tonnerre d’applaudissements qui retentissait. Les cris « Obama, Obama, Obama ». Comme s’ils voulaient s’emplir de cette énergie humaine concentrée, recharger leurs batteries, avant de repartir sur les routes convaincre que Barack Obama sera le prochain président des États-Unis. Ce soir-là, dans le New Hampshire, le candidat venait de perdre de trois petits points la primaire démocrate face à Hillary Clinton.

« Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux. »

Oui, la seule présence de Michelle Obama à la Maison Blanche est libératrice des centaines de milliers de femmes noires qui, à travers le monde, sont prisonnières de tous ces produits décapants qui visent à blanchir la peau. Sa seule présence à la Maison Blanche est un appel à la libération de la femme noire en Afrique à qui il est encore interdit d’entrer dans certains ministère et édifices publics en pantalon. Comme Michelle Obama, servant de cavalière à Gordon Brown ici, c’est toutes les femmes africaines, toutes les femmes noires qui se réjouissent car, désormais, elles vont pouvoir « porter des leggings aux réunions de Conseil d’Administration quand elles y ont accès », elles vont pouvoir arborer « une jupe droite sans la longue veste destinée à couvrir la croupe litigieuse dans les grandes conférences » où elles doivent faire bonne impression. Non, loin de moi l’idée de signer l’acte de décès de nos grandes robes, celles de la princesse malienne, loin de moi l’idée d’abolir toutes ces petites choses qui font qu’on soit bien dans sa peau. Michelle Obama signe certainement un acte mais celui-là est de naissance ; naissance de la femme libre mais complète, mère de famille, épouse aimante et attentionnée, bonne cuisinière, femme d’affaires comme autrefois nos nanas Benz du Togo résistantes aux humiliations de la dictature mâle. Simplement la femme complète, ce modèle dont l’Afrique a tant besoin aujourd’hui. C’est peut-être ici que gît ce que Michelle Obama apporte à la misère des femmes africaines – ce que beaucoup appellent déjà la « Michelle Obama attitude and way of life ». Cette femme qui découvre son arrière-train, espiègle et spirituel comme le disait Joséphine Baker mais contrairement à elle, c’est avec amour qu’elle se tient droite afin que chacun puisse se reconnaître dans son humanité, le travailleur social des favelas de Rio comme la cultivatrice du dernier village d’Akono au Cameroun. La ramasseuse de Coton d’Alabama comme la cantatrice de l’Opéra de Paris. Oui, les choses finalement doivent être ainsi ; poivre et sel.

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